Au jour le jour 531

Parfois nous rencontrons des hommes fatigués dès l’aube, que la verticalité ennuie autant que ces allers retours réitérés parmi les leurs, et qui tendent vers un autre lendemain, comme de animaux abasourdis que l’on conduit à l’abattoir. 

La peinture tire sa vanité des prérogatives du sang, des profondeurs grisâtres abattues de faux enchantements, vulgaires hébétudes, et je la regarde comme le déroulement insane de ces chairs que l’obscurité même de saurait recouvrir de ses propre pudeur. 

Le temps m’est organique, il déborde de mes vaisseaux comme un surplus de tentations, et plus je vois en l’avenir de nouvelles saisons, plus sa charge me confère des allures de portefaix affaibli par des années sans conscience et sans leurres. 

Hypertrophié par de la fatigue, celle de n’avoir su trouver Dieu, je suis dans les dispositions d’un homme intemporel qui prête l’oreille aux morts. 


Tout ce qui me pèse a été dans mon incuriosité, et s’est cristallisé sur les cadavres bleuis de ceux qui ont eu toutes les bonnes occasions.

 La musique fait entrer en elle d’ascendantes divinités qui s’élèvent dans les dièses et s’absolvent dans les soupirs.

La pratique de la vie est une pratique obscure, quand elle s’éclaircit, c’est dans la peur ou dans l’ennui, tous deux architectures d’un corps qui cherche à s’en dégager pour rejoindre l’esprit.


Tous les gaspillages du corps, gaspillages qui vont de la respiration aux douloureuses inerties de la parole et du sang, sont en nous pour prendre une autre voie que celle où s’est dissipée notre plus grande part de nuit.


Je ne me consolerai jamais d’avoir cru possible un entretien avec les hommes, je compte bien en rester là.


Faut-il se surmener dans l’impossible terreur d’exister ?


Tout est terreur, et exister, terreur rythmée parles non sens du décor où elle s’anime.