Au jour le jour

Au jour le jour 534

Parce qu’à la traîne j’ai été entretenu, puis escroqué par de petites chéries qui sont aujourd’hui au nombre de mes absentes, je me dis qu’être dans la belle vie, dans cette sereine déraison est une solution qui en vaut une autre, et bien qu’une nouvelle venue me voudrait plus grassouillet, sans énergie en somme, je ne veux avoir aucune parenté gastronomique avec elle, je dormirais donc dans les plantes fourragères, en extrait de regros avec des bêtes sans article et qui sont souveraines dans nombre de situations, avec une alliance solide de mon corps vers le leur, et si je n’avais été un gamin déluré, un peu comme l’homme qui fit fi du déluge, qui n’invoquait aucun dieu, aucun saint, je sais que je n’irais pas lutter contre la peste, le choléra des sens qui est une démonstration de l’état hilare de ceux qui ont des familles avec des chevilles de bois…

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Au jour le jour 533

Quand je me côtoie proprement, je tords du mouvement, et j'ai beau regarder devant moi, la vie est ennuyeuse, corrompue dans l'immanence de mes propos fagotés comme des assurances contre le risque de me perdre, rien que des secousses de reculeur, des spasmes de couard, des sens inqualifiables de fausseté et de rengaines puériles et putrides, quant à la caféine, elle ne fait que me rendre plus tremblant que si j'avais devisé avec le diable, mes farces ne sont plus inventives, l’amour est sous contrainte, révisé toutes les heures ,sous le capot des dégoûts, les conseils sont de vieux maîtres assis sur leur séant avec des mines de contempteur, quand je me côtoie, je  ne sais plus prendre les bonnes décisions, mes hauteurs sont toutes en gaspillage d'idées, ma conviction d'être est élastique, mes sources ne vont plus à l'humain, quant à la matière de tous mes sentiments, elle sent la soufre et la naphtaline, je vais jouer à être fou.

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Au jour le jour 532

Nous buvons de magiques boissons sous les réflecteurs à lumière en nous déplaçant d'une cour à un cours en direction d’un pays d'éminences, plein d'anciens plis et puits, à l'intérieur de nos corps ce que nous ferons pas, sinon dans le brouillard, posant en ayant un œil sur les veines populaires qui ne blanchissent plus nos puériles satisfactions ; nos vieilles concessions sont de petites boîtes métalliques mal entretenues, et ce qui est convenu n'a plus de réponses vives, nous évitons les territoires religieux, les méchantes filles qui vont à la bière avec leurs héroïques récits de vomitives aux tirs simultanés, puis sur le plan incliné de nos existences nous cherchons à liquider cette partie de notre naturel qui n’est plus radicale.

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Au jour le jour 531

Parfois nous rencontrons des hommes fatigués dès l’aube, que la verticalité ennuie autant que ces allers retours réitérés parmi les leurs, et qui tendent vers un autre lendemain, comme de animaux abasourdis que l’on conduit à l’abattoir. 

La peinture tire sa vanité des prérogatives du sang, des profondeurs grisâtres abattues de faux enchantements, vulgaires hébétudes, et je la regarde comme le déroulement insane de ces chairs que l’obscurité même de saurait recouvrir de ses propre pudeur. 

Le temps m’est organique, il déborde de mes vaisseaux comme un surplus de tentations, et plus je vois en l’avenir de nouvelles saisons, plus sa charge me confère des allures de portefaix affaibli par des années sans conscience et sans leurres. 

Hypertrophié par de la fatigue, celle de n’avoir su trouver Dieu, je suis dans les dispositions d’un homme intemporel qui prête l’oreille aux morts. 

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Au jour le jour 530

Tant d’éternités sans appels, tant d’aujourd’hui et de demains sans couche.


M’étant retiré de ces relais que je n’aurais su soutenir ni de mes mains, ni de mes bras, je n’ai joui de la solitude qu’en fanfaron, qu’en petit employé, tel un instituteur en villégiature.


Subalterne, voilà ce que je suis, et mon sommeil tout entier est de l’ordre d’un cauchemar qui ne suggère aucune épargne.


Dans mes insomnies quand le sommeil m’apparaît comme une sacristie qui n’est vouée à aucun culte, je me dis que j’aurais dû épargner à ma descendance d’en arriver là où je suis.

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