Au jour le jour 520

Cette écoeurante apparence que prend le mot,quand il est dans la plèbe,la fièvre,chargé comme un onagre de paille,qui le rendrait presque essentiel si nous avions à parler de lui et de lui seul.


J’ai peur que terrifié par l’ennui, je ne finisse ma vie dans l’excès d’une misanthropie, où je punirai tout être qui ne se serait pas hypertrophié dans cette même déchéance.

Mes souvenirs s’éthèrent dans l’embrasement de ces nuits ou la lucidité me fait entrevoir ce qu’il y a de carrière dans une femme étendue et de crayeux sur son visage.

Mes agitations, des pulsations à la marche ,sont de curieux gestes apurés d’hostilité, et qui supportent mal l’oscillation d’un monde épris d’épreuves.

Dans ces heures où le repos est un intérieur incomplet et impalpable, mon sang exprime les promiscuités de tous les éléments qui m’affectent et m’obligent aux basses expériences de l’existence.

Quand je n’ai plus d’ennui ,je consomme de la religion, cette pénible remontée vers l’homme, sur des Golgothas dessinés entre les calvaires bleuis par les hostilités.



Oblitérez Dieu et vous obtenez un sceau de discorde et de discernement.


J'ai plus de mots à rogner que d'humanité à chérir pour la porter vers les missels et les bréviaires.


Toute cette mémoire de soi qu'on voudrait effacer, qui nous affleure et nous effleure jusqu'aux égratignures, combien a-t-elle gardées de nuits où nous avons été réfractaires à nous-mêmes, à nos dédoublements, et semblables à tous ceux qui n'ont n'en pas été dupes.


La vie en définitive n'est qu'un fragment de cette matière qui faute de trouver un lieu à sa mesure, s’est insinuée dans l'homme que pour mieux se défendre dans l'affirmation d'une anticipation qui aurait échouée.


Comment commenter la mort, si ce n'est en aphorismes, en prières, et n'en rien considérer d'autre que ce vocabulaire puisé dans les cantines de l'enfer.


Cette fin douloureuse, canonique est une excuse à ne pas vouloir trouver de la vie...

Combien de conversations sont des pagailles de cerveau, et combien leur inanité est de notre lot, sans que nous ayons pu en dire plus sur le cerveau lui-même.


Cette grouilleuse légendaire qui illustre tous les biens fondés de l'Histoire, la voici qui me dessert en s'endormant par là où j'aurais voulu lui donner du sens..


Avoir des ailes comme un Icare ,oiseleur de son état, et se rapprocher des grottes où Vulcain étincelle.


Nos mots éprouvent nos morts.

J'ai accepté cette culpabilité qui me va comme un gant et à d'autres comme des mitaines.


De quelque conviction que l'on soit, nous ne pouvons qu'un jour en être débouté pour n'avoir pas su nous situer au bon endroit, au bon moment.Tout démon qui se donne en illusion de paraître est un mauvais démon

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Combien de puanteurs, de nausées, de crispations nous imposent ces musiques que nous trimballons comme des viatiques et qui ne sont que pourritures d'un esprit inavoué qui n'a su évoluer en de justes places.


Dieu ne fait que son devoir, il survit.


Appréciez l'amour et appréciez autant les exquises sensations et suavités des puanteurs d'après la rose.


S'ennuyer in folio...


La vérité travaille dans l’ombre, dans les antichambres où des valets assermentés lui cirent les pompes pour autant de marches funèbres que de glorieux combats.


La vie, c’est toujours mieux chez les autres.

Les modernes de quelque utilité qu'ils soient nous enseignent comme d'antiques maîtres montés sur des estrades qui ressemblent à des échafauds.


Cette sensation presque humaine qui nous mène, nous dirige, que nous appelons le sentiment, le voici qui d'acte en acceptation de ceux-ci, se substitue à l'idée d'un bien être qui ne passerait que par dessous nos ceintures.


L'art, une empathie instantanée, pour de la transfiguration.


Entretenez-moi de choses dont vous vous entretenez lorsque je suis absent, me suis absenté, c’est à dire hors de moi.


L'enfer, une façon de voir de l'excès, de l'excessif, en tout point et toute chose.


Je vais et j'avance dans la vie en maudissant ce soleil qui fait réfléchir chaque étoile, les sélénites, mais pas ces hommes obnubilés par d'autres éclaircissements.


Les imposteurs ont toujours d'excellents arguments.


Le chagrin a pour talent de tout rendre sacré ou satanément divin.


Toute tragédie devient populaire dès lors qu'elle s'inscrit dans l'opprobre du verbe.


Couché, je suis dans l’excellence de cette résignation qui des millénaires durant a affecté l’homme pour qu’il ne réponde pas à la question…


A quoi aurait servi ma vie si je la rangeais dans les tiroirs des vies ratées, ravagées par l’ennui et la neurasthénie ?


De quel côté du monde me ranger ,si ce n’est de celui où je ne m’appesantirais pas sur mes saloperies ?


Comédie de la matière que cette vie qui, ne ménage pas ses effets et ses fanfreluches pour donner le vertige à son créateur…


Pour qui sait se taire, la parole n’est qu’une élocution en train de s’inféoder…


Je hais tout, et je vois que crever ne m’indisposerait pas si je pouvais y associer le monde…


Tout ce que j'ai considéré comme m'étant étranger, m'a un jour atteint par là où il y a suffisamment de place pour l'entendement.


Toute connaissance est illusoire dès lors que nous nous y adonnons pour d'infructueuses vertus publiques.


J'ai longtemps cru que l'univers tout entier, n'était que la réduction d'un Dieu qui cherche à évoluer, plein de rage et d'expansion.


S'il faut sans cesse se dépasser, je préfère rester en marge, et ma vie durant m'enfoncer dans la confusion de la réalité et du mensonge.

Quelle déception que l’âge, quelle déception que la vie, quelle déception que d’être, rien que d’être.


Tous mes excès sont nés de sentiments sains, mais ont dévié aussitôt vers le n’importe quoi du sérieux.


Si j’admets que la matière même de ce qui me compose est de l’ordre de la lise qui a pris l’option de m’engluer dans l’existence, quelle autre carrière que celle de boueux puis je mener ?


Le risque serait de vivre essentiellement.


Et dire que ce qui m’a tant bouleversé n’était que ça, des amours d’après boire et leurs petites tirettes.


Qu’importe l’instinct lorsqu’on a quelque chose de diabolique à rendre idéal ou significatif.


Certains ont l’impérieux besoin d’être des empereurs infatués et qui se bornent tant pour reculer jusqu’au seuil de leur propre histoire, de leur propre rôle, jusqu’à l’isolement ou à la mort.


Toutes les occasions pour m’expliquer ne m’ayant pas été données, je me morfonds toujours dans cette vacance qui confine aux suspicions et aux regards obséquieux.


Lorsqu’on s’ennuie on se trimballe en soi et y retrouve la trace d’un individu qui n’a pas su espérer et s’endort anéanti à quelques mètres de lui-même…


Nous nous taisons parfois, intrus dans un univers de méthode qui ne veut rien savoir de cette ébriété à rebours…


Rien que de ennemis aux prénoms improbables, avec qui la réconciliation ne me rendrait ni exalté, ni décadent...


La vie est une pratique que l’on peut certainement dépasser sans passer par l’échafaud.


Je ne connais rien qui vaille la peine qu’on me réveille, si ce n’est pour douter sur cette nouvelle somnolence.


Il est hors de question que je pardonne à ceux qui me méprisent de me convertir à des sommeils inventés, à des siestes commerciales.


Que ma foi ait été si soudaine puis rapidement à son terme ne m’étonne pas, je conviens par contre que j’ai délibérément été ivre en l’adoptant, tout comme en y renonçant...


Tous mes plaisirs étaient de nature à aussitôt m’en dégoûter, et plus j’usais de ce dégoût, plus je m’y plaisais, je cherche à présent dans le sommeil un remède à la verticalité, et à ce qui fait qu’elle me trouble.


Mon père malade taisait sa maladie, j’essaye de l’imiter dans ce fanatisme du pire mais n’offre que le visage d’un réprimandé...

C’est par le dire que je déplace mes suicides, mais y associe toujours l’exaltation d’un gibet à venir.


La vie si sinistre soit elle nous regarde bien avant d’entreprendre.


Mon présent est un présent de comment me taire et de jeux de mots.


De l’homme il se dégage en général une odeur fétide de roche basaltique et d’altitude.


Tant dans mes ivresses je buvais pour rester neutre, que je me demande aujourd’hui si je ne le faisais pas pour compléter ma biographie.


A mesure que l’âge se recommande par son histoire, mes ascétismes n’ont de décadent que leurs côtés vieux démons, vieux poussahs. 

A l’heure où il faudra jouer au mort, j’aimerais m’entretenir avec ma concierge et lui demander par où et jusqu’à où j’ai été licencieux.


Toutes mes entreprises ont été voués au couac, au couac que le ver accompagne de ses rêveries.


Se tenir à l’écart de cette réalité et de cette suspicion qui nous altèrent parce qu’on y a mis le pied.

Ma lassitude ajoute à mon ennui toutes les formes prématurées de ce temps illusoire, où j’ai considéré la vie comme une intrusion de la matière, et ceci jusqu’au plus profond de mes organes.


Le café est mon lieu favori, c’est là que je retrouve les couleurs et la légèreté de tous ceux qui cherchent à s’y dissoudre.  

L’art aura été la figure la plus souillée du vingtième siècle et je doute vouloir lui donner mon mouchoir, je doute qu’elle veuille nous montrer un autre visage.


La séduction tient du venin et de la revanche.


Les esprits inquiets et inquiétants ont des férocités d’anémones et des idées de singe affligé.


La souffrance nous démontre jusqu’où la nature a compris la contrariété.


Vivre constitue un stratagème que la nature vénéneuse a poussé dans l’écart ou la conduite.


Les pouffiasseries commises de notre vivant, auront dès notre mort la profondeur d’un aveu ou d’une tare.


La conscience de l’inconscience me réconcilie avec moi-même, autant dire avec le singe.


Je pratique le jugement comme une putain qui révoque un client désargenté.


A mon comble apparaît non ma colère, mais l’inopérance, au-dessus des gestes et des mots, au-dessus de toute signification, ainsi que le néant dans sa forme humaine, aussi vain qu’idéal.


A l’évidence, nul ne peut se regarder dans un miroir sans y voir un insincère répulsif et un couillon qui le sait.


Le miracle est une ruse à laquelle Dieu n’a pas participé mais plutôt considéré comme un stratagème utile quand il était insomniaque.


Furieux de tous les paradoxes que j’entretiens pour un immonde jeu de situations (chorale et théâtre mêlés) il m’arrive de me jeter dans cette forme que prend le désintérêt quand le public fait sauter les strapontins et va du sifflet à la conspuation.