Au jour le jour 473

Je considère que sans prise sur le monde, tous mes raccourcis sont une forme d’aboutissement.


Je me suis tant évertué aux consentements et contentements, que parvenu à des édulcorations, je ne peux plus admettre que mes pitoyables visées.


C’est parce qu’il existe la possibilité de nous perdre en tout, que nos abattements sont des prestiges de cadavre anticipé, et qu’un de nos rares talent passe par de la conversation.


Le spectacle de la lassitude illustre ce qui nous relie à l’humain, en passant parfois par des hébétudes et des impudences.


Toutes mes intentions entre la chair et l’Eros consenti aux ordalies, ont été encombrées par les infamies d’une mémoire que je n’ai su ni adoucir ,ni captiver, tant je me suis à un moment déporté de ces mêmes intentions.


Est inférieur et intérieur à moi, tout ce à quoi je me suis attaché et qui ne m’a pas rendu imprescriptible.


En visite dans l’existence, me voici pétri d’échecs, et cherchant un nouveau principe, marque d’un autre ridicule.


Rétrospectivement je m’apparais comme secondaire, dans un intemporel quaternaire.


C’est parce qu’il m’a fallu coopérer que je n’ai pu faire irruption dans ces éternités, que l’amour projette comme la seule histoire qui vaille.Contraint à être et à devenir, c’est suffisant pour être abattu.


Pour me venger des servitudes, je me suis montré tel un malade dans une décharge pleine d’abjections et de foutreries, un malade que la réconciliation n’a pas rangé parmi ceux qui prospèrent, et qui ne s’élèvent que contre eux-mêmes.


Rien qui ne me soit apparu comme plus indispensable que toutes ces incommodités où je rangeais Dieu dans des écarts, et usais de la prière comme un avatar de parole pour le dissuader de se pencher sur moi.


Eprouvé, pas encore affadi, je tente de recenser toutes les acclamations que j’ai lancées jusqu’à Dieu, en les portant sur cette gauche où le cœur seul est resté en contact avec les hommes, sans en tirer aucun bénéfice.



C’est l’aveu d’une rancune ancestrale, d’une peine inavouée, qui m’a fait aussi ébranlé que si je devais solliciter un entretien avec une pègre sentimentale.

De toutes les voies où je me suis engagé, je retiens celles de ces femmes adultères qui m’ont vicié par leur éternité de malheurs et de pleurs mêlés.


Je flotte dans un univers de peurs, et toutes les formes que je donne à cette misère, ne sont que l’affirmation d’un ego démesuré, haïssable et triomphant.

Sous l’emprise des alcools qui décolorent mes veines,rendent épouvantables mes sentiments, il me vient parfois de la prière, victime d’une extase, et qui n’a pas de nom.

Incapable de rompre avec l’homme, d’y trouver un remède, j’en adopte les suffisances et vais tel un foireux moisir de mes sombres secrets.

Ne m’étant employé qu’à agir sans intention, rien de moi n’a été singulier, sinon cet abcès d’insuffisance.

Chacun plaide pour la vie quand il en est la victime.

Tout ce qui se dérobe à mon imagination revient par la douleur, colorer mes jours par quelque dépravation.

Dans les fourreaux de l’existence, toutes les peurs, tous les dégoûts, tous les crachats, ont les apparences d’un sentiment expurgé de sens.

Mon bien être n’a été objectif que dans l’ennui, dans cette lucidité originelle qui tient de l’horreur de voir et de le savoir.


Tant mon corps m’a pesé, tant je me suis isolé dans ses propres abstractions, impartialité et inclination aux mornes solitudes.

C’est parce que divaguant dans l’inconsistance d’une parole révélée comme de bon goût, que j’ai encore la certitude que mes errements et mes vagabondages, peuvent encore me conduire dans la félicité d’un taiseux, voire d’un sourd et d’un aveugle.


Ces fades animations qui sont dans le bonheur du dire et du voir ,combien je les exècre et combien j’ai de vertiges quand je leur emprunte leurs couleurs et leurs mots !


Résigné, et dans l’épaisseur, dans la glu d’une syntaxe de superstitieux, je cherche à me faire valoir, à me prévaloir, oui, mais de quoi ?


Je considère que ma fantaisie et mon dilettantisme ont été le négatif de toutes les instructions où j’ai autant appris à me fondre dans un homme, que de m’en détremper.


Il est vrai que tous les textes sans ponctuation m’apparaissent comme le débraillé d’une littérature qui s’essouffle de ses propres considérations, pour se débiner de je ne sais quoi.


Fallait-il que je songe à cette réserve de bien portant, pour n’ y entrer qu’en malade répertorié ?


Ce qui parfois surgit au milieu de la mélancolie est d’une telle nudité, qu’on dirait un intérieur si écorché, qui nous fait aussitôt vomir ou prier.

Je pourrais me passer de tous ceux qui m’ont détraqué, j’en ai la certitude ;je travaille à m’en approcher pour mieux pratiquer la folie ou quelque sainteté qui lui ressemblerait.

Il me suffit de croire que toute folie prélude à des suicides directs ou indirects, pour aussitôt m’y diriger en me dévaluant

Rendre service c’est se vicier au point que tout acte dont le bénéfice devrait nous revenir paraît insalubre.

Toutes les certitudes nous empêchent de voir clair.

Être, c’est céder à la tentation de vouloir être et de le rester.

Tous les degrés de la perfection sont des degrés d’incertitude.

Toutes nos histoires s’expliquent par nos débordements et la lie qu’elles fécondent.

Faute d’excès à mon goût, je me répète que l’existence est un manque d’astuce, et j’y renonce pour me réveiller dans l’extase ou le scepticisme.

Vivre est de l’ordre de l’acharnement.

Le dégoût de nous-mêmes est un moyen de se soucier des autres et de leurs dégoûts.

Vie :trop plein de la matière, dégueulis des origines, épanchement de Dieu.

Le silence incline à la lice.

Secondaire, essentiellement secondaire, je puise dans mon néolithisme ce qui un jour me révélera.
Spectateur imparfait d’un présent qui se coule sans y parvenir dans des gloses ordurières, aucune de mes répliques n’aura ses essences dans le mode inférieur de la parole.

Les nuances participent de l’effacement et du retrait, autant dire d’une modestie incarnée en décharge.

Tous les artifices nous survivent, au spectacle permanent de nos simagrées, préférons l’idiotie inhérente à nos actes, et cet insupportable besoin d’être déçus ou incontentés.

J’ai fraudé sur ma langue, mon langage aussi, poussé par ce goût maladif voire ordurier pour l’insulte ou l’interjection, j’admets pourtant que mon existence est vouée au virus d’une forme de parole que je décrie sans pouvoir m’en passer.

Entre temps, entre temps quoi ? Est-il un autre temps, et peut –on s’y immiscer dans cette stupide conviction qu’il est la plus parfaite des alchimies qui nous momifie à sa guise ?

Tous les jours où nous sommes au sommet, sont des compositions de l’ordre d’une littérature écrite sur le ton doctrinal d’une oraison.
Dieu fasse que je n’en finisse pas de m’exténuer !

J’ai bien mieux à faire que d’exister, oui, mais quoi ?

Nos raisons d’être sont toujours au dessus de nos raisons de disparaître, c’est pourquoi nous subsistons et nous nous leurrons.

Je me suis attaché à ne pas montrer toutes mes vacuités, toutes mes inanités, ce fut hélas dans ces excès que j’ai le mieux fait part de mes vides, de tous mes vides.

La mort est le taux d’usure de nos propensions à tout vouloir rendre éternel.

Certains mettent tant l’accent sur leur fatuité, que devant moi ne subsistent que des hommes.

Dans la musique rien qui ne se fourvoie, si ce n’est Dieu qui entre dans nos cerveaux pour y rêver nos vies.

Prédisposé à la lèpre de la parole, l’homme surgit du rebut pour s’insinuer dans les écœurantes religiosités des prières qu’il fait pour se redresser.

Toutes les nuits sont pour moi des archipels de détresse où mes sens s’attroupent, pour se déverser en mélancolies et nauséeux souvenirs.

J’ai voulu que rien ne m’évanouisse de ce qui valut la peine que je m’en embarrasse, or le temps s’est arrogé le droit de m’en desservir, et de modifier jusqu’à mes dépotoirs d’envies.

La douleur est de l’ordre d’un orgue assourdissant en contact direct avec la conscience.

Dans l’amour les glandes se rompent de toutes parts, pour laisser transpirer jusqu’à la vacuité de nos organes, la suprématie du chaos.

Qu’est la profondeur de l’amour, sinon du temps, un laps de temps qui ne survivra pas au lavabo ?

Dans les liturgies de l’amour, la fornication est une imprononçable évidence, et l’impérialisme des glandes est une voie que nous n’osons pas avouer, tant elle est obstruée de caducs sentiments.


J’ai trop souvent été dans l’implaisir de l’amour, et c’est ce souvent qui m’amène à dire que c’est une pouffiasserie érigée en systèmes de faux sentiments.

Aux souverainetés du cœur, j’ai préféré les productions d’un esprit voué à l’imminence des actes qui ne débordent pas l’eros, affairé à des commentaires sur ces mêmes souverainetés.


Acharné du détachement, et ravivant d’anciennes extases inconséquentes, je comprends combien la chair et l’esprit peuvent lever de fiel, quand les nocturnes entreprises ne sont que les contrefaçons d’un amour obligé et sans nom.


Ma nostalgie, fragilité d’un passé sans complaisance, affecte ma conscience, et son expansion est un nouvel empiètement sur mes futures proclamations à n’en rien dévoiler.


Aigri, et me dégradant dans l’insignifiance de mes orgueils dérisoires, je m’accroche à mon propre néant comme un poulpe sans célérité, et célèbre cette complaisance à mon égard en me gardant à vue.

Mon dilettantisme m’a assuré que j’ai été un nécessiteux, et que sitôt ses virulences retombées n’a eu comme armatures que son sang, son foutre et sa sueur mêlés pour d’écoeurantes religiosités.

Réussir ne m’a jamais mis en branle, je préfère en rester là.

État d’anoblissement, s’affaiblir sans démence et décemment, puis de la boutade au ridicule, rire de ses propres tares.

Sclérose de ma tolérance, je ne sais plus hésiter, je ne sais plus apprécier ce qui touche à de savants désirs, ce qui est à mes antipodes, et qui prend le visage de l’art, de la certitude ou de l’abjection.

Symptôme d’une époque sans énergie et qui décline au point de vouloir mettre de la rectitude en tout ;l’exaltation reste pour moi le seul moyen de ne pas m’orienter dans le n’importe quoi de cette décennie, où tous les fanatismes sont autant d’afoleurs d’éternité.

Je ne me serais adouci que dans mes endurcissements.

Ma mission est de m’exclure de tout et en tout, défi ou sinécure, je l’ignore, mais toutes mes dégringolades attestent que ce dessein tient autant de la guérilla que de la maladie.

Faut-il croire et admettre que nous n’ayons été préparés à la vie, que pour y œuvrer sous l’emprise des hontes les plus hautes, des blasphèmes et des jubilations excrémentielles ?

Si souvent hors de moi, que même si je m’étais contraire, je pourrais me rencontrer sans me reconnaître.

Je n’ai rien cru sur parole que je n’ai aussitôt trouvé hideux.

Ma rage m’exténue, je m’y étends comme un sphinx infiguré, sans question, et qui ne cherche que du désaccord.

J’aurais passé mon existence à faire coïncider mes plaintes et mes déplaisirs, dans cet abaissement de jour que ma vue entretenait pour des dissolutions.

Je ne trouve une composition d’éternité que dans cette littérature arrachée à la ténèbre ,et qui m’époumonait par ses funestes vacuités.

Passe encore que dans l’amour nous nous exténuons par nos glandes, m’insupportent les idées qui nous font frissonner des clichés liés aux innommables séductions.

La vie n’a d’élégance que dans l’ennui, dans l’ennui et l’odeur de naphtaline qu’elle traîne jusque sur les linceuls.

Vois dans les moments où ton désespoir est extrême, combien ton esprit s’affaire à tout raréfier et vois combien pour avoir voulu être l’égal de tes semblables, tu n’as jamais été toi-même.

La vie palpite dans tes veilles, et tu ne sais plus si tu frémis de regarder la nuit qui va du bon côté, ou si c’est ton corps qui te rappelle à ta charge.

Toutes tes larmes ont blanchi les sceptres effondrés de sueur, et qui se tachaient de ton néant.

M’est survenu l’âge, je cherche un nouvel empire dans la croyance, l’art, pour m’y intensifier.

Ma violence, je l’ai transformée en larmes, et le temps m’est venu d’en arroser toutes les tombes.

Pour composer un personnage , chien couchant blâmé par toutes ces filles que la perpétuité d’être a blanchi, je me suis fixé dans une décadence sans accord et m’y suis aveuli.

Faut-il rire de soi même quand s’ébauche la fin, cette fin qui adoucit les absences et rend stériles tous nos désespoirs, ou faut-il en rire jusqu’à s’exténuer ?

J’ai vécu courbé , muet, et n’ai trouvé personne pour prendre part à mes inclinations ou à mes vertueuses sensations de délabrement.

A nulle aurore vaincu suis de gloire naissante
qui n'est de mon haut trouble à mes eaux ruisselantes
et si telle autre se tait c'est par ses alluvions
qu'elle inonde ma plaine et tous mes horizons
je repars de recueils en de viles courtoisies
suis homme de peu de foi mais de milliers d'envies
et toutes vont vers toi comme tu le pressentis
n'adjure pas ta foi à mes milliers d'ennuis
car hélas je suis et ne serai qu'un homme
assujetti aux troubles de n'aimer que la somme
des tremblements extrêmes des rêves et des sommes
qui sont les turpitudes d'un qui ne déraisonne
qu'aux lieux troublés d'amour de gestes affligeants
comme le sont les détours à l'aune de nos ans
ces âges qui prolifèrent comme reptiles et sermons
en de basses redoublantes messes de peu de  limons.

Je traite d’égal à égal les jours de douleur et ceux qui ne le sont pas, j’élèverais au rang de contagion toute cette supercherie de bonheur si je ne l’escamotais en y pensant.

Tout ce qui est capital me consterne.

Je m’assoupis parfois dans la douleur de penser, si je devais en crever, il ne resterait de moi que l’assurance de mes hystéries, de toutes mes vacuités.

L’objectivité m’apparaît comme la rage de ne penser qu’avec des images et leur sens.

Je me replie parfois comme un ver idéal qui a commis le forfait de s’acoquiner avec de l’humain.

Il est inutile d’aller plus loin, tout ce qui est insoutenable est déjà à portée de main.

Philosopher sur le « je »et se laisser corrompre par le « Tu »,tous les tus..

Le meilleur moyen de rester ininterrompu est de se taire à perpétuité.

Je mourrai insatisfait, ma pénitence aura été de vivre en le sachant.

Ecrire c’est regretter par distraction.

La vie s’abîme en cours.

La pensée ne peut être que d’emblée, après c’est de la fiente.

Je me gâche dans la fantaisie du dormir impunément.


Tous les jours où nous sommes au sommet, sont des compositions de l’ordre d’une littérature écrite sur le ton doctrinal d’une oraison.


Dieu fasse que je n’en finisse pas de m’exténuer !

J’ai bien mieux à faire que d’exister, oui, mais quoi ?

Nos raisons d’être sont toujours au dessus de nos raisons de disparaître, c’est pourquoi nous subsistons et nous nous leurrons.

Je me suis attaché à ne pas montrer toutes mes vacuités, toutes mes inanités, ce fut hélas dans ces excès que j’ai le mieux fait part de mes vides, de tous mes vides.

La mort est le taux d’usure de nos propensions à tout vouloir rendre éternel.

Certains mettent tant l’accent sur leur fatuité, que devant moi ne subsistent que des hommes.

Dans la musique rien qui ne se fourvoie, si ce n’est Dieu qui entre dans nos cerveaux pour y rêver nos vies.

Prédisposé à la lèpre de la parole, l’homme surgit du rebut pour s’insinuer dans les écœurantes religiosités des prières qu’il fait pour se redresser.

Toutes les nuits sont pour moi des archipels de détresse où mes sens s’attroupent, pour se déverser en mélancolies et nauséeux souvenirs.

J’ai voulu que rien ne m’évanouisse de ce qui valut la peine que je m’en embarrasse, or le temps s’est arrogé le droit de m’en desservir, et de modifier jusqu’à mes dépotoirs d’envies.

La douleur est de l’ordre d’un orgue assourdissant en contact direct avec la conscience.

Dans l’amour les glandes se rompent de toutes parts, pour laisser transpirer jusqu’à la vacuité de nos organes, la suprématie du chaos.

Qu’est la profondeur de l’amour, sinon du temps, un laps de temps qui ne survivra pas au lavabo ?

Dans les liturgies de l’amour, la fornication est une imprononçable évidence, et l’impérialisme des glandes est une voie que nous n’osons pas avouer, tant elle est obstruée de caducs sentiments.

J’ai trop souvent été dans l’implaisir de l’amour, et c’est ce souvent qui m’amène à dire que c’est une pouffiasserie érigée en systèmes de faux sentiments.