Au jour le jour 506


Dans l'amour toutes les glandes sont rompues, qui nous laissent aussitôt à voir la vacuité de tous nos organes.


Qu'est la profondeur de l'Amour, si ce n'est du temps, du temps, qui ne survivra pas au lavabo.


Dans la liturgie de l'Amour qui prend la forme d'une fornication, l'impérialisme des glandes trace en moi des voies trop accessibles, que je ne peux pas obstruer par de faux sentiments.

Toutes mes anémies sont de la couleur de ce temps grisâtre, jaunâtre, violacé par l'ennui, que je ne sais plus de quel côté me tourner pour le contourner.


La mélancolie et la nostalgie nous montrent jusqu'où Dieu peut aller, de la table d'hôtes jusqu'aux latrines .


Ma nervosité est une atteinte au temps, plus je m'en accommode moins je me sens responsable de tous ses débordements.


Dans mes inconforts, entre la prière et le jeûne, tout est banal, et de ces banalités me viennent tous mes inconforts.


Je me refuse à regarder le monde comme incapable de se mesurer à ses propres médiocrités.


Ma paresse est de l'ordre d'une primauté, c'est une ombre fixée du côté de l'approximation des hommes, et qui leur monte à la tête comme une limite à leurs consolations de paraître.

La nature n'est pas généreuse, elle en souffrirait autant que les hommes, c'est pour cela qu'elle s'en est tenue à l'écart, pour pouvoir garder celui de se tromper, et de ne pas en être remerciée.

Combien j'ai versé de larmes, en ai gaspillé, que Dieu aurait pu recueillir dans ses ciboires.


Tout se qui se veut objet de ma perception me déroule dans de l'insomnie.

Projetez-vous de l'avant, soyez uniques, puis crevez dans l'expérimentation d'avoir été le seul qui se distinguait  parce qu’il ne savait pas d'où il a chuté.

Tout, un jour ou l'autre se réduit à la mort, et bien que nous le sachions, combien de nos souffrances nous ne taisons pas, pour les porter sur le canapé des psychanalystes, en nous ouvrant de façon écœurante et ostentatoire.

Parce que j'ai eu trop tôt des sensations de rejet que j'ai projetées jusque dans mon sang et mes os, j'ai l'air d'un type accablé de vertiges et d'indiscernement .

Les douleurs trop tardives arrivées dans l'âge d'homme ressemblent à des gesticulations de singe derrière les barbelés d'un cirque itinérant.

La croyance c'est l'escroquerie du sang, c'est le vertige que procure l'encensoir.Vieux dès mon plus jeune âge parce que je n'ai pas voulu de verticalité, ma révolte tient d'une ristourne, d'une étourderie, j'enjoins ma mémoire de s'adonner à des images de nomadisme, d'errements, je vais dormir loin du monde d'un sommeil plus profond que cet enfer à mon goût .

La nostalgie et le souvenir ont cela en parité, qu'ils arrivent toujours par là où il y a le plus de place à recouvrir.

Certains mettent tant l'accent sur leurs fatuités, que devant moi n'apparaissent plus que des transfigurations.

Dans la musique rien qui ne se fourvoie, si ce n'est Dieu, qui passe par les motets et les homélies pour finir dans les culs de basse fosse de nos cerveaux.

Prédisposé à la lèpre des mots inconsentis, l'Homme surgit du rebut pour s'insinuer dans d’écœurantes religiosités.

Quand on s'est sa vie durant égaré dans le n'importe quoi des devenirs, toute douleur, toute inconsolation ne sont que les revers d'une manœuvre de bifurcation.

Ma vie n'aura été qu'un témoignage entre de l'abattement, l'ivresse de cet abattement, la fatigue, celle de la nommer, davantage encore celle de la taire.

En quoi le dilettantisme diffère-t-il de la nonchalance, si ce n'est de par cette intimité qui fixe des soupirs sur tous les accrochages et de la pause dans tous les inconforts.

Tant de prétextes à entrer dans la maladie d'être, quand les mots semblent des anges déchus de leur définition, et que de leurs plumes débarrassées naissent de la métaphore et de l'allégorie.

Né pressé, dans une urgence à dire, que d'entrain pourtant qui ne fait que m'envenimer, et ma planquer parmi les strates et stratagèmes.


Dépassé par tout ce qui de l'homme prête à la perfection, j'ai mesuré combien je suis né vide, et combien tous les soporifiques dont j'ai usé n'étaient que les ersatz d'un silence propre à mon dégoût de l'humain.

J'oscille dans le clair-obscur de ces illusions, comme le long des berges boueuses, où de sottes divinités m'inclinent à la prière.

X .L’éloquence et l'élégance morveuses d'un menteur assermenté.


Vivre est-il de l'ordre de l’effort, et si oui, a-t-on à le porter sur les estrades et les podiums?


Déréglé, dérangé, mais pas encore perdu, je tire vers le bas toutes mes intentions, et prête des vitalités à mon ceinturon.

Etre aggrave nos défaillances.


Déçu, vers quel lit, les yeux ouverts où me diriger pour étrangler la race des hommes et de leur descendance ?


Le tout s'explique par le rien et ça se voit.


Aucun bien de ce monde ne m‘aide à vivre, ni le sein de cette femme qui peut un instant m’arrêter à ses éternités, et à qui je reprocherai le crime de m’avoir sauvé par son sexe.Ma valeur participe du nombre des damnés.


Mes insatisfactions s’acquièrent par mon jugement.


Nous resterons tous des enfants irréalisés, qui auront voulu jouer de la braguette et du revolver.


Dans ce désastre du quotidien, où je vais tel un somnambule qui bascule dans sa mort, point de nuit, rien sur quoi s’arrêter et prier.


Il faudrait renaître avec le privilège de finir d'être.


Quand je veux regarder la vie de côté, je m'aperçois qu'il n'y a que des envolées, je reste alors dans ce temps là où tout est encore palpable.L'excès de solitude vaut à part égale l'excès d'adoration.


Pour ne pas tenir un poignard je me suis brûlé les mains, mais garde le sentiment de la mort, serré contre mon cœur.


Certains ont les yeux tant perclus de solitude, qu’ils sont un exemple de ce mois irrésolu étouffant en chaque cellule.


On ne devrait avoir de vigueur que dans l'amour, et y laisser jusqu'à sa dernière goutte de sang.


La lucidité, si elle va avec la générosité, devient une valeur de perfidie.


Le parler, le besoin de rire, le besoin de toute cette géologie du déversoir, contre quoi je m'élève, contre je me cogne.


L’ombre de la mort n'est pas secouée par le vent.


C'est un ciel serein qui m'amènera au suicide, un ciel serein et une douleur qui le sera tout autant.


Si je pouvais tirer parti de mon existence, je laisserais derrière moi qui ce qui ne servira pas d'antidote aux médiocrités des hommes.


Comprendre la vie est une erreur, y répondre aussi.

Méthode pour me tarir, dialoguer avec l’imbécillité.


Mes larmes n'ont jamais cessé, elles se sont simplement dirigées vers la carrière où tout devient un cercueil.


Mon sens de la tristesse se situe sur toutes les banalités que je n'ai pas su tarées.


Il y a parfois dans la connaissance des interrogations qui contribueront à nos excédents de maturité.


La mort ne m'apparaît pas comme une vérité, pas plus comme un endroit, mais bel et bien comme la concession du terrain le plus accidenté.


Tant d'insomnies dans lesquelles je suis apparu aussi nu qu'un papillon quand il s'est débattu dans l'or des réverbères.


Le point culminant de ma vie aura été la tristesse née de mes soulographies et de leurs insuccès.


Je ne me suis servi de la tristesse que pour des rêveries auxquelles je n'avais pas accès quand je participais au monde entre les livres, les rires et les larmes.

Tant de nuits à réinventer des épitaphes qui sont le côté banal de la mélancolie.


Ayant utilisé tous les objets temporels auxquels j’avais accès pour de subtils desseins, j’ai fait en dehors de leurs certitudes l'idée d'une visite guidée vers un suicide.Regard de bête résignée dans et par sa faiblesse.


C'est sur le bassin des femmes qu'on rêve le plus de suicide.


Après l'orgasme, et jusqu'à mon sentiment, tout est triste, c’est un vocable de la mort, de l'absolu, de la dernière heure, de la démesure et de l'isolement.

L'homme pêche par l'amour, sécrétions et sanies, il s'en sort dans la raideur des objets  qui ont été  distincts lorsqu'il est seul ou lorsqu'il a bu.

En désaccord avec le monde, puis s'exercer à faire une durée qui s'allonge et qui m'étire.


On n'en revient jamais d'avoir trouvé la preuve que nous existons, après nous sommes susceptibles de pousser notre curiosité vers du n'importe quoi.

Je reviens d'un enterrement, il est évident que la vie est moindre.


M'est intolérable tout acte auquel j'assiste sans m'y livrer. 

Sans forme et sans force,je ne compromets toujours et encore avec et en elle,la vie quoi, et je ne comprends pas comment j'ai fait pour en arriver où je suis.

La musique est la plus belle forme de mensonge que nous exploitons sans examen et cela jusqu'aux pleurs.


Je me blâme parfois de ne vouloir rester qu’en ma compagnie, y penser chaque jour davantage me met dans la position d'un qui ne veut rien traduire.

Ma vie répugne à tous les renouveaux.


Être lucide, c'est vouloir s'effacer.


À force d'apparaître nous finissons par devenir le jouet d'une image abstraite qui doit sa forme et sa force à la seule variété d'action qui ne nous met pas en marche.

Question, qu'est-ce qui fait disparaître la vie, réponse, nous-mêmes.

Ma barbarie aura été d'exister dans l'imperfection de tous les devenirs, et d'y rougir autant pour un non-sens que pour une litote.


M'étant tant extirpé de moi, j'ai réussi à faire un garrot de mes tripes avec lequel je m'étranglerai dès un amour défunt.


J'ai parfois l'appétit de vivre pour partager, partager quoi je l'ignore, mais l'idée est là...


Rien que je n'ai pu sentir sans avoir résilié mes propres pesanteurs et puanteur.


Esclave de cette vie qui tient de la détente et de l'attentat, je donnerais ma carrière de taiseux pour une épithète explosive.


Vivre c'est être un terroriste pendulaire et glandulaire.


Que faire avec tout cet inévitable qui se décharge sur le mode de la ruine de l'ennui et de la maladie et m'en donne le goût ?

Ma fatigue de l'ordre de la déflagration, de la défiguration.


Le suicide est une entreprise de salut public.


Un glissement de première grandeur, afin que tout ce que j'ai servi en garde un aperçu pour épaissir sa nature.


Le temps me manquera à chaque fois que je voudrais m'élever jusqu'à la croix ou à la lucidité


Dans ce corps tant de choses à ressentir a tourné à l’aigre, que je me demande s'il reste une place pour moi qui ne me peut me planquer de lui.

Jamais dans les accidents de la parole je n'ai entendu ou vu un ange qui zozote et qui en sourit.


Je me ruine par mon appétit de l'existence et le rumine aussitôt.


Nos misères les plus proches sont des ultimatums.


L’homme m'effraye, rien que d'y penser je répugne à chercher une once de bonheur dans son mouvement.


M’étant dès ma naissance posé en moribond j'ai plus de connaissance sur les ossuaires que sur cette humanité qui les instruit.


J’ai des certitudes si intimes qu'elles me dilatent jusqu'à la calomnie.


Je n'ai de réponses que définitives c'est bien cela qui me fait si proche de la mort et de ses attaches.


Mon empire est un empire de sensations qui équilibrent tous mes superflus.


Que crève cet occident qui laisse tous les peuples se déshumaniser.


J’aurais aimé être le ver dans le fruit, le fruit infect de sa pourriture et desséché sur l'arbre, l’arbre qui cache la forêt...


Je suis un religieux de métier, au comble de ma foi, je m'ennuie comme un infirme que ne consolent même plus les mourants.

La matière s'ingénie à crever alors que nous cherchons à la conquérir.


Désaccordé comme peut l'être un orgue dont la musique ne va plus jusqu'à Dieu.


Je me suis tant enivré que j'ai même trouvé des raisons à ces enivrements et qui voudraient la peine d'être dits dans le silence d'un confessionnal.

N’étant parti pour rien ni de rien, je me suis senti concerné par le tout autant que si je devais ne pas en revenir.


Chacun engendre de cette tricherie qui vient de l'existence qui est l'existence même.


Ma quarantaine sera inconcevable tout comme l'était ma vingtaine, mais j'y serai ,fut ce en subterfuge dans la vulgarité des instants qui ne vont pas à Dieu.

J’ai passé plus de la moitié de mon temps à douter de ma constance et de ma consistance, et l'autre moitié à des excès qui m'ont donné le goût de la supercherie et de la traque.

Au nom de qui et de quoi se pose-t-on en Etre?


La vie nous a voulu Etre pour se prolonger dans nos néants.


Sans le tragique de ma vanité je serai nécessairement un esprit en surface, un esprit sans fond et sans parallèle.


Je ne prétends pas m'être avili ou usé au contact de l'homme, je prétends avoir tout simplement été floué.