Au jour le jour - 12

 


A la lueur des lampes au regard élargi
Nulle autre que moi-même n’y aurait consenti
Si ce n’est ce seul homme au visage creusé
A son cœur une dague du sang à ses poignets
Se serait il épris d’un quelconque visage
De celui de la pierre aux multiples ravages
De la boue à la terre au travers des souillures
Comme en un archipel de terribles mouillures
Et tant d’être de marche vers tous les estuaires
Avec nos vieilles fioles nos reports mortuaires
Nous augurons d’un mal en peines condensé
Qui ne s’épanchera qu’au-delà des regrets
Ceux qui en un miroir de double face épris
Témoignent d’un passage autant que d’un mépris
Que n’avez vous donc su retenir en substance
D’un autre que moi-même la très douce présence
Et préserver de moi ce demi corps vêtu
De fenaisons humides aux regards étendus
Et qui au soir de jeûnes et de prières
Vous auraient révélé autant de mes matières.

Faut il qu’encore en moi sans cesse confondu
J’aille en routes boréales vers un autre rebut
Que celui imposé par toutes vos patiences
De me voir au de là de toutes vos distances
Faut il qu’à mes rencontres pillées de tant de graines
Je pose mes mains immenses en immenses cohortes
De tous mes souvenirs en sursauts de rengaines
Désireux de mon sang jusque dans la déveine
D’histoires et de pardons consentis à ma gène
Celle d’un pèlerin taiseux de ses blasphèmes
Enfant qui au-delà de toutes les carènes
Y voit des bateaux ivres à leur proue quelque reine
Qui à terre posera nombre de matelots
Epris d’une même femme au visage convoité
Celui de la déesse cette antre de bonté
Qui tous deux ne s’altèrent qu’en des austérités.

C’est une vieille guérison qui me vaut ce matin de t’être gré d’un gué que je n’ai su franchir qu’au son du tocsin, j’entends tes mots forcer à mon apprentissage d’une obtuse littérature, je ne m’y tends pas, je veux rester dans le calme des saigneries, des seigneuries  à domicile, celles qui m’incombent, qui disent que je suis un honnête homme qui ment pour n’être pas trop individuel, mais plusieurs à la fois, avec les hideuseries que je t’ai envoyées il y a quelques jours, je laisse une trace en toi, un mieux de bienfait et de nourriture, tu en feras l’usage que tu en voudras, moi je méprise les objets que j’ai perdus de n’avoir su les garder ,tu es dans ce fléchissement, peu m’importe de m’emporter, je dors seul, je vis seul, je bois seul, j’ai du sel à mes paupières, toi tu es dans la détente, tel un colt ,un revolver posé contre ma tempe, je dis chiche, appuie sur la gâchette,  voyons qui de nous partira le premier, le coup ou son idée, j’ai déjà mis mon dos au mur.

Il arrive que les paradis inventés soient des repères de bêtes aimées à la magie des lanternes ,des épaisseurs gluantes d'un amour mis en manchon, les soirs pluvieux sont dans ma nature, à ma taille mon ceinturon a des encoches colériques, de celles qui me voient de plus en plus nu, ne vous approchez pas de moi ,mon approche est un glaive, j’ai asticoté des acaules et  des aubépines ,des anémones, et du reviens y, mon dérisoire sent la dèche et l'urine ,vous y sècheriez vos tempes et vos tympans restez en deçà de cette misère, j'aguette une autre qui  se prendra à mes bras, qui se pendra mon cou, à mes chienneries cristallines, à ma vie  de cabot, vous riez ,soit je vous considère comme impossible à concevoir si, ce n'est dans ce qu'il me reste à vivre, dans le cauchemar des renoncules sèches, des charges à domicile, il vient chez  moi une infirmière qui m’épuise tous les soirs avec un surin, elle recueille en elle les feuilles humides de ma désespérance à ne pas savoir  vous retenir retentiront vous détenir.