Au jour le jour 498



Le vent sépare le vent
Et la lumière bue
Est une invasion sonore
Avec des insectes dans les croches
Comme des plaisirs de poudre
Si vous allez à une autre absence
Avec votre regard à terre
Notre intérêt
N’est plus que dans la sourde maladie
Qui va d’une oreille à la taie
Avec vos plaies et vos orages
Vous n’avez plus de révérence à taire
Rien de majestueux à offrir
Vous êtes petite petitement
Mais nous allons crever de nos paroles
Dans la crêpe et les chiffonneries
Dans nos cheveux gras
Nous sommes de terribles rébus
Inscrits sur le ventre
Des paresseux de l’existence…

A cette grande personne
Qui est moi quand j’existe
Qui avance moins encombrée
Qu’une eau contenue
Dans les labours boueux
Il est donné de dire
Les philtres de l’obier
De l’écorce séchée
Tout ce qui est de l’ordre
Du premier bal
Quand les danseurs
Avec leurs fifrelins leurs balles
Leur froc et leur revolver
Amenaient de la musique
Pour être libres d’un duel
Qu’ils commettront
Avec des monstres
Aux sanglantes illusions
Moi dormeur représenté
Avec mon masque
Mes galéjades et mes galons
J’apporte des poissons
À ma bien aimée
Qui ont des ailerons bleus
Comme des claquements de feu,,,


Amassez dans le cœur
Les délices
L’ignoble position du dormeur
Du tireur caché
Celui qui va sur une seule jambe
Fait sortir le loup du bois
Et une carpette de l’étang
Ne lui tendez pas la main
Il pourrait se redresser
Marcher sur vos paupières
Salir vos pupitres
Et votre curiosité aurait
Une tête d’épingle
Avec des yeux mous
Des dents bourgeonnantes
Descellées
Amassez dans votre tête
Les petits ventricules
Les danses étourdissantes
Les valets venus des Balkans
Les bêtes chaotiques
Avec des balafres et des traces de bâtons
A leur encolure
Puis avec cette intelligence
Endormez vous à l’homme
Vous rajeunirez de trente ans…

A présent à chaque obstacle
L’homme aux pendeloques de bronze
A des attaques
Des pics à glace le percent
C’est un équilibriste
Un danseur qui n’a plus de piste
Avec du feu et ses entrechats
Il charrie un public
Qui est dans la gêne
Des enfants laissés
En quinconce à la traîne
Pour faire le compte des présences
Il veut que rien
N’apparaisse plus sur les visages
Puis à la lecture de tous les nerfs
Il passe entre les écluses
Celles qui font un bruit d’eau
Un tintamarre de ferraille
Là avec sa remorque
Il emmène chacun
Vers le mal de bien aimer…

Les pinceaux sont coquets
Et dan les pharmacies
Les filles sorties d’un lit de camp
Ont en mémoire
Les poils durs des belles tailles
Quand à leurs yeux
Elles portaient les crayons d’ocre et d’or
Pour qu’on les voit pleurer
Adroitement
Comme si elles sortaient d’un bureau
Après l’engueulade
D’un odieux chef
Avec d’autres que nous
Elles se mettent
Elles ont dans le regard
De la gourmandise
Celles des boulangères
Pleines de grâce et d’esprit
Ces mêmes feront l’amour glorieusement
Comme lorsque après la pluie
On marche sur des feuilles rouges et humides
Et qu’il nous vient aux joues
Des rougeurs de perdreau…

Aux ordres d’un jour où la levée de mes tristesses s’effectue comme une armée sortie de sa torpeur après avoir mis à sac son campement et la campagne elle apparaît encore elle est debout dans les ornières sa voix s’est chargée de l’identité de cette autre qui dormait près de moi telle une enfant aux cheveux blonds qui harangua la mer pour la faire frissonner elle s’est assoupie dans une enfance aux noces de pierres et d’ors joueuse nourrie des pataphysiques des esprits qui touchent à la faculté du surnaturel de la crécelle et du tambourin bien que ses yeux pèsent deux années de colères de silences elle est terrible dans ses aiguisements dans ses dédains par toutes les logiques de ses pores et de sa chair en pain de miel auquel je n’étais mêlé que dans mes beuveries j’y vois encore ici cette affamée de moi qui changeait ma terreur de vivre en simple retardement me reste malgré tout la peur immense de cet inélégant qui marche vers un trône ou vers un crime qu’il serrera contre sa poitrine…

Signes de ces nuits sous un auvent inquiétant de clartés mortes une femme dans un recoin qui a pris un billet pour des théâtres d’ombre un chien roux frénétique un éclat de voix sérieuse celle d’un départ un livre ouvert traitant de la façon de voir les choses en oblique une bouteille de vin une grenade une serviette humide peut être un suaire étendu par des mains sales puis grandissant s’alourdissant prenant le dessus sur tous les visages sur toutes les images sur tous les objets la forme même de son détachement forme insupportable sur un plan incliné d’où s’en vont les souvenirs l’amour atteint cette aimée aussi malade de son pouvoir qui s’avance qui vient à moi elle a des atouts des prétextes dangers immédiats les bonnes cartes lui sont adressées tout le poids de ses armes et de ma solitude ne sont plus que charge et décharge je veux fermer les yeux j’attends de son tribunal qu’il me condamne dans la minute…

Elle dit la vie en miniature n’a pas de saveur mettre ses chaussures à talons haut se froufrouter marcher dans la ville cossue de son poids d’alertes nécessités boire un café sans sucre aux terrasses inondées de soleil tenir la main d’un autre que moi ne se soucier que du peu être légère court vêtue suçotteries aux oreilles des empanachés des empaffés du verbe considérable voilà à quoi elle était dévolue elle dit aussi que la vie à elle seule peut être un miroir placé dans une poche où l’on se regarde mourir dans l’attente du mourir mais qu’a-t-elle retenu de nos immenses joies de nos courses sous les peupliers le long des routes à brouillard de nos hauts plaisirs de nos commisérations du palmarès de nos états d’enfance de ces matins aux conciliabules comme des cervelets d’oiseau mouche de nos départs pour des noces ardentes de nos mots de la lourdeur de nos corps après des encablures dans un lit d’hôtel à mille balle la nuitée des hosannas qui nous coulaient en bouche sont encore en moi des notes des chiffres des phrases et des clés comme un jour de remise de prix…


Il est rare que l’intelligence prenne le visage d’un homme inconsolable qui va voir une femme pour s’entretenir des marchandises du ciel de conforts de l’enfer je tiens ces propos d’un de mes oncles castagneur pleureur adorateur de mauvais genres qui lui s’appuie sur l’idée transmise par un de mes aïeuls qui disait qu’un mauvais mariage vaut mieux qu’un célibat de maquignon j’ai gardé me suis gargarisé de la brutalité de ces bons sentiments avec leurs aspects rustres leur altérité mes actions sont aujourd’hui à mes paroles ce qu’est l’échafaudage à un à pic j’ai beau encore tenté de rester un adolescent qui s’acharne à vouloir se planquer des hommes j’en reviens toujours à ces putains d’économies de relief et d’importance comme je ne mens pas je suis toujours pris en défaut de belle compagnie celles des mots que ma famille toute entière s’exerce encore.


Turbulence des viscères
Refermé sur ma soûlographie
J’interroge
Tout ce qui me tient lieu d’erreur
Palimpseste et palindrome
Bluffeur
Que la raison altère
Et qui à ses heures
Fait broncher son masculin
Voilà la pluie
La ville
L’ennui
Les malades qui tournent la tête
Quelque chose d’éternel
Comme une facile enfance
Sous les lampes posées
Au-delà des barricades
Où tireur isolé
Je décochais des flèches
Sur des filles aveugles
Aux paumes rougies par le froid
J’attends qu’on me bâillonne
Et me coupe la tête.
Au retour
Visible
Sans apparat
Éboulée
Gisant au fond de mes os
Ta face retournée
Massive
Et toute cette présence
Qui accroît mes tremblements
Quand au bas des pages
La matière même du mourir
N’a plus de sens.


Je sais qu’aimer tient de la reprise des cordes et des lendemains qu’on brasse doucement avec les mains de l’homme que l’on devient de mes méprises de mes mensonges de mes prières levées pour bruire à la face d’un saint cramoisi vous ne retîntes rien dans mes badineries mon sang épais lui seul fut le plus falsifié des arguments que je vous jetais au visage ce n’était plus une théologie mais une science hasardeuse pour vous donner à croire que j’étais dans l’honneur des sentences que je m’infligeais mes alléluias mes axiomes mes théorèmes étaient augmentés par mes soumissions et insomnies faut il précise que je ne me prescrivais pas ces élucubrations mais qu’elles venaient à moi dans la beuverie et la pharmacopée je voulais croire en quelque vertu d’éclat en quelque constance je me suis écarté de tout pour des douleurs plus viscérales que des grêles j’anticipe sur ce temps où ma disette vaudra mes grotesques goinfreries d’aimer et de me taire celle de chérir d’honorer de ne pas tendre en fureur vers cette femme invariable d’aise dans tous les angles de sa vie…


De la méthode du champ pour ses escapades pour ses subornations qu’en mon esprit subordonné cette mesure cette rencontre arrivent pour un autre moi même si je n’ai pas fait fortune avec ce corps institué comme un maintien vertical obligatoire avec ses poings tendus qu’au moins il me serve à servir je ne sais plus si je possède de solives d’arcs boutant de cintres qui ne braillent pas mais quoi qu’il arrive je ne veux pas rompre je ne veux pas plier sous le joug de ses fanatismes je vais rentrer dans un cérémonial qui va de l’aube au couchant et tel un chien établi dans les étoiles et qui tire un chariot ne plus me déplier que pour de songes d’herbes vomitives voici mes aises mon comportement je peux convenir qu’avec certaines j’ai été dans tous les points du globe attaché à leurs moyens de m’ennuyer cela je ne le conteste pas je ne mourrai donc pas de ces détonations là maintenant dans mes cagibis là où je recompose pour les rendre visibles les jouets de mon vieil amour je reste un rapporteur d’éternité puisqu’il garde en lui les explications des chambres où l’on s’affairait pour des drames aux yeux cernés c’est donc d’autorité pour des raisons qui me sont propres que je veux rester dans la folie des puretés de son langage et de sa musique savante rongée par un pendule autoritaire commandeur de temps morts et d’arrêts quelque nouveau labeur que je ferais elle le saura pour disposer de moi de mes réconciliations de ma peur de me savoir aigre sur ordonnance pas aigri pas amer non plus…


Quand dans le sommeil où tous les vains objets tirent à eux leurs parts d’ombre et de solennité, je pense à un travail différent que de devenir, qui serait que je puisse m’échapper de la vie pour des raisons que je ne sais traduire, sinon dans le diurne  silence où je m’accompagne de souvenirs, ces bêtes muettes qui sont allées dans le déluge dans le son d’une diane qui évoque la dictature des grelots et des morts, c’est là aussi que tous les débris de moi-même s’accommodent de tous les actes que je commets contre moi, qui sont à l’attente ce que la divination est aux troubles d’un savoir qui n’en requiert pas, j’augure par mes mouvements que je vais dormir avec une présente qui est ma retenue, sensible à mes arrières, ceci m’est confortable…

Je me représente chaque espace, chaque place comme une phrase, une formule qui de ses profondeurs laisse apparaître la dignité d’une littérature qui n’est ni de feinte, ni d’oubli, cette part de chacun, peintre, marchand, boucher, étalagiste, est aussi une chair intacte qui n’ira pas à la ruine, et tous mes sens sont des informateurs à qui je vais soumettre la cause et son sentiment. Maintenant que les mots me sont de funèbres cachets, mon air est vain, plus sérieux aussi, plus complexe d’un vide de second plan, je parle sombrement de toutes les inflexions de mon existence avec excès et précipitation, celle d’un trieur dans la faconde d’un juriste désordonné, avec solennité et entregent, puis mes doutes et ma paresse reprennent le dessus, et plus rien n’est honorable…


La sainte en un jardin
Elevée en fontaine
Est en gerbes de sel
En herbes de chagrin
Elle dort contre les roses
Une étoile à son front
Avec des pleurs immenses
Comme autant de chardons
Au tableau blanc de vivre
Tu regardes la morte
Avec en ta mémoire
La messe et ses fossés
Avec ses chants jetés
Contre le temps la vague
L’image pieuse posée
Au mur blanc de ta chambre
Et te vient la marée
Des anciens souvenirs
Du ciel où elle monta
Pour enfin s’accomplir
Dans l’adieu et la grâce
De celle qui destinée
A une sainte mort
N’eut comme autre poussière
Que de voir dans nos yeux
Mouiller la terre entière..


Nos anciennes lunaisons à mieux les déceler sont des liserons colorés à l'épaisseur des réverbères qui fait danser les voyelles comme de flasques estomacs qui ont la part réelle de nos ivresses dans leurs cercles de plomb, et qui après le boire se sont déplacées jusqu’aux tables participatives, celles de nos émois, notre imagination a de sérieux membres mais par trop détendus,  telles des langues qui ont trop parlé. Le produit de toutes nos plaintes, de notre timidité n'est plus sous les boucliers d'airain et les cuirasses de cuivre que nous avons portées ne sont plus à contenir, c'est uniquement parce que nous nous déplaçons d'un atterrement à un enterrement que nous avons des félicités actives mais sans panache, notre corps est une grisaille avec une balle figée dans le flanc gauche.


Celle là même qui  a tant parlé s'est claquemurée aujourd’hui dans sa froide solitude et  de façon lente a toutes les preuves nécessaires pour ses sursauts et des sursis d'obligation  et s’indigner de mes façons, à qui tente de la comprendre ,on voit qu'à sa bouche vont toutes les contorsions burlesques d'une gamme qui ne s'assure plus de nos anxiétés,de nos timidités,et ses  lèvres sont de petites surfaces qui ne laissent plus passer les pièges et les proses,ces gobeurs d'incendies élémentaires,elle a entre les doigts des serpents porteurs de feux,nés près de nos inventions grotesques,là où notre comédie de vivre est un massacre d'assermenté,collé au corps d'un qui voudrait être de chaux pour calciner jusqu'à sa propre chair,mais la chair n'est que la supplique de celui qui a des afflictions et s'en sert pour de fausses colorations.


L’artisan qui travaille à chaud   a des parents sentencieux, orthodoxes, déterminés et sages qui dorment à leur niveau le plus bas, bornés comme des paquets entassés par dizaines sur une tranche fine au plus intense pestiféré,ils ne sont plus graciles comme un tableau comestible, qu'un chevalier ambigu dépiaute lorsqu'il remet à l’heure les pendules en prières, celles qui sont  indispensables aux mineurs pour  ne pas les empêcher de respirer, d'aller aux noces de Cana, endroit où l'on propose des projets sans sinuosité, le temps d'un jeu ou d'une émission enfantine en période de crise, puis c'est un disque solaire qui apparaît sur une partie de campagne où l'on voit des mages s’en remettre à des minets hagards qui se shampouinent ,ce qui correspond à entrer en jalousie ou sortir du champ de vision de ceux qui croient et crissent.


Le jouet des rosses est flasque, et on peut en faire des paniers  sélectionnés pour des rendez-vous dansants où des déesses grecques  s'éloignent sitôt qu'on les écornifle avec des voix suaves, des accords tendus ,dans le milieu d'une réunion d'élus municipaux qui promettent des mariages dans un théâtre japonais, là où on est  tendrement et conforme à la moyenne, comme ils cherchent à récupérer des objets blanchis après les noces, ils usent d'expressions méridionales et montent à la tribune conter des histoires sans effet visible,  ce qui désole tous ceux qui sont imparfaits et se sont frottés d'ail, puis sont venus au jour des routines qui les démangeront, c'est alors que les personnages en scène mémorisent le visage de leur dame, de leur beau-fils, et vont un à enterrement.

L'avarice alimente l'existence des petits lacs glaciaires, petites jupettes qui vont dans les machines à eau avec leur saleté de rotors et de vis, tout ceci avec la rugosité d'une pièce que des vers ont vermoulu, perforé de toutes parts, et au talus où nous allons planter des arbrisseaux, des hommes puissants comme des mammifères polaires n'ont plus d'organes vitaux à leur place, dès lors  la condition d'une discussion passe par des choses indéfinissables, indéformables, mal proportionnées, et la philosophie qui est une imitation d'une partie ancienne de nous même, souffre de cette fausse pièce d'habillement, le chaos éprouve subitement chacun d'entre nous, et de grandes flaques rouges apparaissent en rendant l'espace géométrique aux songes grotesques et qui font des hommes une espèce ordonnée à l'excès .


Les chamelles sont des variantes de bronze ancien que des propriétaires sis dans le midi embarrassent avec leur rage indienne, mieux informés que ceux dont la jouissance est une particule négative, ils se rattachent à la précaution dans des mouvements aussi longs que les rotations musicales, celles que Robinson griffait sur les arbres avant que d'aller dessiller les sillons du ciel avec des bruits et des bris de tirelire passés à l’eau claire, des rats étaient alors promis à des Dioscures obsédés et débiles d'avoir été des congénitaux informés de la déliquescence des dieux fringants et assermentés, ceci au réveil en vient dire que le nivellement est la première carte jouée.

Sobre seuil des percées

A la grimace des travaux

Obscurs

Rabaissée par l’amour

L’ancien périr

N’est plus désespérant

Et seul

Avec ma face solitaire

De l’homme excessif

Je ne recueille plus

Ni de ma chair

Ni de mon sang

Sur l’étal grossier

De tes contemplations

Celui qui dort

Dans la mendicité

Va plus loin

Repoussé

De lui-même

De ses sens propres

Avec les nerfs

D’un foyer d’écume

Où vivre et rêver

Sont une fleur

De drames

Et de convocations.

J’avais en battants extrêmes

Le baiser incendiaire

L’immédiateté

Des soufrières

La dureté

De l’espace défendu

Un secret profond

Comme un miroir creusé

Où l’ombre se fait

Etrangère

Pleine de feu et d’air

La rupture

N’est plus ensoleillée

Et je vais au lointain

Donner de ma foi

De ma raison

A de dévorantes routes

Luisantes d’un noir dessein

Et toi dans l’ivresse

De la séparation

Tu te défends

Contre les naufrages.

Feuilles de briques

Aux traînes de la beauté

Tu es l’algèbre

Et le dernier signe

La solitude sous la paupière

Aux sources de l’occulte

Et si tu te retournes

Plus rien ne t’est permis

La noire musique

Aux ultimes serrements

Est aux tons de ta vie

Des éclairs de rouille

L’air grave et gracieux

Prend au vol

Sa robe

Il boit

L’amour du premier rang

Et toi tu entends

La terre se putréfier

Entre les feuilles et les briques.