Au jour le jour

Au jour le jour - 5

Proses 1975 - 2005


Sauvez moi de l’amour
De ses pédagogies
Des puretés extrêmes
Sans choix sans équivoque
Laissez moi amer
Aux lieux de ma jeunesse
Y dérouler l’horreur
De toutes les rencontrées
Laissez moi me noyer
Dans mes hémorragies
Me vider les entrailles
Indifférent aux nuits
Qu’aucune escale
Ne me vienne
Pas de conciliation
Et dans cette misère
Qui remue encore
Comme une boucherie d’éternités
Je me veux tel ce croyant
Qui vomit
Dans les offices.

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Au jour le jour - 4


Voilà les matines
Un seul pays les couvre
Le tien
La pluie appelle une auberge
Un mystère boréal
Ici tout est ultime
La couleur touche
A des profanations
Tout s’éteint tout éveille
Une ribambelle d’assassins
Avec des mains de sauveteur
La longue halte
Où s’enracinent
Les dormeurs et leurs charmes
Vaut cette rumeur
Annoncée par des apôtres
Silence et science
Parjure et meurtre
Se font écho
Puis les murs résonnent
Comme des trompettes
Corrompues blanchies par la nuit.

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Au jour le jour - 3

Proses 1975 - 2005

Autrefois par les sentes
Que suivent les chasseurs
Au soleil de midi
Quand les arbres cendrés
Témoins des jeux brutaux
Des curées du labeur
De la bête abattue
A la terre livrée
Nous marchions en levant
Nos yeux sur la ramée
Et songions silencieux
Au sang bleu des fougères
Mélangé à celui
De l’animal heurté
Que Pomone en novembre
Ramenait sur ses terres
Nous ne voulions que vivre
Jouer dans les reflets
Avant que d’advenir
En limpides tristesses
Des hommes corrompus
Jetés dans les ornières.

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Au jour le jour - 2

Proses 1975 - 2005

L’herbe à courir
Après les insomnies
Qui détrempe aux balcons
Sous l’œil des filles nubiles
Elle naît
D’un berceau de pierres
C’est ainsi
Que des victimes
Aux comptes interminables
Se rougissent à la vue
Des trônes de sulfate
Le monde est ainsi fait
De soubresauts de râles
Evoque la cendre jaune
De toutes nos traversées
Sur les fleuves dévorés
Par d’infectes chaleurs
L’herbe aux oreilles de souris
Et ses chants effroyables
Affole le marcheur
Avec ses sentences et ses verdicts
Le voici qui nous sert
Après tous ses abattements
Une anecdote une aventure
Avec des paroles venues
D’une crèche sans encens.

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Au jour le jour

 

A la fin tout à la fin il reste le mot lièvre et le mot livre libre d’échange et vache à lait le mot lit et le mot litre une île en trop un œuf en trop un patelin et un pantalon en trop tout se serait vidé tout serait mort s’il n’y avait cette brunette avec sa préhistoire pour me baratiner et son sexe pour l’amidon l’ennui le désir et l’abondance des biens éphémères et qui schlinguent…

Trouble du psychiatre vous brûlez des poupées et si les cachetons avaient fait leur office s’ils avaient creusé dans mon crâne des igues pour y enfoncer les alphabets douteux les demoiselles enceintes que je mets au pilori petit cyclone en cervelet des moulins à vent et des moulins à arolles des familles et des famines et la jolie Julie cartomancienne de son état bref trouble du médecin vous cramez des poupées vous avez l’air d’un père tranquille n’est pas fossoyeur flambeur qui veut et cette suave description du violet du pourpre des lèvres de la poitrine que je passe au rouge de l’intranquillité enfin la prescription je sors m’acoquiner une soirée entière…

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