Au jour le jour 505

J’attends la mort en dehors des espaces où je protège un ange aliéné par ses jouissances et ses dépravations.


Tout est stérile et je n'éprouve aucun sentiment contraire à mes pires, c’est à dire disgracieux et vains.


Le temps nous pèse et nous lèse comment échapper à ses organisations si ce n'est en dormant ou en ne naissant pas.


Toutes mes interrogations sont passées par l'insignifiance sitôt que je me suis comporté en fugitif de la parole en souffreteux du verbe.
Être c'est vouloir dévoyer de l'anonymat.


Que chacun des coups que j'ai porté contre la réalité devienne ce capital dont je pourrai disposer jusqu'à la mort.


Sous les sous-entendus, un pays sale et boueux, impraticable où nous errons...


J'erre dans l'existence comme celui qui ne veut pas pratiquer la marche ni la course et ressent le sursaut ainsi un désaccord total une morne hérédité et réalité.Je voudrais renoncer à la vie mais à ma manière en n'y renonçant pas.


Tout ce que j'éprouve est empreint de mort je vis dans la peau d'un suicidé perpétuel qui ne passera à l'acte que lorsqu'il aura déserté son corps pour un marché ou un commerce odieux avec les hommes.

Tel révèle ses faiblesses en capitulant, tel autre en relevant les défis.


Je n'ai fait ni ne ferai carrière en rien, reste l'exception de ce lieu commun, vivre, variété d'un non-sens perpétuel.


Je songe que si j'avais agi je me serais assagi.


Les pièges de la création me rappellent la fable effarante dans la quelle Dieu s'est fourvoyé avec si peu de justesse et de justification.


Ce que j'accepte, en dehors de vivre impunément, est toujours empreint de foi, le reste sert à mes élucubrations.


Dans mes exils si intérieurs qu'ils en deviendraient profonds si je m'y penchais sereinement, il faut que j'existe ou que je meure mais avec fluidité.

J'ai renoncé à fêter la conscience parce que je ne pouvais m'y livrer.


Bien avant que j’aie cru, j'ai laissé entrer quelque chose en moi qui ne tenait pas de la prière ni de la terreur de Dieu, mais quoi ?
Je laisse le paradis aux conquérants de l'absurde, ivres de hauteur, le mien est un enfer de superstitions.

Fanatique de tous les pires, mais congénitalement.


Je me suis intime, c’est-à-dire que je peux ajouter à ma nudité cette autre nudité qui n’est qu’une abstention ou une abstinence.


Je me flatte de ne pas avoir eu d’initiative qui m’ait attaché à l’imitation.


J’ai des idées, et c’est bien ce que j’ai de trop.


Je n’ai rien en ma possession qui puisse séduire, c’est ainsi que je me suis réduit, c’est ainsi que j’ai passé ma vie entre les strapontins et les chaises bancales.

Paralysé par des pensées que j’exagère en les émettant, me voilà confiant mes préceptes à ceux qui n’en payeront pas le prix.


J’observe le silence avant qu’il ne devienne incompatible avec mes pauses.


En mon mitan un imposteur et un croyant penchent pour une réconciliation.


J'ignore tout de moi et ne m'en stupéfie pas.


Ce qui est impossible le sera demain, c’est une bonne raison pour vivre en dehors de cet embarras.


Mon malheur est de respirer parmi les autres tous ces relents de pourrissements et de m'en encombrer.


Je me serais tué pour ne pas commenter.

La tristesse serait insupportable sans le café, le canapé et les somnifères.


Ce n'est pas tant d'avoir argumenté mes essoufflements qui m'a rendu obséquieux, c'est cette vaporeuse torpeur dans laquelle j'aspire à reprendre mes esprits, et qui dirige jusqu'à ma vulgarité, jusqu'à mes propensions à marcher à côté de tout.

Je déambule dans l'existence à la manière d'un soldat revenu du front dans la saleté de ses blessures.


Au gouffre de l’esprit qui s’atermoie dans la durée, je préfère ce tout petit néant né de ma vanité à tout dénier, et cette incapacité à être un homme qui parle.

Je reproche au monde de ne pas avoir assez d’égard pour lui, et par là même de se ruiner dans et par cette incuriosité.


Ma tristesse est ancestrale, j’en ai à loisir pour ma descendance, et la descendance de cette descendance qui me devra d’y entrer pour des paradis superficiels aussi éthérés que les alcools frelatés et les excuses.

Peut-être que ma conception du désastre me donne le goût d’une liberté qui cherche à le régir.


L’homme est un imposteur au timbre inaccompli est mal perché.


Point d’attache qui ne m’ait fait sentir combien je n’avais besoin de tuteur.


Je participe du sérieux et de l’inoccupé.


Je m’ennuie tant et tant que le temps me semble un divertissement pernicieux.


J’ignore si ma pauvreté me conduira dans ces déserts que la conscience subit comme une prière ou un traité.

La vie est morne de couleur et de douleurs.


Rejeté du monde, et pour ses évidences, ses incidences, ses entêtements, le prendre en considération, c'est à dire s'y acharné aussi lourdement que si j'avais mille ans de saignements et de rebours.

Il y a tant de jours sans signification, que surgit parfois de notre tertiaire la fastidieuse insanité d'y penser à propos et sans eux, que cela en devient blasphématoire.C'est par la poésie que j'ai eu des rapprochements, c'est par elle que j'aurai des saillies et des failles.


Ma jeunesse a été imperméable au jugement, c'est ainsi que je n'ai pas été dupe des mots et des flatteries, c'est ainsi que je me suis tu faute de m'être tué, lissé par ces mêmes punitions.

La maladie, vaporeux tourments, par cette insignifiance qui fait sa noblesse, voisine avec une autre vitalité, celle du sang qui nous gonfle et nous remplit malgré tout.Toutes mes premières réflexions sont des réflexes, ce qui suit est du hasard né de la nécessité à ne pas me taire.


Combien dans ces déficiences que la parole tourne en récréations, je suis resté sur la fréquence d'une souffrance sans motif, d'une maladie sans analyse.

M'étant répandu en contentements, le plus petits de mes bienfaits avait les degrés de ces vulgaires alcools, frelatés et altérables.