Au jour le jour - 10

De l’âme à la tempête
Grelots secrets sonores
Au front renouvelé
Une face à peine peinte
Tel un soleil détenu
Qui se déroule
En torsades nues
Les paroles
De la ruine au sourire
Sont dans le ciel levés
Et l’âme la plus assise
Et l’âme la plus aimée
Embrasent un univers
Aux confuses menaces
Tendre corps couronné
D’épines et de chardons
 Quel autre cœur que le tien
Pourra contenir
L’amour avec ses beaux fruits sur l’autel qui sent le souffre…

Il nous vient des amis sous des palmes de roches , hommes qui mettez du chagrin dans nos mains et à nos plus rêves que n’atteint que votre connaissance .Viennent ces vendredis malades de nos éternités où nous levons des filles et le vin à nos lèvres tardives, avec nos mensonges et nos soulographies nos banalités. Aucune femme ne s’accorde pourtant à nos improbables travaux d’approche tant faite de rires et d’interrogations. Nous pratiquons l’aumône pour d’extrêmes idées ? à cette pratique dérisoire de marcher dans les salons avec dans les mains l’eau mal écopée des chaloupes ? nous ressemblons à des marins bilieux , et pour nous endormir au jour nous n’attendons plus qu’une qui saura voir dans nos maisons des insectes d’or marcher au plafond…

En méandres de roches
L’aspic  que nul n’atteint
En ravines de poches
Dépose ses venins
Pierreries offensantes
A nos hautes poitrines
C’est de toutes nos attentes
Où plus rien ne s’avine
Qu’arrive l’adultérine
Femme choyée désireuse
D’un enfer à son goût
Où l’Afrique douteuse
S’irise d’une noire couronne

Tant à marcher vulgaire
La mort nous est venue
En vastes cimetières
Et comme convenue
Nous voici à nos rêves
A nos consternations
Comme des enfants muets
D’une autre condition..
 

Souvent j’ai touché mon fond de boue et de lie, pas le temps de remonter à la surface et comprendre que dans les profondeurs en couches indéfinies superposées, là où l’air est vicié, quelque chose de mouvant nous mènerait à nos propres exécutions si nous ne tenions tant à nos extrêmes saloperies. Croyez le ou non ,j’ai distingué ce qui se déployait dans cette fange aux yeux humides, les larmes, la liberté abattue, endormie sur un lit de cendre et de limon, des hommes des femmes, valets décolorés, des morts en suspension et qui vont pourtant la tête haute .Combien j’ai pu comprendre cette horreur que nous avons tous en propension de chiffres et de nombres, de paroles désolantes ,j’aimerais m’endormir avec ma frêle agilité dans un amour à peine, lu mal désiré dont je ne veux aucune pauvre preuve…

Au physique élément
Inaltéré je cède
Chaque pas me défend
Afin que ne concèdent
Ni l’homme poli qui plonge
Ses yeux dans la rocaille
Ni l’enfant assoupi
Dans l’immense travail
De grandir d’avancer
Sur la terre qui tremble
Qui vide ses greniers
Ses caves toutes ensemble
Pour laisser entrevoir
Au milieu de leurs plis
L’éternité de l’homme
Et celle de l’enfant
Confondues en accord
Dans chaque mouvement
Du jour et de la nuit
Que tous deux aguerris
Guettent comme un corps tendu
Vers toutes les pierreries…

Au ponant établi où je vous écoutais
Battements de paupières et pouls accéléré
J’entendais une enfance remonter à sa source
Où respirent un oiseau dans sa force et sa course

J’entendais vive voix  modelée comme une glaise
De votre appartement s’écouler tant de dièses
Que j’aurais pu alors dans le même moment
M’endormir ou lever un chant de partisan

Cette bouche ces cheveux ce front barré d’épis
Châtains évaporés en profondeurs saisis
J’ai aimé les toucher j’ai aimé retenir
Ce ton tant disposé auxquels tous mes désirs

S’adjoignaient un désordre de chair de sentiment
Quand en couche de lit comme en un firmament
Je voyais les étoiles disposées en grelots
Pour recevoir le monde dans le plus vaste écho.