Au jour le jour 494

Croustillants et salés les rires qui sortent de nos poches en flux fluets, et trop libres après dix lustres d’apprêts, de rigidités, de légitimités, nous cherchons dans le désordre à faire un faux numéro de rustre en solo, et tout le temps passé en  surface à la débâcle a fait fuir nos rondeurs,   notre anticonformisme est un bouquet d'abus de confiance, de la légèreté mal acquise, nous voilà divisés comme pour un second tour dans les bouchons, avec des ornements liturgiques à nos membres, et ceux qui restent parmi nous sont irradiées par des siècles de folle admiration, de folles approbations, celui qui joint les mains va la perte, il est d'une apparence paralysante, ses sens sont autant de bombardes que de débuts d'hymne incisifs et insincères, et chacun finit par se percer les paumes avec un surin rouillé .

Dans les boucheries on bascule les nouveaux venus qui sont des chauffeurs se faisant importants et s’apprêtant  au bain, étroits d'esprit, ils disent des sornettes entre deux bons mots incontestables, puis prennent un transport régional qui les emmène vers des pâturages oubliés, là ils se soumettent à des jeux hivernaux d'une façon chargée et s'opposent à l'action héroïque de ces autres qui ont reçu une accolade avant qu'il ne s'emploient à la chasse divertissante comme une série de réunions, où des soldats intègres étrangers vêtus de calicots dorment dans une caution donnée à des étés humides, avec des couleurs primaires plein les yeux et s'exprimant telles des Chartreux dont les aïeuls ont été empêchés de  se torcher avec des renforcements et de faux anniversaires.


Que penseront les hommes aux stridentes équinoxes, qui les empêchera de se présenter aux regards intérieurs de ceux qui sont dans la séquestration, qui leur portera des coups mortels devant les maîtres assis devant un linceul, qui leur dira  la sévérité des lois, qui leur pardonnera de n'avoir pas peiné à méditer dans la tristesse, qui les piquera d'assassines dents avec la légèreté d'un qui va mourir parce qu'il est fou et sans sandales, qui les emmènera vers les ravines pour leur montrer l'ombre profilée des enfers couchés sur les masques d’horizon, qui voudra les noyer dans les eaux glauques recouvertes d’un sombre manteau de glace et  de nues, qui les couronnera d'épines, qui les crucifiera, qui, sinon eux-mêmes, ces vieillards de sitôt et de toujours.

L'héritage n'est pas d'un geste stupide et rapide, il rend compte de ce qui a poussé de l'autre à ne pas courir, de ce qu'il a dû ravaler de lenteur au travail, de son visage reconstitué par cent fois dans l'anonyme foule de ceux qui se sont grandis seuls, il rend compte de tout ce qui fut à sa proximité que s'en est devenu un chuchotis de questions posées pour soi seul, l'héritage c'est une impudicité, c'est l'occupation  à être davantage dans la course aux ravages, à fixer incertain et un à un les cerceaux d'acier des carcasses vides, c'est une surprenante correction d'un temps tragique où les itinéraires sont sans retour, avec sur les épaules des sacs de terre à jeter dans les baissières pour y voir des animaux infects se rouler pour laper une eau croupie par les funestes gesticulations.

Les mollusques sans finesse ne sont pas comestibles et les belles en sabots ne les acceptent pas dans leurs conditions de domesticité, sinon passés à huile pour leurs penchants particuliers envers cette matière, avec dans leur crâne des unités didactiques marquées à la manière d'un sceau  suggéré par  les rats habillés avec du goût et qui sont des troglodytes aux seins bleus de scélérat à peine plus grands que des reptiles lacertiliens qui vivent dans les landes de Bretagne, on peut d'ailleurs les apercevoir en plein jour sur des pièces françaises qu'on maintient avec des cordons autour de sa taille pour bien montrer qu'on a un penchant particulier pour les branches et les nobles descendances, à ceci près, que sitôt sortis de l'ombre rien ne nous rend plus favorables à nous souverainetés mal entretenues que le dégoût de nous-mêmes.


Je suis tremblant, inconséquent, mes notes sont basses, barrées du rouge des hontes avec leur diadème volé au cygne noir, mon domaine est à la fièvre contradictoire ,celle qui va de la création à la maladie, je joue à m’ensabler, je partage la neige et ses gravitations avec des gueux sans affection, je me porte à de sales substances auxquelles je ne renoncerai que lorsque je saurais m’adresser à une qui aura la finesse d’une aiguille, l’agilité d’une anémone, avec une raison bien nette et bien propre où elle me fera dormir. Quand dressé dans les jets d’air et d’argile je me mets en branle, mon étonnement est grand, aussi je peux déloger de moi ces nombreuses morts qui se sont prolongées jusqu’à mes yeux, dans la tenue violette d’un grenadier sous un clocher, puis faisant le tour de moi-même sous les éclairages à la double face de sainte et de martyre, je discerne que ma langue n’a pas été bouffée dans les enceintes antiques où les rétiaires jetaient des filets sur des bêtes ivres et malades .Le mal de soi n’est illuminé que lorsqu’on a tremblé jusque dans le rêve , qui sont des secrets ronds comme des aréoles ou des aurores, pourtant je continue à tâtonner dans la pénombre avec mon pas lourd, lent, lourd, lent..

Présents à l'office ceux qui inclinent leur tête font un boucan tels ces vacanciers qui ont des ailes de perdrix  dans leurs anneaux métalliques, d'autres forment  ailleurs des pactes avec des chiens, ceux que Héra hélait dans sa joie de vivre et qui étaient ses frères d’adoption souvent défaits et à jeun contre les pilastres cornus, quant à ceux qui étaient dans le réserve, ils respectaient des portions de rivière, épuisés par la  longueur du temps qu’ils mettaient à la rendre conforme tels  des certificats d'authenticité, c'est là dans les herbes hautes et sèches qu’ils se frottaient le museau paramètrés comme le  cosmos dans l'indifférence générale des gémeaux à la bouche pâteuse qui ont dû croître sans même apparaître ou jour.


Sorti de l'ombre sinueuse en habit de femme avec des crans de ceinture noire, le baba du conte saisit le pourcentage de sa vie sur une aire de lancement où les ragots sont un sujet de feuilleton dominical et familial, les outils d'alpiniste dont il se sert sont des parasols de garde champêtre, et certains lui sont  épidermiques parce qu’ils ont des envies capricieuses et saugrenues, rien d'essentiel ne naît sur ces lopins de terre où l'on fixe des câbles capillaires pour descendre vers un pays noir de monde où des victimes sans dynamisme aucun se jettent dans le vide pour défier un destin qui n'a rien d'un lieu protégé, puis de la méchanceté tournée avec adresse revient avec ses dents passées à l’huile pour jeter  du feu sur les rationalités et les nativités.

Une bouteille à l’amère liqueur, ça tape de la tête aux tibias ,ça fout du bourdon dans le crâne ,c’est là que j’écris  des passages, des jachères, des lunes qu'on ne pourra jamais approcher parce qu’elles sont en tranches, d'un jaune si vif  qu'il évoque l’entrée  dans un désert.  A l'écho de ce que je dis et apprends, comme on entre dans un tunnel au nul ne répondra, je n’ai que le choix d'obtempérer, que de me captiver de ma propre condamnation, ce  partenaire idiot et inapproprié ,j’ai un as de pique  dans la main droite, une dame de cœur dans la gauche ,c'est aussi cela la mécanique du  sentiment, lorsque le mouvement ne va pas à la vitesse voulue, je requiers d'appartenir à un monde parallèle où mes paroles me mettront face-à-face avec une étude  qui ne sera pas dans la résistance, pas devant un orchestre allègre où elle dansera devant des infirmes aux traits trop larges.


Ma de dernière heure voilà comment je la vois dans cet ailleurs où vous n'êtes pas, je ne suis pas en équilibre de vivre ,j’ai acquis de la vitesse ,je suis muet comme les pierres ou les paroles qui ne vont à personne ,j'ai gominé mes cheveux, plaqué mes mèches à mon front ,mis dans mes yeux dans tous les tourbillons de ma vie, les noyades aussi, ma tête cingle  de dépit mal élevé et de broussailles ,se suivent en ma propre compagnie des soldats sans fusil ,dans la mauvaise inclinaison, je vais tonitruer, pas perdre mon temps, je n'en ai plus, ma suffisance est dans ma nuque, ma  poitrine, dans mon esprit, sur mes épaules, je ne l'ai pas frôlée, je l’ai tant  côtoyée qu'elle en est devenue  étanche ,je me débats dans la mode de  crever proprement, je m'y suis entraîné, je ne veux rien changer ,je n’ai pas d'autres réponses  à vous apporter...

Ce qui n'est pas dit n’est pas dans le travail d'être dit ,il en est ainsi de ma fatigue, de mes électrochocs quand les mots sont agaçants mais  m'endorment à ma famille, à mes funestes regrets, je reste ce mouchard égaré dans un monde de gueux, qui ont mis la clé sous la porte ,je ne plus veux  déambuler docilement dans les couloirs ou l'attente est invitée  contre la protestation, la détestation de soi-même, m'apparaissent alors des mépris et des  méprises, ma dépendance a une bienveillance qui ne va personne. Je choisis  aujourd'hui la liberté de ne m’ approcher de quiconque qui ne saura se prosterner devant les saisons absurdes avec leurs équipages de houille, de suie, de charbon, de blasphème, je suis à la mauvaise école de n'écouter que moi, c'est dire que j'essaye de me réparer, il faut simplement que j’en’ y crois pas.


A voir tous les endormis dans leur remise, je me dis que ma veille est  d'une science élastique, indépendante, qui n'a pas eu, ni aura de maître ,mes insomnies ont des allures de porte à deux battants, l'un peut vous sauter à la gueule, l'autre peut vous péter un bras ,mais j'y ai des retrouvailles ,les conseils  des filles irrespectueuses qui ne se sont penchées sur moi que pour en extraire de la poussière, des barbelés, le cirque des idées. Dans ma marche  je conçois  des télégrammes pour une qui se la joue gaillarde, qu'elle reste ce qu'elle est, à demi cachée, à demi dévoilée, je n’irai pas sous ses commandements ,pas plus que dans un crâne aux étranges coutures et boutures, je garde pour moi les couleurs du miel, du rhum, de la faune des mondes enfouis, chiche  on  triche, chiche que personne ne saute, sauf moi...

Plumitif au crâne terreux ,j'écris comme on pépie, à la bouche des éminences ,des tertres que nul n'atteint, pas même celle qui chasse les rats avec son fifrelin ,dans mon costume ancien ,celui d'un communiant qui s'est agenouillé avec  la foi ciselée pour nommer un dieu incapable de le confondre, je ne suis plus qu'un poitrinaire d'où sortent en ruisselant des mots qui vont brouiller ma  peur que je ne m'y fonde plus ,dans le dur travail qui consiste à donner à son corps les formes de l'espoir j'examine mon visage, mes yeux, ma bouche, du violet,  du rouge  du vert des heures perdues, des couleurs pour de la location ,quelque chose qui n'est pas lucratif , je ne  m'habitue pas à mes excès, à mon vocabulaire, j'habite dans un entresol, je dors avec les rats ,la police m'a alerté un certain nombre de fois, je suis tenté par la déraison.


C'est un temps à rouiller les cloches et les églises, à mes bas étages toujours solidaire à mes entresols, je découpe des chiffons que j’ enroule à ma gorge desséchée, ils m'étreindront ,m'étoufferont ,je veux d'une dégoûtante agonie, quelque chose de lent et de lourd, comme lorsqu'on a collecté un animal foireux, juste bon à vomir ses entrailles, mon règne est parmi les poulies, les treuils qui pèsent et qui vous broient ,oui c'est bien ça que je veux, juste un petit fracas des cervicales, un accroissement, une façon de ne plus rien savoir ,de ne plus peser sur rien, la mort est une distraction, une voix mouvante qui a mon consentement et est à  mon étude, mes locataires ne paient pas leur part de loyer, ils  évitent de poser les mains sur la rampe, mais grimpent  jusqu'à moi pour me disputer de ne pas les avoir attaqués plus tôt.


Aux fièvres habituelles
De la blancheur des toux
Qui ourlent nos poitrails
D’un éclat retardé
Nous mettons dans la règle
Du ressaut de l’emprise
Toute notre vie perdue
Et qui n’est pas reprise
A ne rien contempler
Et de dire les approches
Dans les couloirs vides
Dans les chambres crasseuses
Plus rien ne vient à nous
Que ces objets putrides
Avoués et en nombre
A d’autres convoitises
Nous réclamons les clefs
D’un monde qui n’est pas nôtre
Qui s’est tant gangrené
Que nos yeux ne voient plus
Qu’une bête bien lasse
Au troupeau où elle dort
La tête dans les nuages
Le flanc aux contreforts
De l’immense muraille
De la nuit apparente
Où s’accroche maintenue
Une présence immonde
Qu’elle n’a pas retenue…
 
 
En chair examinée
De sobre intelligence
Ta peur est une monture
De l’immense poussière
Qui vient dans l’avancée
De tes saisons curieuses
Où tu as prononcé
De médiocres oraisons
Où tu as établi
De putrides naissances
Comme autant de torchis
Pour de pâles maisons
Comme des ossements
Qui se sont consumés
Dont il reste la chaux
Dont il reste la craie
Que des maîtres furieux
Honteux et malhabiles
Font crisser au tableau
Comme des monstres débiles
Pour apprendre la stèle
Les cimetières en nombre
D’une folle humanité
Qui va à la pénombre…
Aux fièvres habituelles
De la blancheur des toux
Qui ourlent nos poitrails
D’un éclat retardé
Nous mettons dans la règle
Du ressaut de l’emprise
Toute notre vie perdue
Et qui n’est pas reprise
A ne rien contempler
Et de dire les approches
Dans les couloirs vides
Dans les chambres crasseuses
Plus rien ne vient à nous
Que ces objets putrides
Avoués et en nombre
A d’autres convoitises
Nous réclamons les clefs
D’un monde qui n’est pas nôtre
Qui s’est tant gangrené
Que nos yeux ne voient plus
Qu’une bête bien lasse
Au troupeau où elle dort
La tête dans les nuages
Le flanc aux contreforts
De l’immense muraille
De la nuit apparente
Où s’accroche maintenue
Une présence immonde
Qu’elle n’a pas retenue…


Comme l'existence ,terrible sensation d'un réveil écarté, tout ce qui se dérobe au poids de ma caresse ,larmes, alibis ,desseins, monstrueuse lumière, vient en hésitation, dans toutes mes prières, une chute, un retrait, tant de sottes manières ,intérieur, extérieur, intérieur jusqu'au fond de mes os, fatigues et abandons, trop lourde mécanique de la crispation, pourtant, en exquise sainteté, une fille, danseuse d'éternité sur des planches moussues, me happe, me huppe, me houppelande, et dans ses moindres traits, c'est moi qui apparaît, gouverneur qui n'est rien en dehors des ses tribulations.


Aux doux veuvage, avec ses hameaux en pente inclinés, je m'arrête, paysage entre frontons et frontispices, voici le printemps, qui s'enseigne de lui même à des pourritures de noces, des froids excoriés, des foutreries expiatoires, des combinaisons terreuses et glaiseuses, langage de bêtes déclinées en credo et hosannas;moi dans mes conspirations, après avoir oublié jusqu'à mon nom, je vais dans mes étroitesses pointer du doigt celle par qui, dans ma maison pleine d'un cérémonial de prisu, me rendit plus inaccessible qu'une jacobine échelle qui de dieu à soi est un pas de trop dans l'artifice de son langage.