Au jour le jour 527

Ainsi est la suite à l’orchestre naissant et maladroit d’une année qui s’agrège de ses buissons au pathétisme d’aveugle qui marche dans la neige, les bords de mes lignes font un bruit de tribunal, et celle qui est sans signature s’enrubanne des ballons rouges de nos enfances offensives, j’entraîne loin de mes affrontements un visage incertain au jour qui devra durer par sa fête singulière, et mes amusements qui sont tant d’oubli de ma roture seront névrotiques, laqués à en faire baisser les yeux, vous vous serez à la portière d’une voiture que quelqu’un vous ouvrira, votre robe sera gaie, vous le serez tout autant, je ris dès à présent de l’oubli et des jeux qui vous animent à mon encontre, soit, on ne peut allumer ce qui brille déjà, soyez riche pour chacun des êtres qui ne sont pas encore pieds nus, les portes s’ouvrent trop rapidement sur l’enfer, la vigilance est une mise obligée dans ce monde où l’on dévide, cambriole des cerveaux pour en faire de la chair sanieuse qui ira à la balle, à la ceinture, pire à la clef à bras…

L’accès sur la vérité s’effectue par défaut  ,l’accès sur le mensonge par anticipation.

A mesure que j’avance dans l’existence,  je ne m’acharne plus dans les sensations de mon corps, que l’amour a rendues aussi diaphanes qu’un ange resserré dans son chagrin.

Tout est crépuscule, et au bord de ce crépuscule, tout est pleurs qui finissent dans un bénitier.

Mes tête- à -tête restent des réflexions sur cette matière intervenue dans mes organes, et qui me pousse jusqu’aux écœurements.

 Devenir aussi indulgent qu’un saint rentré dans sa douleur, et qui dans cette vitalité introduit le mot foutre ou le mot dieu.

J’ai filtré toutes mes erreurs et catégorisé celles qui faisaient de mon inconsolation, l’espoir de me retrouver naturellement admis parmi les hommes.


Et j’ai vu décliner des sourires ,comme ces lettres posées sur d’irrévocables bouches.


Rien ne me consolera d’avoir tant fait mon vivant, pour avoir tant bien voulu faire le mort.


Je me suis adressé aux hommes que l’art avait placé dans le soporifique des éternités, pour y déplacer des idées et un idéal, irisés au noir dessein d’exister dans les mêmes proportions.


L’existence tend vers les nœuds et se coule dans les coquilles évidées par la matière, écœurée d’y voir une posologie à ses déconvenues..


La mélancolie est colorée d’un néant irisé aux équateurs du sang intérieur au grondement même des exigences de toutes les noirceurs putréfiées.


Quand on s’est donné les moyens d’entrer dans le prestige des existences vouées au culte des sentiments, il me semble qu’adoubé et aguerri, je doive partir, éclatant de misère et de rigueur, aux antipodes de toutes les consolations.


Tout est acharnement, et la vie acharnement suprême, acharnement de trop.

Mon chien de malheur est propre, délicat, imputrescible, tout comme le sont mes manières d’apesanteur, cela ne suffit pourtant pas à ce que l’on me considère ou me stupéfie, en d’autres circonstances, celles où l’on me regardait tel un mauvais entendeur qui salue, sonne ,raisonne ,je n’ai cure de pas grand-chose et recherche dans la science l’après des origines, cette levure suspecte qui fait les dogmes et les sentences, mon malheur avec son pelage roux ,sa toux buissonneuse, clandestine ,avait bonne réputation ,aujourd’hui j’avise une saloperie de malheur, plus pesante, vieille d’au moins quarante piges ,méfiante tel un Empédocle sur le chemin du salut, de me porter à vue, de me voussoyer, de me tenir tête ,de me déséquilibrer ,de me tirer à elle avec une douceur mâle et infinie ,afin que je me soumette au sommeil et à toutes ses nervures…


Qu’elle chante avec ses justes couleurs n’est plus de mes conditions, il me semble m’être transporté dans un corps étranger dévolu à de faux charmes, que des femmes exagèrent pour me mettre dans leur lit. Mais lorsque l’amour travaille à dénoncer nos enfances ,qui ne serait malade de ce même amour qu’il faut renverser, piétiner, cracher sur sa froide dépouille ,pour qu’il serve à nos constructions nouvelles.Je suis né du temps où j'étais fait pour l'existence ,vinrent les sciences, de la capacité, un savoir, quelque coutelas aussi dans les poches pour souligner des infamies. Ce temps-là venait à mes fenêtres dans les limites exactes du jour et de la nuit, je les tenais pour une digestion élaborée puis de l'âge n'est venu, humide ,gras, pressé,impalpable, l'homme qui se voulait œuvre de bien et de chair n'est pas un  indigent qui accumule de savantes horlogeries.

Tout est trop loin de nous, et la poussière qui est blanche quand nos yeux s’opacifient, est d’un ordre hideux qu’il nous est impossible de défendre dans le juste séjour, celui qui dure à chaque instant où nous étirons nos bras vers le ciel pour en peser l’incommodité, pour en saisir les étoiles ténues, porteuses de papillons diurnes et ocrés, qui vont en gerbes sur les murs décrépis pour s’y infiltrer de lumière. L’instant de vivre est toujours trop tardif, il est bosselé, grave, vénéneux, comme une fausse girandole que ne s’attribuent pas nos pieds cornus, ceux qui suivent savamment les chaussées lorsque nous bombons le torse, coiffés comme des monstres aux yeux pers, dans l’attente d’une prestigieuse gourmandise, et de la tête aux mollets, nous vient un mal, celui du célibat, c’est là que nous prenons possession de nos baïonnettes, pour des sacs qui n’auront peut être pas lieu…

Respirer tient d’un programme, celui de la monotonie, de celle qui part en transhumance, et garantit que les paysages à venir ne seront pas ingrats mais de belle attitude : ceci est de l’ordre d’une simplification, tant la magie du souffle est contenue dans toutes les substances, dans toutes les péripéties de l’existence, dans ton laboratoire clandestin où tu condens à saisir d'autres mains que les miennes.A cela je veux ajouter que l’habitude d’être, est apparue dans la perplexité des couchants, quand l’homme devint cette exigence exagérée, cette évidence en trop, et qui par dévotion pour les séries, les loteries se gradua, et mit Dieu au centre de ses affolements.

Je n’ai jamais songé qu’encombré d’un trop de moi, je serai lourd, étourdi, sans magie, qu’aux longues heures qui finissent à la trappe je déverserai tous les sommets du monde dans mes sales ostensoirs, avec leur poids de vanité et d’orgueil. Tant de faussetés ont mis ma vie en péril, et où que j’aille, nulle intervention ne peut plus se faire si je ne me suis vêtu d’une robe pour des rituels étroits, c’est cela que j’ai stratifié en moi, trop de leurres, de superstitions ,d’anachronismes, de vulgarités, de saloperies faites au dessus et sous les tables de jeu. A vouloir bouffer la vie, au plus fort de mes inconséquences, elle s’est contractée, tendue jusqu’à péter mes nerfs, s’est concentrée en de fausses jouissances dont je ne saurai me défaire que dans de sombres combats contre un esprit malade de se savoir plus haut que moi. Là aussi je perdrai ma dignité, ma séduction ,la sécurité décidée de ce corps sans cesse remis en examen, puis je serai las, bas, sans humilité, pas même en de furtifs moments, que vienne celle qui saura me désaliéner de cette aliénation...

Quand les convenances et les conventions ne sont plus que ruine l’esprit peut il s’enorgueillir de ses facultés à paraître puis à disparaître qu’y a-t-il d’imposé d’inapproprié en nous sinon ce qui reste dans la fabrique des ténèbres et qui ne va plus à nos sens que le cœur est le seul à entraîner dans sa grammaire pour le faire figurer en témoin dans le regret ou l’abstention je frémis encore de toutes ces variétés de scrupules que j’avais à sa vue en sa présence de ces tentations soutenues qu’elle distinguait dans la mollesse d’une femme du dernier rang je me posais à elle comme un être de chair répétant qu’il ne comprenait rien aux roulures du temps pressé de voir dans ses ébranlements le plus infâme des subterfuges ces mêmes vestiges où fleurissent les émois et le temps ocre de pourrir les troubles aussi avec leur force centrifuge qui m’amenaient à sa vraie nature à son vrai corps d’amoureuse…