Au jour le jour 534

Parce qu’à la traîne j’ai été entretenu, puis escroqué par de petites chéries qui sont aujourd’hui au nombre de mes absentes, je me dis qu’être dans la belle vie, dans cette sereine déraison est une solution qui en vaut une autre, et bien qu’une nouvelle venue me voudrait plus grassouillet, sans énergie en somme, je ne veux avoir aucune parenté gastronomique avec elle, je dormirais donc dans les plantes fourragères, en extrait de regros avec des bêtes sans article et qui sont souveraines dans nombre de situations, avec une alliance solide de mon corps vers le leur, et si je n’avais été un gamin déluré, un peu comme l’homme qui fit fi du déluge, qui n’invoquait aucun dieu, aucun saint, je sais que je n’irais pas lutter contre la peste, le choléra des sens qui est une démonstration de l’état hilare de ceux qui ont des familles avec des chevilles de bois…



Matin nuité de bleu
Les visages sont des pentes
Obscures à la vie claire
Qui s’égouttent
Comme une seule vague
Qu’une main de morte
A ourlé d’or
La tête pleine d’observations
Prises aux astres immédiats
Est délayée par une eau
Saumâtre comme un écran
Je regarde
Par les fenêtres
De l’exil
Une guerre aux lents degrés
Se dérouler
Sous mes yeux en mode d’envoi
Et tout ce qui me pèse
L’homme rajouté à l’homme
Va à mes mensonges
Va à mes omissions.

C’est à regret que je me suis humanisé, si c’était à refaire, j’aurais été un salopard, indécent jusqu’au point d’avoir de l’esprit.

L’être salit, au comble des dégueulis de tous genres, la trace sans précédent d’une solitude érigée en mathématique de l’esprit.

Ne plus parler, jusqu’à opérer au sein du silence un immense vacarme développé en cri primal, en big bang originel.

Un sujet ,c’est un type qu’on exagère.

J’en appelle à l’illusion, à toutes les illusions ;je me pose en rival de ces images capitales de l’homme qui pense jusqu’à la combustion.

Etre aussi intense que deux sciences qui s’affrontent et se réconfortent qui concordent par leur malaise d’être incertaine.

Entre l'orgueil et la modestie, toute la panoplie des incurables de la flatterie.

Jusqu'à satiété j'ai engrangé de la tristesse, amassé de la douleur, emmagasiné l'ennui et la maladie des mots, je suis comme un glossaire qui se serait encanaillé avec le dictionnaire des jargons.

Un souvenir qui veut se sauver de l'image qu'on lu impose use de la litote ou du masque.

Entre l'ennui et l'ennui il y a assez de place pour une toute petite maladie.

Souffrir une pensée, comme si l'on pouvait souffrir ce qui trop extérieur à soi parce que vaporeux s'évanouit ou se démasque.

L'imagerie trompeuse ne se soucie que de sa forme.

Au lendemain des dépositions pressée comme après un effort violent la joie éclate sort de son trou de sa piaule ennuyeuse de sa réserve enfle remplit la ville et jusqu’aux beffrois tout s’anime s’imbibe d’allégresse les étendards ont des façons d’air qui s'emplit de canailles aussi elle grossit la foule la nuée de ceux qui s’essoufflent à l’admettre or ni le vent ni la paresse n’en veulent la voici qui se signe et du grand saut qui la déplace de gauche à droite ne subsiste que l’idée d’un élan dans sa descente vers les parties obscures de notre être elle se vêt des odeurs exquises de la noce d’une douce sainteté de plumes odorantes s’affriole d’encens d’éclats de rires à la force des bras nul ne peut la déplacer la soulever l’acquérir et pour dix roupies ou dix pfennigs il parait qu’elle s’est déjà quelques fois mise à poil cela quand l’appréhension et la honte ne lui venaient pas…

Vision d’une tour prolongée dans le ciel aux surfaces planes comme une éternité, attentive à s’accaparer des esprits borgnes aux frontières d’un présent aussi essentiel qu’une pute sur un trottoir et qui se rétracte, là n’existent que des rencontres entre l’ignorance et la honte de celle-ci, avec ses pâles physionomies, ses palmes, ses faiblesses, ses hautaines bêtises, celui qui crache sur ses plaies y a aussi sa place, je ne lui impose pas mon regard, il va à ces pierres considérables dont sont conçues les églises et les cathédrales, aux ombres comme des ailes qui font tourner le monde, au travers de chacune de leur fente, je vois un sanctuaire, des bêtes nouvelles, insensées avec des membres rétrécis ,la floraison des sens me conduit vers les mots aux têtes imparfaites, là où le lutrin est saisi par des mains autrefois lépreuses, celles qui ont souffert des mauvaises ascendances et des mauvais esprits.

Il y a des endroits où la vie se retourne et nous broie, endroits à froids, à freins ,à rétentions, aux rebours incertains comme des contournements, endroits velus et ventrus de paille adjacentes, là où les organes sont dans des confusions et contusions mentales, c’est là en vain que j'ai habité sans jamais tenter de m'en extirper, ma dispense allait trop loin, j’avais hérité de trop d'encombrements, de trop de débris, de houille d'acier mal détrempé, d’objets inconvenants entre l'injure et le faux pardon, venus tout en oblique de ces fossés où crèvent d'informes bêtes, là aussi où des renégats boitent de leurs certitudes conçues comme des barricades, débarrassé de mes hontes, il ne me reste plus que des accidents d'introspections futiles que mon corps rend inconséquentes, j’ai levé trop de parallèles d'immobilité, je ne m'attends plus qu'à de l'attendu, et ces endroits où la vie se retourne et où ça fait mal sont des lieux où marcher vaut un pas vers un bordel, entre une cuite mal placée et des élancements négligés pour n'avoir pas su les placer dans des casemates bien assurées.