Au jour le jour - 8

Proses 1975 - 2005

Bénies soient les orgues désuètes
Toutes ces pluies d’octaves
Domaine de nos mois lourds
Avec la cendre
Le bon vouloir
Le gré l’outrecuidance
De tes obsidiennes de cuisses
Futaies entrecroisées
Compagnes de mes nuits
Sans gardiennage aucun...


Moi
Grotesque
Pas rieur pour un rond
Désintéressé pourtant
Je cognais sur nos passions
Le feutre à tes distances
Les brouillonneries
Tes distraites rousseurs en brûlures élargies
La mélancolie encore
Me tenait lieu de résolution
Fallait-il que je boive
Pour m’abriter dans ton ventre
Et n’y trouver que boire
Et saigner davantage.
Cette ancienne qui ricane
Jusqu’aux blasphémations
Jusqu’aux dénégations
Piocheuse de sommeils
De ports éviscérés
Visage anéanti
C’est encore toi
Valseuse du bidet
De l’entretoise de l’entrecuisse
Je te voyais si peu
Que souffrir sur ton épaule
Ne me valait rien d’autre
Que des paroles nues
Dévotion suprême a des désolations
A tous les imprévus
D’une trompeuse sans radian
Tous ces coïts ces calculs
Ces reculs ces reculades
Ces glissements sur tes vertèbres
N’ont plus rien de minéral
Saccades entrecoupées
Bruits du rituel des ressorts
J’intègre toujours du déplacé
Acharné à démolir
L’appareillage de nos nuits.


Tout arrive par les plis
Les viscères
La sauvagerie
De ton corps qui se dérobe
Au rite du dit et de la déraison
J’ai joué de ta matière
M’en suis entrete
Fait couler tes saisons
Parités des semonces
L’eau bouillonnait
Profonde
Remous cendres et carcasses
Moi je débordais
Cris râles exhalaisons
Commissures gonflées
Tu vis et tu te tus
Le sang m’était lent
Plus à mon goût
M’éteignait
J’ai appris tes hauteurs
Cols et colimaçons
Aujourd’hui je pétitionne
Je me tords la tête
M’entremêle les boyaux
Roule sous les tables
Comme un pinailleur sentencieux
Pour d’autres grognes
D’autres jointures
D’autres souhaits indéfendables
Et prendre garde à toi
C’est du rampage
De la méprise
Pour des accueils sans ressemblance.