Au jour le jour 489

A mesure que je m’enfonce dans la vie, toutes les affaires que j’ai voulues réduire à la modestie, donnent sur une mauvaise part de lucre ou de butin mal acquis.

C’est précisément ce qui est précis qui m’emmerde, et ce qui ne l’est pas m’emmerde davantage.

Coupable de m’insinuer dans l’existence, et de m’y vautrer comme une hyène sur une charogne infecte et amorphe.

Ma verve s’est établie sur des sophismes inemployés, de douteuses litotes, et des regrets sans substance.

Quand l’homme s’abaisse à ses pires essentiels, convulsion ou révélation, j’illustre sa chute avec un supplément de verve et d’ironie.

Dans cette continuité d’être, où mes convulsions sont des enfers fournis, mes impudeurs éclatent entre la note et le mot ;je tente alors d’adoucir mes maux avec d’autres châtiments plus élevés,
 le célibat, la prudence, le jeûne, la solitude et l’ennui.
 
Le cœur est une boucherie où nos arrières pensées incarnent le primitif de ces bêtes abattues à la masse, et qui bruissent, suintent, et meurent par nos lois obligées.

Que faut-il considérer, et qui ne soit pas stérile, sinon tout ce qui se substitue à la vie et par ses lois oblige aux formes méprisables des nouveaux absolus ?

Entre la frénésie et l’essoufflement, nos vies n’auront été justifiées que par du geste, et les rehauts de ces paroles qui mènent au culte ou aux neuroleptiques.

Quelles que soient nos générosités, elles ne sont pas à la hauteur de ce luxe ostentatoire fait dans la parole, que nous entretenons pour compenser d’invisibles désordres.

Au plus fort de mes détachements, le chaos me persuade de nouveaux saisissements, d’une nouvelle épaisseur où mon corps s’englue et se dissout.

L’habitude m’a détourné de toutes les formes du devoir et du vouloir, et je l’honore tant je peux y cultiver les affres de mes inconsolations.

J’ai balayé de ma conscience une profondeur sans orthodoxie, et je m’y suis endormi.

Qu’ai-je construit à quoi je me sois attaché, et qui ne soit dans la lésion des devenirs sans vitalité ?

Je me suis essayé à de l’esprit, cette entreprise ne m’a pourtant pas réconcilié avec les délices de l’organisation de ces cerveaux enclins à ne rien vouloir voir disparaître.

Il ne m’appartient plus de m’inquiéter, c’est aussi une forme de despotisme qui supporte le mieux toutes mes dégringolades, spectacle ancien de mes philanthropies.

A l’examen de mon mépris des hommes, je décèle combien j’ai manqué d’occasions et d’opinions, et combien cette subtilité m’ a valu d’être réduit de courir après des excuses et des apitoiements.

Au spectacle de cet esclavage empressé où l’image a affaissé et rabaissé l’homme, qu’y a-t-il de plus sot, de plus exact aussi, de plus accablant, et que je n’ai regardé comme la consolation de mes inaccessibles saluts ?


Toutes les dimensions du paraître s’accommodent mal de la restriction.

Ma langue me pèse, elle explique en moi les triomphes de ce peuple intolérable tant il a poussé l'injure dans la maison du Père.

Guérir de la vie pour s’abîmer dans la souffrance de lui trouver quelque explication.

Agonir à chaque fois que nous avons commis une bienséance ou un acte qui nous élève.

Je me gaspille dans le sommeil, j'ai l'avantage d'y être un malade incliné à ne gêner personne.

J'emploie mon âge à d'autres mouvements que ceux de me fortifier, je cherche à me rompre, à vaciller davantage, je cherche un enfer pour ne pas y saborder mes dégoûts.

De quelle imbécillité sans nom suis-je marqué pour porter haut les faits les plus insignifiants?

La parole me met dans des impasses où me vient la rage d'y penser déshonorablement,et me donne des airs de forcené précieux.

Que le mystère reste outrancier de façon à ce qu'il garde ses écoeurantes répliques.J'ai l'âge où je désespère de ne pas me détester plus que ça.

Cette insistance de la fierté,que la vie pousse jusqu'aux dérisions du verbe et de l'image,combien je l’exècre,puisque je ne peux lui survivre que le temps d'un second souffle suspendu.

Le propre de l'homme réside dans le plus dégueulasse de ses désespoirs.Le sens a fait de nous des déshérités du symbole.

Etre exempt de toutes les infirmités,y compris celle de la parole.

La vulgarité m'apparaît parfois comme le seul attentat qui ne suscite pas les généralités du verbe.

Le dégoût de tout et de tous,m'ôte l'idée de rêver à quelque plus noble entreprise.

La santé est une idée qu'on se fait quand oon a plus rien à obscurcir.

Vivre c'est alimenter des pauvretés,c'est s'en alimenter.

Vivre est un crime facultatif,vivre est un crime accéléré.

Entre la stupeur et les angoisses,la pathologie des normalités surannées.

Ma fatigue de l'être me donne le goût d'une autre croyance,comparable à l'écoeurement qu'on éprouve,lorsqu'on s'est approché de la vérité.

La musique nous convainc de rester inoccupés.

Aboutir,c'est décevoir,c'est se décevoir.

Notre orgueil,c'est notre verticalité de singe sous serment.

Certains se fondent dans le décor nourris d'admiration et d'affection pour des filles qui les regardent avec satisfaction, moi qui prie, qui ris pour pas grand-chose, je suis influencé par les expositions,les expéditions, la maladies des neurones, végétatif, en production d’infraîcheur, je cherche un retour enfantin, quelque façon de scintiller devant une image sainte, mais rien ne me vient, sinon par tranches fines d’avens et de gouffres, aussi j'attends dans les fixités de l’oraison d'avoir un de ces points communs avec l’homme, et comme il ne vient rien , je me donne un nouveau nom qu'on dénature sitôt qu'on le prononce, puis je joue au troubadour pour  une belle qui m'enseigna les ficelles d'un métier qu'elle fit autrefois, celui de laisser des plumes aux oiseleurs enchantés par leur esprit.

On traite religieusement ceux qui sont dans l'agitation marine et sans force,proposés à des emplois subalternes,mais qui ne sont ni déments,ni infirmes,c'est une forme d’apocope rattachée à la gerbe,au pain qu'on leur donne en second lieu et à l'épreuve qui leur échoit,c'est à dire à percer des fûts rigides qu'on fabrique aux grandes influences de ces heures où se montrent experts des ingénieurs venus de loin pour équiper les catamarans de voiles secondaires,dans la destinée de chacun on retrouve des prises de lutte,des clefs à bras,des ports de minuit,d'ancestrales lettres,des animaux bouqués,des lieux adverbiaux,qui les mettent en plein dans le mille,là où les ondines ont des pulls overs couleur marine.

La terre, si elle était carrée, qu’en serait il du vent, de l’eau, ,du feu, de l’éther, de la limonade, je vous le demande ;eh bien, il en serait du vent comme de la résonance, rien qu’un bruit d’ahuri qui pense tout haut, de l’eau comme une fadeur inaltérante, de la limonade comme le roucoulis d’un feutre sur un parquet de paille, de l’éther comme d’une poudre  à éternuer. En dépit de cela, nous nous endormirions sous des étoiles bleues, dans l’ovale de notre nature, avec des filles légèrement vêtues, que père et mère veulent forcer à un mariage forain, il en serait toujours pareil avec la rotondité du sein des femmes, tout en tissu de chair savoureuse sur lesquelles nous mettrions des suçons comme des poinçons de terre carrée…

Dans mes bas reliefs fleurissent des sourires de jeune fille nubile que des hommes de trente piges, qu’ils portent allègrement, veulent empoisonner en leur mettant une bague au doigt, et un doigt dans l’œil, ces bouquetins ombrageux, ont parfois des jets de lanière cinglante, colorées comme les élytres d’insectes doués des privilèges d’un temps où ils ne dureront pas, respirent je ne sais trop comment des suavités à peine prononçables. Voici le commentaire qui suit. Voleurs de stances, de prières et de saisons, taisez vous, laissez au silence toutes ces demoiselles avec leurs ailes blanches, laissez leur additionner des étés et des automnes, des sonates et des aubades, cessez de comptabiliser leurs retenues, jusqu’à ce qu’elles deviennent des papillons de nuit qui iront ambrer l’or des lampes.

Qu'ai je fait de vulgaire qui ne m'ait aussitôt accru dans mes virtualités de singe.

L'essence de la musique serait dans le soupir que mon coeur n'en aurait pas d'autre nostalgie.

Je n'ai pas aimé l'existence, j'ai été tué par de tumultueuses inerties.


Le vague fleurit toujours sur les terrains de l'absolu.

Pour un mystère de profané, combien de divin en fuite, combien de sacré dans le néant.

Etre, c'est patauger dans la grande maladie de la vie.

Si une seule de mes lucidités m'avait amené à penser que l'existence ne pourra nous racheter d'avoir été, j'aurais servi et m'en serais consolé.

La douleur est une forme de jugement, que le sang ne peut revendiquer, que s'il garde le secret de ses prestiges.

C'est du pourquoi (racheté par l'Acte) qu'est née la connaissance, aussitôt mise à sac parmi mes virtualités de sicaire.

La paresse aura épaissi ma douleur, jusqu'à en faire un point central, d'où tout bifurque, d'où tout fout le camp.

Le tout serait indivisible que nous trouverions une solution pour le sous multiplier.

Que chaque esprit ait sa part de dégoût, mais qu'il m'en laisse suffisamment, pour qu'au jour du naufrage, j'ai encore à pleurer sur toutes les lames.

Je réfléchis à l'idée de dépouiller celle ci,me voilà en présence d'une morte,et qui bave.

Je suis pourri par de la charité,en suspens dans ses solutions,je cherche parfois à me projeter dans une autre parenté,je me tais,et j'y parviens.

Point de légèreté dans le réel,seul notre désir d'y penser nous confère cet air d'éveillé,et qui se meut.

Toutes les questions sans substance portent en elles les réponses sans intérêt que nous transformons pour paraître.

J'attends éxaspéré qu'une idée,une seule,ne me serve pas de paravent.Je suis un aversif qui s'équilibre par le dessous.

D'une névrose à ma mesure,j'ai fait une vitrine où miroitent jusqu'à mes plus sottes ambitions,je me suis rompu à l'exercice de ce vide,qui ne me prolonge que lorsque je m'éloigne.

La normalité est infestée,infectée,par le virus de ce paraître là,qui nous plie comme des chiens verbeux.

Je ne me divertis plus dans cette parole qui me dévie du dessein de cadavre.Je persiste et je me résigne.

Naissance:premier crime original et originel.

L'essentiel de mes journées réside dans ces confidences que je me fais,et que je conçois comme des effacements.

Sans le talent ou le fait d'être vain,la vie m'apparaîtrait comme la forme la plus parfaite de la sujétion à la matière.

Nul doute que toute méthode avantage la raison,et que cette même raison se laisse encenser par la méthode.

Dieu s'ennuie-t-il impunément? Toute conviction pue,elle nous écarte de ces examens là,qui pousse la curiosité jusqu'à la douleur du savoir.

Aucune vérité qui ne me fasse digne,je cherche dans le mensonge ce qui n'est pas caduc et se traduit par des images que j'exagère en me couchant .

Je ne suis pas homme de mission,je suis un homme d'omissions et de démissions.Ma nonchalance me corrige des excès que mon corps commettrait,si je n'avais cette disposition pour le silence.

Je doute que toute oeuvre témoigne d'un bonheur ou d'un malheur,l'oeuvre est faite pour réfléchir son propre désespoir de la démonstration.

Accidents de nos profondeurs,nos tares reflètent les plus sottes de nos réactions,nos soubresauts,nos perversions,et ceci jusqu'à nous écerveler.

Parfois une des formes du crétinisme est regardée comme de l'intelligence,moi je vois cette intelligence comme une façon à mes dérèglements.

J'ai trop longtemps été happé par ce dieu,qui a poussé mon écoeurement jusqu'au voir.Faute de m'être tué,je me suis tu,reste l'étonnement lié à la voyelle.

Dérangé dès le début du jour,et par la marche même du temps,comment ne pas vouloir être soul et tout saboter sans quelque hésitation que ce soit...


Réveillé avec cette phrase en tête:quand mon père ouvrait la porte je devais m'occuper à ne sonner personne .


Toutes les choses que j'ai considérées comme inoubliables sont aussitôt tombées parmi les détritus;j'explique par cette prédestination que je n'ai rien voulu enfreindre qui ne se soit mué en supercheries.


Le rien n'est pas abrupt au milieu du néant.


Faut il que je demande pardon de n'avoir insulté personne.


Dans mes accès de colère je ne franchis que le seuil de mes extrêmes pauvretés.


Lorsque on est entré dans l'humanité,on ne peut plus s'en tirer qu'avec la curiosité de l'au delàVivre nécessite une forme de désenchantement,qui vient avec l'âge et s'appuye sur nos propres déconsidérations.


Les bassesses du monde sont dans tant de prolixités,que d'emblée elles nous incitent et initient à de purulentes réflexions.Mon corps,et cela depuis des décennies,répugne à de la nouveauté.


Perdre connaissance dans et par la musique ,comme devant toute oeuvre,relève de quelque chose d'orgasmique,comme si nous avions à crever dans du leurre.

La phrase s'est précisée dans le heures qui suivirent:et si je devais penser aux petites filles nègres abandonnées et les panser.


A mes yeux vivre consiste en la maîtrise de ses divagations,et des fictions qui nous rachètent d'être entrés dans l'existence par la porte étroite .


Quoique j'ai réussi,je lui ai toujours préféré cette terrible vacuité qui précède le moment de commettre.


Désenchanteur pourrissant dans les sarcophages du vulgaire,l'homme inavoué qui se retient de bouger,est appelé,désoeuvré ou endormi.


Comme je n'ai pas cherché,ni voulu m'embarrasser de la vie sans passer par de l'éreintement,j'ai du ramper et serpenter,colimaçons et tortillards resteront les parents pauvres de mes paravents ,de mes pauvretés.


Tout m'apparaît comme péremptoire,j'arlequine dans un semblant de ce qui me barbe,ris sous cape de ce monde empli de costumiers et de crêpeurs.


Carnaval des idées,mon cerveau part en cavalcade,à la rencontre d'un destrier carapaçonné de prières et de jeûnes.


Mon passé me ramène toujours dans d'explosives réactions,c'est là que je crispe les poings,raidit mes traits,prends le stylo tel un stylet,je ne suis pas équipé pour respirer proprement .


Je n'affirme rien que d'autres ne pourront défaire et défendre de front.

Je ne crois en rien qui ne m'ait davantage indisposé,que l'amour mal dispensé.

Ma quatrième dimension,c'est ma conscience,et la conscience de cette même.

Toutes ces petites choses,que j'ai appelées mes curiosités,dans cette vacuité où je cherche à accomplir du sens,ne sont rien,tant je ne leur ai pas donné de caractère.

Que ce qui est essentiel le reste,et que le reste serve d'essentiel à ce qui ne l'est pas.


Outrancier dans tous ce lieux où il ne faudrait que se taire ou s'effacer,je me demande si je mis toute une énergie malsaine à être offensant là ou il n'aurait fallu que compatir.

Ma vanité m'oblige et me ramène à mes propres déconsidérations.

Au service d'une objectivité que je juge défaillante,j'use de ma force comme un escrimeur halluciné qui ne dispose d'aucune garde.


J'ai cru avoir été pressenti pou une paix,que je définis comme fâcheuse,parce qu'elle me met face à mes iniquités.

Est ce parce que j'ai consenti à être coupable d'exister,que je consacre tant de temps à ne vivre que des scupuleuseries.

J'ai beau me répéter que l'existence n'a de cohérence que dans les passions,je reste toujours dans leurs inaboutissements.

L'art est bien trop sérieux pour que je participe à tous ses mensonges.


Fatigué dès l'aube,d'une fatigue si ancienne,si ancestrale,je ne sais pas si respirer profondément n'est pas de l'ordre d'une programmation.

Serais je un jour assez mûr pour de la trahison.

Toutes les versions de l'évidence n'ont pas les mêmes côtés,je reste dans l'indolence de n'y voir que des angles obtus.

Mon corps fait encore obstacle à mes précipitations,et me préserve ainsi des dommages,que l'écriture ne peut corriger que par ses renoncements...

Ma révolte est une révolte contre L'interprétation,cette mise en mots,qui passe par une mise au tombeau.
Je n'ai rien voulu ajouter à la vie contre lequel je ne me sois pas élevé avant.

Comme tout est éphémère,je me considère comme l'archet qui s'effiloche,dans l'attente d'une fin que j'ai déjà considérée.

Si je ne méprisais tant l'homme,j'aurais livré mon existence à des sentiments encore plus funestes et funèbres.

Peut on s'accorder à la vie sans l'idée d'un néant à venir?

Toutes les confidences que j'ai faites,je les ai aussitôt dépréciées,de façon à ce qu'elles ne servent pas à des strangulations.

Combien de jours tiennent d'une genèse avortée ,dans lesquels nous ne commettons que de l'anticonformisme.

Je me suis spécialisé dans de la couillonnade.

L'univers d'entrée a été conçu comme un bousillage qu'il aurait fallu regarder de haut.

Ce que je fais n'a rien de singulier;l'imitation est une des formes parfaites de la modernité.

Faut il que je reste cet agacé de l'existence,qui n'en garde le goût que pour mieux débattre sur les corrections qu'il convient de rajoute aux humeurs,ces deliquescences entre sanies et purulences?

Rien sur quoi je ne me sois interrogé et qui m'ait paru essentiel,j'en prends note sur des feuillets qui me servent aussitôt à des torcheries.

Ma fatigue m'amène toujours dans de la dangerosité.

J'envie quiconque n'envie personne.

De toutes les formes qu'ont prises mon intranquillité et mon inquiétude,je retiens celle où j'étais le plus désespéré,que même l'insulte ne m'évoquait pas le miracle de la trahison.

Tout prévoir et ne rien commettre,voilà à quoi j'aspire sottement.

Tout ce qui est essentiel se traduit par notre besoin de détestation,comme si nous devions faire dans du désintérêt,de peur que notre attention se porte sur les gravités du monde,de peur que nous ayons à y surnager,ou crever de surmenage.

J'écris de façon frénétique,pris de vertiges,de peur qu'influencé par une forme de corruption venue de me anciennes lectures ne me fasse m'élever contre rien...

Le monde est une de ces proximités qui ne me donne ni l'envie ni l'occasion de vouloir rester vertical.

Toute forme de maladie nous rend prodigue,si bien qu'à la fin,nous ne savons plus être triste sans vouloir nous élever.

Il ne faut rien entreprendre dont nous ne puissions souffrir,c'est cette souffrance qui nous donne le goùt d'un au delà,d'une éternité à notre mesure.

Concurrencer ces mornes divinités qui sont dans mon sang et mes mensonges.

Dans ces heures d'absolution où je m'agite,la sensation d'un Antée qui veut voùter le ciel,puis la marge,et ma tristesse est expliquée.

La vie m'apparaît trop comme un assèchement tardif.

Ma fatigue est une fatigue de la tentation,exister ou n'être pas,le reste sert à des amplitudes,à du mouvement en saccades.

Rien que du ratage dans cette existence,où l'homme pour s'élever au dessus de la bête a conçu l'idée du bonheur;cette agitation des recalés de la perdition...

Toute forme d'intérêt suscite en moi un contre intérêt plus virulent,que je ne sais plus si m'enfermer dans de la vacuité me vaudra une limite à ce désenchantement...

L'amour et la crasse ont quelque chose à voir.avec le divan et le divin,mais je ne sais pas quoi...
Ma déception de tout et de tous ne s'explique pas,c'est une défunte qui se décompose dans le souffre de toutes mes inerties...

Vivre c’est fonctionner sur les plus extrêmes des vibrations…

On fait tant de tout avec du rien, et nous nous bornons à des créations qui sont des leurres universels conçus pour palier l’insuffisance de nos existences…

Je resterai dans l’amateurisme de l’existence, lui prêtant mes erres et mes foutaises, avec cette parole grave ou légère qui traduit ma respiration, c'est-à-dire mes apnées…

Entrés gratuitement dans le monde, puis des octrois, des péages, des octrois, des péages…

La vie nous floue et nous mettons une éternité à y voir le plus subtil des artifices d’un joueur cocufié…

Sans la caféine et les somnifères mes jours me seraient inconcevables, mais j’y ai pourtant des égards et quelques fidélités…

Combien j’ai pu me déprécier en traînant mon corps dans ces bouges où je fus réellement un homme en perdition, et dont la seule réalité fut de se réveiller en rescapé…

Mes points de vue vont du revolver au site en passant par cette solitude où j’apparais comme un mauvais tireur n’ayant pointé que son œil au bout du canon…