Au jour le jour 539


Aimer nous laisse impunis.

La vie restera un joujou de la matière qui pour ne pas trop lui ressembler a mis Dieu entre ses mains.

Quelques soient nos descendances, leur choix nous a englués dans des postures et des respirations d’assassin.


De mes aveux anathémiques, je retiens ce pessimisme organique, et la magie des verbes orduriers où affleure l’inconscient.

Je me suis débiné du doute pour n’en pas détester les avantages, mais voilà que plus j’avance, plus il me transmet quelque attitude qui est loin de la béatitude liée à cette réduction.


Dans tout sommeil, outre que le moi se désagrège, apparaissent nos inconforts et nos inepties, c’est alors que j’estime l’homme avec ses parités.


Je songe à ce que j’aurais été si j’avais changé de sexe, et j’en vomis.

A la suprématie de dire, je préfère celle que confère l’admirable perfection de la prière silencieuse.

Est petit tout ce qui prête à une autopsie.


Promulguer que tout est irréel, puis se vautrer dans les inepties des rêves inépuisables.

Quand tout nous apparaît vain et ridicule, une formule donne raison à cet amoindrissement « La vie se rappelle à nous par ses échecs ».

J’ai recours au mot, quand le refuge dans lequel je me suis planqué il m’apparaît comme le lieu idéal de mon désarroi.

Nos apories sont de l’ordre de nos réactions physiques ;plus on les constate, plus on les déforme.

Ne rien avoir accompli, ne rien avoir entrepris, croyant à cette liberté inhérente à ceux qui la commentent et la commettent ;et pourtant faire preuve d’un fanatisme oeuvrant pour des illusions comiques.


C’est affligés par notre conscience que nous mourrons, et c’est bien là qu’est un degré de notre malaise.


Dans le but de me réhabiliter aux yeux de tous ceux qui me prirent en défaut, je parlais.


Quelle belle saloperie que l'amour, me voilà dans une anxiété liée à ce qui est incommunicable.


Vie :expérience de la matière pour tenter de trouver un concept à sa mesure.


Conserver, c’est se consulter et méconnaître les subtiles sensations liées au prestige de se taire.

Me saborder !En ai-je quelques motifs, non, en inventerais je que je n’abuserais personne.

En prise avec mon âme et mon statut de mortel, Dieu, quelle merde, et quelle fanfaronnade.

Ménageons Dieu de peur qu’il ne se venge en nous faisant bosser dans ses latrines.

Je sombrerai avec et dans le réel, n’ayant pu m’y établir, c'est-à-dire me ranger parmi les comédiens, les comparses et les souffleurs.

La réussite est une option que je ne prendrai pas de peur de me voir juché sur une estrade.

Un évènement c’est du temps qu’on place et qu’on déplace, un grade de plus sur l’échelle de l’avenir, bref c’est une anomalie pour les mémoires à venir.

Entre la science inféconde et toutes ses impunités, toute la panoplie des découvertes qui ont avili l’homme et donné à la bête des airs de descendance.


Sacrifier à l’imagination cette pensée qui se féconde elle-même et qui prête au cas.

Entre le soupir et la pause, parfois la portée des assassins.

Aucune philosophie ne vise à se saborder, voilà pourquoi je m’y réfère, mais subjectivement.

Dans ce lieu idéal qu’est le cerveau, parfois une ténèbre ou une lueur, nous voilà fantôme ou fanfaron.

Je garderai toujours cet air de déçu, dussé-je réussir en quoi que ce soit !..

L’ennui m’a lavé de toutes les exagérations liées à sa saveur et à ses probités.

Être, c’est se subir.Méditer sur le n’importe quoi vaut bien une consultation avec n’importe qui.

Plus j’avance dans la vie, plus je suis amer et consterné ;mais voilà, je veux encore être, et c’est en cela que résident toutes mes insanités.


Entre les connivences et la trahison, toute la panoplie des « Rhétoriqueurs »et de leur matière à leurrer.

Pour prouver mon intérêt à la vie, je l’ai servie ;j’ai en connaissance d’avoir été spolié, et plus encore, dans une position qui m’interdit tout blasphème.

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Me saborder !En ai-je quelques motifs, non, en inventerais je que je n’abuserais personne.

Eprouver est il ressentir, ou tous deux ne sont ils que la punition d’avoir saisi la matière ?

Je prends du plaisir aux biographies, qu’il m’arrive de vouloir les éprouver comme d’en éprouver les bénéficiaires.

Si mourir vieillit si mal, c’est que nous n’en ressentons pas les défaillances. 


Philosophie :rencontre entre un calvaire et un théodicée.

Vivre c'est s'indéfinir.


Au gouffre de l'esprit qui s'est établit dans la durée, je préfère un tout petit néant né de ma vanité, de cette incapacité à dire que je suis un homme qui parle.

Je reproche au monde de ne pas avoir d'égard pour lui ,et par là-même de se ruiner dans et par cette incuriosité.

M’organisant sans cesse des suicides que je déplace aussitôt, j’ai par la suite la sensation qu’ils me fanatisent dans mes retraits.

Est radical et sans rature ce que j’écris brutalement comme si je ne pouvais me rapprocher de l’homme que pour l’anéantir dans un bain de mots acides et tentaculaires.


Les idées les plus ombrageuses viennent de notre côté pessimiste, les autres restent stériles.

A chaque fois que je pense en tant qu’individu, j’ai le sentiment que rien de personnel n’émane de moi.

Tout ce qui est à notre hauteur ne vibre plus, regardons un peu plus haut et nous y trouverons peut-être la  juste des vibrations de tous ces actes qu’on a commis pour le bienfait des autres.

Le monde est fait d’une sève de mourir qui nous parcourt du début à la fin de nos jours.


Et si être n’était que le fait des déshérités ?