Au jour le jour

Au jour le jour 509

Que le mystère reste outrancier de façon à ce qu'il garde ses écœurantes répliques.

J'ai l'âge où je désespère de ne pas me détester plus que ça.

Tout est dans la limite, et sur ce point là je doute qu’il y ait des explications à fournir.

Je veux ajouter à mon dernier souffle la suffisance d’y avoir pensé depuis longtemps.

Mon soi disant l’emporte sur l’idée d’être crépusculaire, et de voir dans le jour une perspective d’anomalie et d’oubli.

La santé c’est l’insistance de ces élans gracieux qui poussent dans la verticalité ou vers Dieu.

Dans l’enfer de ce détachement où je m’accable, où je me noie, mes velléités de singe l’emportent sur mes velléités de moribond.

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Au jour le jour 508

Je m’abstiendrai toujours de n'être pas faillible.

Nous voulons du bon emploi du mot qu'il nous réserve une place sur les estrades.

L'univers a les mâchoires qui se crispent.

Là où coulent tous mes regrets, il y a tant d'absences qui ont le visage d'un ange aux ailes recouvertes de crin.

Sonnent les sirènes de nos fausses mesures, et nous nous affalons dans des compromissions.

Il faut penser à Dieu comme un épouvantail ou à une girouette, qui se dilatent dans les nébuleuses, quand nos prières sont des crachats.

La porte de sortie est toujours du bon côté.

On peut rire de soi-même, même dans la plus sale de ses réserves.

Je vis pour fureter dans ce silence imposé ou tout ce qui est bien.conçu n'est pas à mettre dans tous les regards.

Si j'écoutais mon âme mon premier réflexe serait de sortir le surin de son étui.

Toutes les mémoires sont rompues à l'exercice d'oublier combien elles se sont compromises dans le mensonge, la déception et le sang.

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Au jour le jour 507

Mets de l'application dans ton horreur, ça n'aura plus l'air que d'un forfait.

Virtuellement curieux, je pousse jusqu'à l'obscénité ce regard qui témoigne d'une vie encore plus méprisable.Tout ce qui est essentiel est caduc, voyez la vie, qui devient objet sitôt qu'on y réfléchit.

Etre lucide en permanence, c'est s'acharner à démolir son corps et son esprit sans l'idée du martyre.

A l'écart du paroxysme d'un monde qui se plie et se déplie à souhait, je m'insinue dans ces horizontalité qui sont le marque des gisants.

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Au jour le jour 506


Dans l'amour toutes les glandes sont rompues, qui nous laissent aussitôt à voir la vacuité de tous nos organes.


Qu'est la profondeur de l'Amour, si ce n'est du temps, du temps, qui ne survivra pas au lavabo.


Dans la liturgie de l'Amour qui prend la forme d'une fornication, l'impérialisme des glandes trace en moi des voies trop accessibles, que je ne peux pas obstruer par de faux sentiments.

Toutes mes anémies sont de la couleur de ce temps grisâtre, jaunâtre, violacé par l'ennui, que je ne sais plus de quel côté me tourner pour le contourner.

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Au jour le jour 505

J’attends la mort en dehors des espaces où je protège un ange aliéné par ses jouissances et ses dépravations.


Tout est stérile et je n'éprouve aucun sentiment contraire à mes pires, c’est à dire disgracieux et vains.


Le temps nous pèse et nous lèse comment échapper à ses organisations si ce n'est en dormant ou en ne naissant pas.


Toutes mes interrogations sont passées par l'insignifiance sitôt que je me suis comporté en fugitif de la parole en souffreteux du verbe.
Être c'est vouloir dévoyer de l'anonymat.


Que chacun des coups que j'ai porté contre la réalité devienne ce capital dont je pourrai disposer jusqu'à la mort.


Sous les sous-entendus, un pays sale et boueux, impraticable où nous errons...


J'erre dans l'existence comme celui qui ne veut pas pratiquer la marche ni la course et ressent le sursaut ainsi un désaccord total une morne hérédité et réalité.Je voudrais renoncer à la vie mais à ma manière en n'y renonçant pas.

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