Promenade avec un cerisier

F

Que chacune se souvienne du clair moment de nos partages, de nos détours ,de nos mensonges, de nos vingt ans bleuis dans les filets du sang…nos chairs nus se chargeaient comme des postes à galène, tirés les rideaux de nos artères, nous jouions à la bête ,à la monture, à l’amble et parfois plus…nous voilà aujourd’hui dans un âcre ordinaire, pétés, cons, sots et féroces, à hurler solitaires nos anciennes blessures, nos anciens manifestes, ces coups de poings et d’os dans des chambres sans lavabo.. Clair dimanche métallique sur la place des Vosges, tu aimes qui t’aime, louve à tous tes étiages, dans toutes tes mesures ange roussi du charbon, émouvante impudeur à nous planter tout con sous les néons cuivrés, si rouges de leurs récoltes, de leurs éclats de ville de leurs états de veille, tu aimes qui t’aime ,louve des prisunics ;épaule contre épaule, nous nous parlons de nous…


Nous aurons dans ces terres étoilées de grandes filles folles à nous péter la tête avec leur casque d’or, de grandes filles frêles ,potences de bois de coudrier, aux peaux dures crénelées comme des encoignures, de grandes filles sombres comme des cariatides, renouvelant nos peines en tous lieux souterrains, nos soifs et nos calvaires, avec leurs rires de bêtes trop ivres, de louves cachées ,terrées en des forêts profondes, boueuses comme noyades, étagées comme épîtres. nous aurons des pudeurs d’ascenseurs et d’escaliers, des peurs de la surface, des escales à couteaux, et des yeux clos sur le monde, jusqu’à tout oublier des filles folles et saoules qui portent dans leur ventre, e chemin de nos jeunes âges…


Que chacune se souvienne du clair moment de nos partages, de nos détours ,de nos mensonges, de nos vingt ans bleuis dans les filets du sang…nos chairs nus se chargeaient comme des postes à galène, tirés les rideaux de nos artères, nous jouions à la bête ,à la monture, à l’amble et parfois plus…nous voilà aujourd’hui dans un âcre ordinaire, pétés, cons, sots et féroces, à hurler solitaires nos anciennes blessures, nos anciens manifestes, ces coups de poings et d’os dans des chambres sans lavabo...


J’entends qu’on m’aime comme plume à colt, nerf à sabot, chair à pipeau, moi osseux, bienveillant aux rumeurs de la lune, j’écris pour dire le sang des sarabandes, des tournesols, des vierges dans les vergers, le ventre des croupières drapées comme des boxeurs, j’écris pour la manière et la magie des océanes, pour la barbe des anges, le crachat des fontaines, le foutoir ogival de mon âme dévoyée.. j’entends qu’on m’aime pour ma misère de me sa voir idiot pédé, nu et le tout à la fois, pour juillet aux chandelles et décembre aux mouroirs, pour le plongeon de l’eau le long des larges berges, retenues comme les blés coupés dans le dédain, j’entends vous dire ma vingtaine et le cœur immobile comme un orage dans sa bogue…


Les assassins sont saouls de l’herbe qui les mange, épaules bleues du regret, paumes des tristesses aux sécateurs, voix de repos mal façonnée…les assassins ont les yeux froids, leurs veines les retiennent d’un écho, écu sonore dans les golfes du songe, nul ne leur réclame un prénom, ils n’ont jamais connu de femmes qui les regarderont rire ou pleurer, pleurer et rire, et leur donner leurs mains chaudes à resserrer comme un ennui…


Au cœur du cœur le sang détonne sommeille et roule, les artères inviolées cachent des ciseaux de pluie, des entrepôts de lune…écorché je regarde mousser la sève bleue de des lampes en intérieur, le soir tangue comme une femme sur ses talons perchée, m’abandonne des idées à inonder ma tête, à creuser dans la terre des étreintes de souffre, seul j’ai peur de ce voyage qu’on fait les lèvres closes…


Une fille d’âge ingrat m’écarte de ma peine, l’écureuil de ses jambes salive sur ses pas, petite pitié osseuse à qui les chiens lèchent les eaux, tu me rapproches de mon enfance, dimension claire du lait, de l’épi du blé lourd, m’écartes des en tête où se prononce l’aveugle, tenace comme l’écorce du soleil le plus haut, ténue comme un fétu, comme le temps d’une asphalte posée sur le feutre des villes, moitié de fin du mot cristal, de quel printemps est tu le brin,de quelle mémoire es tu le cri…mon équateur d’étoiles, clapotis dans les paumes, croisées des bras brisés pour des départs de hune, mon échappée de caravelles, toi si triste aujourd’hui, avec dessous tes côtes, des seins pour tes nouvelles veilles…


Au jardin clos de menthe, de fougères et d’oiseaux Marthe barrage sa vie, son cœur sous son polo, son visage de légende à me mettre en son siècle, à détourner mes pas des palmes de son sang, Marthe et ses bouquets d’ombres, ces murs serrés étroits comme des fruits au sommeil de fruits, Marthe du novembre sourd, de l’eau tirée des terres bornées et roides, Marthe qui toujours s’écoule en longs frémissements, qui échoue en mon âme et qui encore se tend, pour me tenir idiot au large de ses ans…


J’aime qui m’aime obscur au lointain de mes ans, froid comme la houille blanche des nefs sans baptistère, comme pelure de goudron, comme lieues à chaussons, j’aime qui m’aime poreux de tous mes instants saoul, vertical, immobile entre farces et vitraux, borgne pour deviner les tournesols de l’âme étoiler ces balcons où le feu emménage…


A l’évidence mûre de propos d’abbaye, je préfère l’enchère du mot à dérouler, pâle siècle chevrotant masqué comme une fille, ton ventre sec rougit d’inconstance, de baisers, du poids lent du toucher…hélas pour toi qui tend ta frimousse aux frimas, tes fourrures aux sous bois, au gel et aux hourras, qui brûles tes outils dans le violent vertige, ton nom de croix dressé n’aura pas ses calvaires…


Le jour comme un pétard éclate dans mes veines, les nœuds de mon sang clair déchire ma mémoire ;j’ai mal de te savoir au théâtre accomplie, ordonnée aux offenses, pâle sur ordonnance, confuse du bout des doigts pour dépiauter mes os, mordre dans ma chair la pâte de tous mes bluffs, prolonger mes enfances coupantes comme tessons, et compliquer ma vie levée pour des injures…


Mercredi dans l’amas des mots irrespirables, moi charbonneux et fous de souffles retenus.. ne pas laisser mes yeux au comptoir de son âme, ne pas la regarder secoué de désir, marelle d’un désespoir sur une tablette liquide, comme mes veines lourdes du compas de ces bras, des flocons de ce corps qui se tend et me perd pour figurer idiot aux magasins du sang…


Jeudi nauséabond comme des poignées de son pour des gorets assis, toi tenace, impassible pour écorcer le gel, affolé comme un lapin pris dans un phare d’automobile, je bourdonne de lapsus éblouissants de chrome….la nuit point ; l’œil liquide aux détroits des pas qui te retiennent de moi, je claque la portière de mon fourgon crasseux….demain te retrouver dans cette banlieue d’ogives, phalène dans un vitrail, éclaboussée des franges d’une autre petite vie.


Sentence du soleil dans l’ombre qui me couvre, j’ai peur de ces couleurs mollement étalées…moi familier d’encombres, fragile, flou et sot, jetant haut dans le ciel les pierres de mes orages, je te dis la soif comme paillue et la faim comme herbue….mort le temps aujourd’hui en présence de ton nom…mon ivresse indigo aux parmes du partir pour de jeux équivoques aux cuisses d’ajoncs, de benjoin, n’est pas dans tes avances, tu as dans tes yeux pers une bête qui s’avance et qu’on tue…


Tes longs bras nus de neige à tes côtes de sel, un café sans mémoire sans nom, sans étiquette ;le temps sommé de vivre pose des voyous troublants dans la rue ruisselante…jour muet, jour transi, les chiens ont le respect de leurs propres douleurs…et puis une cigarette, un haricot de flamme, la fumée qui bave, et puis une cigarette qui me fait le mal d’être…


Debout tôt, tes yeux de chienne aveugle m’empêche une lenteur, endormi aux propos des loups et des chacals, je m’assieds dans ma peine comme une brute dans un fauteuil.. voici la bête ivrogne qui jappe pour un prénom, muselle son désespoir dans ses cheveux de dogue, s’embrume se pète la gueule avec du vin de Tunisie, puis rentre saoul, seul, las, bas, tremblant comme une paupière, comme un forçat roulé de fers, avec son mal de terrassier et ses yeux de vaisselle sale salis par tant d’autres regards…


Ma chaude nécessité d’entre louve et clairon, diane du bout des doigts, je te prête des midis à soulever mon sang, armure qui te suscite des mots de solstice, de chien ou de chacal, cœur chaland aux mains qui te retiennent d’être le feu, plaine brûlante, gageuse d’incendies, lente pitié affût du testament, du négoce entre nous, et puis toutes ces distances où chacun prend sa place…


Petite pute qui te plains entre L’Hambourg et Koenigsberg, fille dorée, écharpée, bombance du portefeuille, l’arabesque de tes liqueurs s’ocre dans mes veines, tracés d’un vain repos dans des maisons de passe, à diviser pouvoir, mouchoir et chair d’épi, putain d’arrêt avec des mains pour des amours déçues, tes cuisses de fuselage font tout comme du bastringue, jusqu’à ne plus savoir combien il faut payer…


C’était ma vie, j’y étais pauvre, ton cœur s’ourlait sous tes paupières, splendide amour déçu, mensonge de musicienne, quand ton rire s’écrasait comme un tison brûlant,s ’étalait dans le froid….c’était ma vie, et j’étais sot, colt au froc pour des rengaines, détour du tout pour des rancunes, sans la corde de lin, de la paume au poignet un liseré s’étend, il rouille de lui-même…


De longues filles épuisées, neigeuses à leurs poignets poignardent des jours de noces à dormir dans le gel, chambre de bonne, discorde dans nos vacances, nos vacuités, coïncidences bouchues dans les grelots de l’âge, puis tout le tintamarre de nos propres dangers…


Le gel nous rend semblables mon aimée des vitrines, des neiges roides et rugueuses comme des poignées de chaux, les couches d’u long sommeil, leçon pour juronner, pour s’abreuver du vin piqué dans les burettes, diane du bout des doigts…le gel nous encorde, il fait bleuir nos roches, nos poches souterraines, dévie toute eau qui dort vers d’autres mausolées que nos chambres d’hiver…le gel nous impose ses farces métalliques.


Du comptoir immuable aux tables sans propos, positive tiédeur du cerveau et des seins, rousse en d’obscures règles dans ces bistrots terreux, ton nom allitéraire fait baver ma souffrance mécanique des outrageants miroirs ,farce éclose, écho d’un voyage sous de basses latitudes, foutue la paix entre nous, trop d’outrance du mot machin, pour des campagnes sans porte plume, avance ,viens et roule, dis moi les archipels sous tes néons blafards.


Anne à qui j’osais dire ma probité, ma vie, s’enquiert auprès d’un autre des facéties du porte monnaie pour compliquer ses danses aux pauses supérieures, Anne se reverra obscurcie, outrancière, hélas le cœur et l’âme, l’ardeur et le repos sont toujours en retrait dans cette ville sans témoin…


Taisent tes mains les nuits obliques, les raies les craies des rayonnages, les solstices au couteau, te voilà avouée fille trop funéraire, fille de derrière les vitrines, fille de peu d’entrain, et l’obscène jeu du cœur colle de trop d’impudeurs, voilà pourquoi tes mains taisent tes nuits obliques…


Dans l’ombre qui s’étire des élans de son cœur Empousa se décharge des marges de son sang, cortège d’ébène et d’opaline, le cri gras des grillons détonne dans la plaine, la robe rouge du sommeil se creuse dans ses plis, des hymnes naissent au feu des forges…au dessus des travaux des empereurs énamourés se meut l’oiseau géant venu des altitudes, et Empousa précieuse de ses rets de lumière ordonne la légende des ménades rustiques…


Le jour nous rapproche des confidences et de nos fièvres ruisselantes s’épuise la ruse coupable de tant d’empreintes…tout est de dire amour que les animaux même font dans tes nudités, que d’autres encagés balbutient des espaces, que le loup inaudible refait le vœu du compromis…tant est de dire la nuit, que tout passage est une vacance, pauvre refus de rétiaire qui s’abîme les mains en grattant tes récits…


Il y a des jours où elle embaume comme de l’encens dans un calice, blonde amère à chasser les cascades de son cœur, tremplin de gynécée que boudent les marâtres, petite première promise aux nuances argotiques, aux bières, aux pellicules. .il y a des jours où elle est belle, où elle boue dans les herbes, où ses seins et ses fesses d’écolière lui vont si bien, il y a des jours…


Ramier des bouquets d’ombres, tu luis toujours dans tes manières, disque doré promis à des mains parallèles, bras bandés des idiots qui crachent sur ton nom, moi docile aujourd’hui, je feins le désarroi, le dernier soubresaut, autre chose que l’amour…refermée ma mémoire, rayés tous mes écrits, évanouis mes concerts, et toi démarche lente des portions de trottoir, tu romps tous les espaces où je cherche l’équilibre…


Tu parles en contrefort des tes départs irrésolus quand l’homme qui te dénoue n’a pour son seul souci que sa gloire, ses enseignes, et sa façon de mal aimer.. te voilà dépréciée, prompte à le maudire, à n’avoir ni faim, ni soif de ses patiences, du clair moment de vos concordes…tu emmêles tes bras aux herses d’autres bras, aux fils d’autres rancunes toujours plus élargies, décidée à t’écarter de lui….tu planques tes distances dans des allures de fille sans gêne, dans tes blancheurs de porcelaine, mais jamais n’as de cesse de tout commémorer...


Laissons les femmes emplir nos nocturnes baignoires, reculer leurs promesses d’aube et de souterrain, vierges dans les dédales de nos peines avouées.. la pierre s’est élargie aux margelles du puits, les robinets ont l’âme d’une eau sans profondeur, les pitiés sont fiévreuses de tous les faux semblants, de toutes leurs randonnées au cœur des monoprix, miracles frontaliers, quand chairs et os mêlés nous dictent des veuvages...


A peine réaccomplie que déjà languissante, branche du fruit primaire de l’herbe qui se dénoue, longue fille de patiences jamais entretenues, tu es la science intacte dont parle le sorcier, voyageur qui achève de desserrer les dents, les poings et son cancer pour le reste du temps, afin qu’un jour l’idiot dont nous sommes dédoublés s’exténue de mentir en se tapant de dieu…


Tu dors au lit de sable, offensée de tant d’offres, de tant d’espaces, de tant de cendres, de tant de vies injustifiées…il te faut exister en dehors de ton âge, prisonnière altérée de ton poids de pierreries, déesse aux limons du cœur, tu dors en chaque chose, gagnée du bruit furieux des bêtes ,des étincelles et du gibier….tu dors, il fait une nuit oblique qui impose le gel…
Rien ne va plus, maldonne, la nuit s’éteint trop tôt, les filles du dimanche soir ont les membres liés, les orgues qui persistent désemparent les chiens, la pudeur se nourrit aux enchères de crimes, l’exactitude dérive au large de nos ans, puis c’est un temps épais qui se repaît du matin.


Mon âge comme en congé j’ai des morales de porte plume à gondoler les collégiennes.. les opinions rustiques, gothiques et argotiques des Léandre poisseux sabotent mes pouvoirs, mes durées d’armistice…bordel de merde aux dieux congénitaux, assis sur des curules, aux mains de héraut, aux blanches randonnées des filles qui nous disculpent…merde à l’histoire poilue de trop de tueries, à ses écoles, à ses provinces, à ses vergers, à ses lourdeurs, merde à la vie, cascade qui s’écluse dans le lupanar de nos souvenirs…


Avec toute vos franchises pommelées comme un cœur, petite anglaise de l’autre rive, vous nous faites mal, vous nous saignez…brindille, écrou, grésil et craie, panorama de la discorde ;vos jambes lisses comme du savon déroule nos souffrances à se pendre tout con à l’arbre des potences, et ne rien vous devoir sinon l’air extérieur de toutes nos couvertures…


Marabout fossoyeur du bordel de nos hontes, tu es toujours en vie dans les lieux sans vitrine, ici la ville radote des îles partisanes, des marées des mariages et des pucelles sages…ici le sable s’enneige des frimas de décembre, la pluie dévie du ciel, le ciel se délimite…marabout évanoui du ragot de nos veilles, tu es toujours la poudre qui écorce les murs, le vol triangulaire des oiseaux sous la lune, et là bas dans le nord quand les corons montent en inclinaisons, tu nous offres de vues parallèles pour d’autres lendemains…


Pour jurer par le jour, te défendre des nuits, fillette sur le déclin, femme du bout des doigts, tu gardes des insultes pour salir nos présences, nos paquets d’alibis, nos noms d’entremetteur, bosselée par devant, barillet par derrière, revolver stupéfait de se savoir un chien, tu nous tires de nos sommeils roides comme des nœuds de noix, et nous saoulons à vue toutes nos épaisseurs…


Cariatide entablée sous l’épluchure des pommes de terre ,ici tu fruites du poisson gras, l’odeur du bruit des menthes vinaigre ton profil acide des nuits d’usine, quand la chaîne par à coups déclinait tes patiences…lenteur des jambes fauves, des bras, de la poitrine, comme un chemin sous le midi ;bien sur tu peux crier, savonner tes silences, modeler tes écrins, moi je serai toujours sous tes affiches de fille offerte…


Pelles roulées, échalotes, baisers d’algues du fond des mers inhabitables ;toi ange du mauvais sexe, moi chien des lieux pourris de toutes leurs contrebandes ;ô souvenirs, grillons, dans le pain qui se gonfle, sang ennuyeux, fruits dans un autre espace…femme de marin aux quais, tu tendais tes mains tremblantes vers le vaste horizon, mes muscles répondaient, glissades de nos paumes, voici l’absolution.. les après midis tièdes nous étendaient hardis sous les pommiers neigeux, lourdeur de ta poitrine, indigo de tes yeux, taupes musquées, embusquées pour d’équivoques jeux, et le temps malgré tout, terrible et dérangeant…


L’amante irréligieuse des plaines du mauvais sang se signe en d’autres espaces que c’en est un grand mal, franchies les latitudes, ton souffle nous aborde, nous lève des nuits de sel, cherche tout battement à nos lèvres éperonnes, toute moisson sucrée par nos mains de faïence, noir est notre Est matinal, poussiéreux tous nos lieux, il nous faut à présent déraisonner sur les germes d’un autre dieu pour éveiller en nous de plus belles vivances…


Vieille ruse de l’écho quand je t’arrache des mains indispensables tu es la chienne aveugle et ses premiers élans, tremblante comme l’envie, blessée comme dans l’amour.. que l’on te botte sous les néons et tu vas à la vie qui saigne, que l’on te pose sous les balcons, tu pleures sur d’autres mercenaires, et lentement te clôt dans les lacis clairs de la lune…
Bottée, casquée, robée, je cherche à t’enlacer, orgueilleux, inquiétant de toutes mes rumeurs, blonde qui laisse tomber et qui ne divise pas, beauté sans louvoiement, quand nue sur des photos tes seins te vont si bien, quand tes jambes qui grésillent rappellent nos traverses, nos pensées taverneuses, quand ta bouche qui boit le vin amer ne veut plus contenir…bonjour, bonsoir, nous sommes fragiles, notre culte est la porcelaine, pour toucher ton présent ,fut ce du bout des doigts ,il nous faut cette légèreté d’oiseau livreur de kyries…bottée, casquée, robée, le sang nous serre et nous garotte, sortons de nos canaux et voguons dans tes éternités pour un feu défendu.


Dans l’herbe qui se détend des cadavres de la veille, nous parlons de nos cris, de nos fureurs si parallèles, tu me dis qu’être un homme est le vol d’un corps et d’un visage, que tous les horizons sont des chemins de boue, puis que Popeye est un curé avec des yeux…


La nuit nous dévie des franges de nitres vie, point de retrait, point de vacance, l’oubli flamboie, il faut oser, crier dans les parages une haute insulte, les creux qui nous éloignent…je te nomme pour toucher à ta nudité, elle éclate en orages d’impatience, mon sang signe un nouveau pacte, une ruée ,puis mes veines se pètent de toutes mes rouilles anciennes ;de pierres et d’hosties je suis délié…


Fut une femme parfois fidèle, immense comme les plaines alanguies au soleil, coupures de blé dans les mains jointes, maintenant que l’amour écourte sa petite vie, elle confond mon jeune âge avec ses confessions ;bousillés nos panoramas, nos rapports et nos appartements, cernés nos yeux et nos passages…incliné aujourd’hui aux mornes processions, j’augure d’autres filles hautes comme des minarets…


D’autres fois elle était fille et folle et se couchait entre les hommes, les mains pleines de cailloux pour leur péter la tête, éclater leur prénom sans le multiplier…une nuit, au seuil d’un palais sans fortune, ses jambes divaguèrent, houles du terrassement, il fallut plusieurs fois la cheviller aux planches.. plus tard sous les plafonds, disques solaires bleutés, elle se déshabillait ceinte de roses et de lilas, tout aussi singulière que mes confessions…


Calme gerbe des eaux, c’est pendant que tu fus gardienne des rives d’écartement, que je brûlais d’obscénités dans des maisons boueuses….au doux soir des fontaines, des alphabets, des mots, tes bourgeons devisèrent, le feu honnit ses flammes ,réjouie dans ta chair et de tous tes excès tu te fis écolière pour te coucher dans des leçons d’apprentissage, avec les hommes aussi, minéraux des poubelles, des terrasses, des parquets stratifiés, imprudente que tu fus de ne jamais finir tes longs contournements…


Viens t’en vierge marine avec tes mains, tes ongles pour creuser dans le sable de nos versants opposés, viens t-en, obscure, fléchée comme un archange batailleur crâner sous nos cieux, là où l’oiseau emménage dans les créneaux obliques, dans les colzas, dans les soupentes, sous la pluie lourde de tous les zodiaques sans palmeraie, viens t-en louve, vestale, marraine des concordats prendre pieds et racines dans nos boudoirs bondés…


Pour t’écrire en filets, en violoncelles de sang, archet des blanches lames, j’ordonne des lignes planes à tes mains sablonneuses, l’eau nous creuse des baissières à dormir sous la lune, des maux de vieux seigneur qui se défait d’un diable, le ventre et les artères comme des crans de couteau, nous voici médisants, démons arrangés de l’ancien texte, pédés, cocus, rompus, à vouloir être bien avec ces anges qui n’ont de nid que leur pubis...


Avec tes longues mains pour te taper des dieux, fille des totems obscènes, des forêts et des nacres, tu savonnes nos peines comme chenilles à cocons, paumes rudes aux touchers des salauds qui se bandent, chair qui inonde de son sang les ports sur portulan, avec tes vastes jambes pour te parer aux jeux du fiel, de la rancune, des liqueurs et des entrevues.. avance , viens parler sous nos plafonds blafards…


Il faut que tu sois mère répétée avec fracas dans la douleur des grands secours, quand tes épaules de forme ronde porte les écus d’une autre renaissance, il faut que tu sois mère semblable aux filles de taille, talons hauts et sensible pour des termes équivoques, campée dans le désert où les carillons du cœur font dans l’escarmouche, émail et maux mêlés dans le sang assassin…il faut que tu sois mère, sève du sort conjugué, dans les sèches galeries du souvenir et de la honte, avec tes mains si longues, chapelets provinciaux, tes seins d’écolière, tes jambes paysannes, pour une halte ou une procession, et puis enfin te clore dans une chambre d’hôtel où tant d’autres se pendirent…


Désir de braise aux officines, mes mains te consolaient des heures sans aiguillage, tournait le temps jusqu’aux douleurs, abolies les patiences, les ocres, les toitures, il n’y avait dans ce commerce que laine rêche et fruits bleuis, puis une soie filée pour un nouveau pardon.


Sa jeunesse contagieuse sur tous les hippodromes, cartes et dés pipés puis vexation de glas, chevale de nos clameurs sous les yeux des pillards, parieurs sonnés…ton corps se tailladait dans un peignoir fixé d’étoiles, tu déroulais tes mappemondes, trajectoire embouteillée par les détours des comploteurs…vorace avec tes mains, docile avec ta bouche, des filles te suivirent et qui te survivraient…tu ne fus que l’écu imprégné dans l’asphalte, l’épée d’anesthésie comme une scélératesse, la sclérose sans tête des nuits où l’on guettait…mustangs ailés avec nos plumes et nos plastrons, nous nous effrayons de toute logique, de tout espoir, de toutes les causes…nous voici dans un terrain vague sous la jachère de nos idées…


Vint le jour avec ses membres nus, ses oiseaux de sel pour des ciseaux dans les rémiges…des chais étaminés aux caves minérales, les cris longs du sommeil barraient les corridors…jour comme un coq enfiévré de lune, huilé au doux velours des vestes de voleur, balafre dans les veines enfumées de sureau.. dans des chambres de bonnes, griffées de noir dessein, les unes montraient leurs seins aux miroirs ravineux, d’autres leurs bras mouvants aux lavabos de lait, puis parallèles aux larmes les rires divaguèrent…


La nuit cousit des poches aux yeux des matinales, rappels de nos syntaxes, des paravents de la discorde, le sable encore aux paupières, tu te débattais, vint le jour.. sacre et convulsion sur tous les étendards, les unes suffirent à nos méprises, d’autres se firent filles de salle ou assassines, toi qui enseignais le plus haut des vestiges, colts, armures et heaumes tu tendais tes mains pour des réconforts…ce fut le jour, absurde et gras, avec ses ignorances, ses désinvoltures, et toujours la parole pour dépouiller la vie…


Froid de voilure effroi d’orgueil, la neige se coud dans le silence, l’eau s’invente des mouroirs, les tours d’argent pèsent leurs crimes, jour à crosses, jours cossu…sur les toits blanchis de gel, des filles vont dans la distance, géométries osseuses à l’œil qui les multiplie, parité de tout mon mal, schiste sévère des tournoiements, quand terre et chair mêlées font le même testament…


Elle drague avec son môme les minets du seizième, paire et fille mère dans la même unité avec l’élément feu dans sa bouche qui s’en charge, pelles roulées, sono, pipeaux, porto puis rat mulot…d’autres jardinent dans son meublé, slaves dormants dits pédés ou quelque chose comme ça, fille menue bien aimée sans forme italique, tu parles cul, tu parles con, impudeur synthétique avec tes beaux dessous, puis c’est bonjour bonsoir, le culte de l’albâtre, je dis, ô pauvre femme si mal illustrée dans un décor d’incendie et de craie…


Avec mes mots comme des remparts, toujours plus solitaire, je cherche encore à t’exposer, dans ton tailleur, dans cette laine, campée dans l’impudeur des filles de troupe sans leur médaille…tu es l’excès, mon lieu puni, la foule des femmes qui me reviennent de n’avoir jamais su les retenir, le mépris, la méprise et tout l’espace qui leur ressemble…


L’orage des sexes moitent nos tiédeurs, marches, barrières, bastions, non sens…tes seins sont des avalanches ,tes flancs, des murailles crénelées, cannelées, ici nous disons vrai, nos écumons nos variétés…à vingt ans, nos membres sont à l’écart des pudeurs ancestrales, nous traînons nos transparences comme des coutelas, des compas, des surins…haleines bleues des cibiches à deux balles, de nos respects extérieurs, quand nos signaux en morse nous dictaient nos erreurs…


Dans la buanderie, bonheur de te voir nue, comme un saule sans son écorce, désir marchand d’un autre espace, au miroir se tendent ton corps, ton cœur et ses méprises, toutes ces chairs étranglées en des garrots de permission, parcelles de peau pour des brûlures ;voici la douce joie du désespoir de te savoir éprise des mille esclaves du cagibi..


Il y avait Hélène animale en jurons, pour faire tourner la tête et se clocher la voix, phalène des vitraux aux fastes du corsage, Hélène époussetée, monument du survivre, qui achève d’achever toutes les vieilles mémoires, couteau pour apaiser la faim et la demande, fleur d’impatience cossue comme nos ignorances, Hélène fruitée à tort par d’autres tortionnaires…rien à foutre de ses soirs, de ses soieries, de ses étoffes, de ses velours, où pour un haut pardon les autres se ruent comme des livreurs…


D’autres fois elle insulte Dieu et ses saloperies et dit que sa morale est un foutoir qui fait du bien aux moribonds ;d’autres fois, mappemonde avec ses îles ses archipels, ses mains, ses seins, ses cuisses, elle est lucide de tant d’espace ;généreuse, idéale pour partager sa bouche, sa couche, bûcher aux feux saisis, et ses paumes ,guichets ouverts, fermés, ouverts, où nous payons cash le peu de paix qu’elle réunit…


Je mords un sein de savon bleu, bleu comme la neige de mes poignets, un sein d’affiche, de magazine, un sein de guêpe et d’hortensia, je mords un sein qui bat un sein qui boue, un sein de brique et d’ardoise, fourré comme le fruit frais des arbres sans gâchette…belle bête enroulée en des torchons de soie lustrée, rage tenace et drapée aux posthumes détresses, corps d’avant le sommeil et d’avant le partir, d’avant le soc et le poignard, doux corps comme un galet bleu tendu à la langue, pour faire venir les mots et larguer les amarres, filon à pleines paumes, contrebasse au plus haut, boulet dans nos cœurs lourds de ne savoir prédire…


Le sommeil infidèle comme une femme infidèle me plonge dans son plumard…quand l’amour n’est plus qu’une culbute, un saut, une avance, un lapin ou quelque chose comme ça, le sommeil entre chez moi, boxeur du quinzième round avec les bras tombants, les yeux beurrés de noir, les lèvres tailladées, et c’est ce sommeil là ,fauché des heures premières, qui sait seul me couvrir les épaules de laine et les pieds de coton…


Comment ne plus te dire en ton nom de durée, tes espaces, tes clos, et ta chair de gitane, comment ne plus te dire, femme de pendant l’été, sommeil au sang d’oiseau, bouche aux lèvres taurines, jambes des rues sans faconde, comment ne plus prier tes délices, tes palaces et ton cœur, ce rouage imprécis qui bat en toute chose…


Il y a encore dans la salle d’eau le savon bleu de tes plongeons, les vitraux ocres de tes travers…toi partie ,mes veines ont soif de mer, et mes yeux verts se ferment, la clé de mes poignets n’est plus qu’une fleur de sang, l’image est morte sur ton nom, les dés craquent, osselets temporels, je te prolonge dans mes orages, ancienne antienne pour un pipeau, mon obstacle étoilé, mon insecte grouilleur ;hélas toutes ces cartes sur table ne m’inventent plus le monde, et mon amour fut-il de débarras, s’élargit de ma peine comme je joue du couteau…


Elle portait haut les seins comme des colliers de chair, comme des émaux de lait, s’amusait de mon sang noyé dans mes artères et donnait du mouron à mes chiens les plus sots ;rousse dans tous ses états d’épaisseurs et d’ogives, tombait en larges plaies ses anciens souvenirs, ceux du feu et du ruisseau de son deux pièces obtus quand elle était dormeuse…
Moue des seins dénudés en silence d’hôpital, ton torse m’offre des prières à garrots, des lacis de fontaine, des panaches d’oiseau ;puis c’est mon souffle court à ton cou, à tes aisselles ;tes jambes sont des carlingue huilées, ton sexe, l’outil brûlant de nos désirs, plus tard quand les aiguilles de nos doigts résolus blasonneront nos tempes, tu tairas chaudement tes hourras à la lune…


La serveuse temporaire se plonge dans ma vie, et ronge ma souffrance et cogne mon désir…ronces que je fais miennes d’un revers de la main, jupon maigre ténu aux jambes d’urine chaude, je trafique mollement dans ses yeux d’effraction, chaque mot nous déplie, nous creuse et nous entourloupe, chaque regard nous inculpe, nous dépiaute et nous joint, ses mains d’éclaboussures d’éviers et d’eau courante sont comme des éponges, pores des paumes savoureuses pour mieux s’agrémenter, pour tempérer le feu, distordre le hasard, seins de remue ménage, d’appels de louve moussant aux lavabos du cœur, visage de marbre rose, d’amazone et d’éclipse…et je lui appartient dans toutes mes épaisseurs, dans toutes mes furies, mes meutes, qui sont tous mes envers ,qui sont tous mes adieux…


Où noyer ma misère, de quel pont me jeter, d’où balancer ma vie ;pourtant le pain est roux, a des mèches de mie, ta nudité fonctionne comme un quatrain lunaire, les mots sont crus et métalliques, chapelets de chair et d’os, la chance ronfle comme un monarque assoupi, les vœux sont marins et mariés, et pourtant le pourtant n’est ni oui, n’est ni non…
Il pleut sur la pluie et j’ai tant besoin d’eau pour raisonner ma peine, des vagues d’urine chaude balayent les trottoirs, et l’envie de vous dire des mots à ne pas dire me secoue comme du jonc dans le vent débité ;mon passé aux rouages d’herbes et de nonchalances brûle du feu des prairies étranglées de soleil et du cri des grillons, chaque larme des anges est une veine qui s’épanche, qui va dans ma poitrine, y dévoue toutes ses ronces, celles des ravines et de mon corps qui ne vous convient plus.


Putain de chienne aveugle au sortir du brasier, elle tangue avance et roule de ses sourcils aux talons hauts, j’ai mal de ses élans, pendulaire agité des soubresauts de nasse…elle est le slogan gras des affiches de ce jour « j’ai le pouvoir de durer »merde à cette délicieuse éternité, avec ses seins de fermeture, de zips, d’éclairs, d’archipels et de cirques, avec ses fesse de chardon bleu dans le cuir de leur peau, avec la houle de ses hanches comme consigne à tenir, avec ses yeux gainés de houille et ses cheveux café.. il me faut à présent lui présenter ma peine, mon nom,mes répugnances et mes rigueurs pour un compte imparfait.


Des poignets fins de sang aux cuisses des tiroirs, étagée comme dahlia, vestale comme la chienlit, tu veux cramer mes veines en canaux de tendresse, mes angles et mes cris ;ô belle endolorie, étalonnée de chair, de torts entretenue, ronge mes os et mes dents, insulte avec tes mains, ce corps contagieux planqué dans un miroir…


Au palais qui porte ton nom, tu souriais fiévreuse de ces colères en toi, tu t’accordais à l’heure, aux départs et aux hommes, tu aimais tous les jeux, équivoques d’équinoxe, tu gesticules encore…dans ta ville endormie tu t’agenouillais sur les pavés gras, tu disais que la terre était ton noble amour, tu m’embrassais hautaine sur la pointe des pieds le front et les paupières, fourrais ta langue dans ma bouche, répétais que jamais tu ne te répèterais…sous ton pull de soldate, tes seins polis comme un midi, guirlande de chair tendue, oiseaux à ma portée me fouissaient des gestes d’ensorceleur…plutôt que de monter un soir les marches du Sacré Cœur, nous avons parcouru les venelles du premier, cicatrices médiévales, l’ombre et ses moribonds recrachait tous ses crimes…


Tu m’aimeras comme une animale, je te lècherai comme un chevreau, assis, debout, couchés, moule aux doigts du mitron, pain chaud des retrouvailles ;nous aurons chair avide au soir de nuits de noces, des coupes et des compas, des coups de poings, de pieds, sur nos têtes et sur nos os, et des envies de bête pour saccager nos frondes…


Court circuitée Juliette, tu jouais à fâche fâche, d’autres te disaient folle….chacun pour soi ce jour dégringole sa souffrance, ces escaliers géants qu’on gravit avec des crampes…amère vie, vacuité, cordages de déraison, tu serres de nouveaux corps émigrés en des espaces de perdition, grands comme des pyramides, défilés où tu pourras valser, fille blanche et océane…


Neuf j’étais ta seule histoire, ta raison, bref, l’amour te remuait…aujourd’hui d’autres te reconnaissent, te saluent, crachent sur nos retrouvailles, salopent nos réconforts.. et voilà qu’il me vient des états de chien, de renard et de loup, des maux de tuiles et de toitures…j’ai la passion si rare, qu’il te faudra ô fille des cargaisons, une nouvelle décence, de nouveaux devoirs, et des appels au téléphone pour dépêtrer mes vieilles somnolences…


Te voilà là offerte, étonnée de ces hommes qui te gardaient à vue, Marthe des juillets lourds, des nuits de tête à tête…tu cognes dans mon sang, rebelle de haute haleine, patientes dans mes os que plus rien ne concerne, ni toi ni ton bonheur que tu élèves seul pour ne rien partager.


Elle sur ses hauts talons, moi pieds nus sur le sol, ses seins sous son polo, ses fesses pour le trafic des mains de branque, bouche de poulpe aux poignets tailladés, aux rouges cicatrices, éternité douteuse de son métier de pute, de la sotte dialectique. elle, elle râle, salive, voit plus grand, puis dit des conneries, ivresse des tempes qui s’encochent, et la température d’une aurore boréale…


Métronome de boudoir avec des notes contre la pluie, l’odeur des mariés, des mariages, des marécages, et la lie du bonsoir.. tu dis assez de cul ,assez de poudre, assez des ancres et des encrages.. il fait clair comme dans un gymnase où des garçons et des filles aussi cons que la goutte, boivent du lait, mange des pommes et ne se soucient que de leur quinzaine…
Nous aurons des fiertés, des grands frères pour les bleus, des faits divers, des aubes grises, fait le tour et le détour du verbe, des yeux pochés, une bouche à cran, novembre aux dieux sans thème et décembre aux mouchoirs, des femmes comme jeux de paumes, des femmes comme pour longtemps, des gestes pour retrouver les belles tonalités, des alcools, des couteaux, des choses à l’intérieur et puis des terrains vagues pour ne pas y rester…


D’abord ce fut une femme orvet, avec des cheveux rouges, cheveux de terre et d’horizon…malgré l’enfant qu’elle eut de moi elle me maudit jusqu’aux décembres…à la fête du village on lui jetait des pierres, c’est moi que l’on touchait…la nuit venue avec ses inconstances et sa nuit, avec ses hontes et ses pitiés, je pense à ce visage clos dans une chambre étouffante où elle défend sa vie avec son petit corps…

Mais bon sang
Dans ce fleuve
De lampes aux yeux piqués
Pourquoi jetais tu donc
Des almanachs à rire
Des paroles à pleurer
Ce qui me consolait de mes grouillantes peines
Et tous ces vains prophètes
Des siècles oubliés
Piégés en leur dessein
Qui manquaient de scandales.
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J’ai la passion des bêtes
Et des voix qui s’inclinent
Cette voix qu’est la mienne
N’éclaire que mon chemin
Tous mes déserts sont de chaux vive
Coupe gorge insatiable
Au cœur de graine froide
Je n’ai de connaissance
Qu’au milieu de tes nuits.
La nuit étalonnée
En longues maladies borgnes
A ses flancs de dormeuse
Traîne des retrouvailles
Et des voix sourdes d’eau
Je ne sais des dépouilles
Que les paillasses froides
Les zéniths à quérir
En base de bleu de gris
Mais voilà qu’il me faut
Des milliers de symboles
Pour des résurrections
Au temple des propos
Amoindrie par tes cris
Les horloges palissent
Et s’époumonent
Les vieux ne constituent
Que des tessons ardents
Vivent les chairs impures
Et le microsillon
Hélas les assassins
Ont les épaules lourdes
Et des veines trop bleues
Pour ne rien supporter.

Comme tout est invisible, nous voilà roi ou dieu, risquant tous les scandales ;aux bistrots gris des soirs, je préfère les palais, artères doublées de feux, de furies et d’oiseaux, là le sang m’est une victoire qui n’affole qu’à demi, mais puisqu’il faut un âge, on finit centenaire pour n’avoir pas douter.


J’avais quinze ans de pierres et quinze ans de délits, les femmes à tête nue me marquaient de leurs doigts, je penchais pour ces nids, joyaux des arbres morts, où silencieusement les billes devenaien,t perles, ô mon adolescence, des altitudes de sel, tu relâches ces oiseaux mal épris de ce monde.


Le petit homme du mensonge
Qui tempête tous les soirs
A des maux de poitrine
Et s’endort sous la table
Il joue de l’harmonium
Dans le sable des rivières
Puis s’endort alourdi
Les yeux lavés de ciel
Sur les hautes montagnes
Où saignent des grillons.
Il m’est un grand pays
Où nous serons prophète
Avec des mains de sel
Et des yeux de gravier
Les femmes qui sont le bruit
Quand la nuit les disperse
Nous sècheront de larmes
Pour ne pas trop douter
Quel dommage pour les chiens
Qui ne sont que la terre
Et l’unique danger
Je sommeille dans un amour de plaine
Il y a sous la pluie
Des granges où grille le grain
Une enfance savante
Qui voyage à l’envers
Une terre étoilée
Un verger de chair bleuie aux vents
Et une femme qui sent le vin
Après s’être brossée les dents.

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Système de l'aphonie.

1976

Notre civilisation a fait beaucoup de sages qui considérèrent que la parole prévalait l'acte, j'ai depuis pour le langage l'aversion qu'avait l'athée pour les religions, je néglige le mot qui ne saccage plus.

Chaque jour je me vois expirant, il sort de mon cadavre un ange déculotté qui atteste de l'existence d'individus plus haut que lui.

J'ai la nature mélancolique, je dors sous les arbres, mâche les herbes à Nicot, j’ai l'avantage de pouvoir crâner dans les lieux permanents où les oiseaux se relâchent, où la fougère embrasse et rit.

Je hais la liberté lorsqu'elle est paisible, fondée sur des accalmies ,j’ai la liberté en larmes et en cris, c'est ma façon de ne pas sécréter du déchet, de la fiente, ma liberté c'est d'exercer avec des mots les hystéries qu'aucun commerce ne peut étaler.


On dit de la raison qu'elle est majeure, s'adresse t-on à une majeure pour toujours la détourner ?

Dieu m'en est témoin, j'ai épargné des imbéciles.

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Proses diverses

 

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