Au jour le jour 528

Et d'autres sont encore à ta raison et dans ce happy end, le terme se pend le premier, il remet son amour de diablerie avec adresse aux bras des filles de paille , moi qui ne suis pas pris dans la détente , je vais dans une tente faite de jute et de feuillages verts, ma vie s'y étend petitement, cette autre a des yeux en corolle, c'est une urgentière depuis vingt ou trente ans, c'est avec elle que je fais du rhum blanc et des préambules sur ce que je suis devenu, donner un amour à celle qui se pendrait à mon cou n'est plus mon lot, et je descends jusqu'à la maison mon père qui n'habite plus avec moi.


Pour dépareiller les parties de nous mêmes qui sont conséquentes,plus on prend dessus plus on va aux étapes funèbres ,la vie de chacun ne m'est pas due, le drapé des filles est une adresse de glacis, tous les trousseaux qu 'elles me tendent sont de clés rouillées, je n'ai pas demandé à être dense, et celui qui est plus agité, il a la vivacité d'un amant qui ne sait pas danser,il se conduit à de faux printemps serrés comme des âmes férues de fausseté, et le grandir ne m'est pas force commune, voilà pourquoi je comprends le diable et la châtre, les bigotes et leurs percussions de chenilles testamentaires , voilà aussi pourquoi je vais de noir en noir, après vient le tempera, les garçons qui sont des conservateurs du régime que je considérais comme insalubre, c'est-à-dire comme des normes sociales qui n'existent plus.

Mon errance qui va sur les chemins où souvent le cœur est absolu , me met de la musique dans les intestins jusqu'à la marche forcée vers les premiers jours où se sont démarqués des princes hallucinés qui montrent leur doux visage aux veuves sans poignets, je sais la tendresse molle de ce qui se rabat, se recouvre, geint, gémit, jérémiade, et tout le tintouin des libéralités du corps lorsqu'il est seul à s’appesantir aux conciliabules des idées mortes, bref, la vie venue l'est mal, et lorsqu'elle l'est bien, ce n'est pas de la vie, c'est de la viande sur de sales étals ...


Avec ma roture, mes grelots, mon unité surmontée d’une tonnelle, si le ciel était un sabre, il serait tombé sur moi, à l’argile, au sable, à la glaise qui donnent des fifrelins aux rats, tu te dérobes, un vieux dialecte entre les dents, à tant t’avoir voulue, je n’ai plus été que pauvre avec une bavette autour du cou, mon écriture mon babil, vous ne parierez pas longtemps sur eux, pour corriger ma cinquantaine, j’ai fait d’un immémorial triomphe un rythme que vous n’élargirez pas, hélas il vous faut des formules et des formulaires, ceux des hommes qui vous aspirerons, je ne suis pas de ceux là, aussi je reste plein d’écumes et de contrefaçons, je suis un accident de parcours avec des parités..

Lentement tous mes mots sont devenus des moisissures,des rejetons malpropres et sans figure,une allitération sanieuse,vermoulue,pour avoir tant voulu les retenir,les brider,les offrir, j'en ai fait des breloques,les pointes d'un couteau qui eu son usage,rien de lumineux n'est né d'eux,et les gouttes de bonheur que je croyais distinguer en les écrivant ne sont plus que des perles sans saveur et exsangues,tout ce qui se tenait en eux continue à exister mais comme en un éteignoir,une solitude où vivre est un risque, car celle ci conduit toujours à des extrémités étouffantes et ténébreuses,je n'aurais engendré dans et par eux que de la foutaise et de la foutrerie,reste l'antique contrée de l'esprit où ils ont pris forme et qui est encore remarquable.

Et l’hiver avec ses sagaies d’honneur ajoute cette subtile magnitude à mon corps au front bandé après de nocturnes cavalcades, plus maigre que les saillures saillantes de la considération, je me retrouve  à mon point le plus froid, celui d’une âme mimosée dans un demi-sommeil, je défaille  d’un dormir mal assorti, plein d’un dégoût plus haut que la commisération, comme si j’avais parlé à de monstrueuses humanités, je vais à de fragiles comédies en de petites rebellions ,à la lisière des pourritures  terrestres, je me découvre dans la cécité,  dans la finalité d’une sagesse où je ne me reconnais pas,  je déserte l’abondance, je ne soutiens plus les odeurs et  les couleurs de ma  peinture, toutes ces mains qui m’étaient tendues se sont décrues à mon encontre, mon sang n’est plus  vérifiable, ma sénilité, ma vacance m’enseignent la source d’un mal que je conserve comme  un litron que je ne boirai pas, et comme un livre que je ne lirai qu’en interlignes.