Au jour le jour 456

Je ne peux rien imaginer qui soit uniforme sans aussitôt avoir envie de saisir un chapelet ou une kalachnikov.

De la tentation de ne rien faire à la tentation de faire bien, il n’y a qu’un pas, mais quel pas surprenant.

J’ai peur que tout ce qui me paraît perceptible ne s’évapore dans le douloureux désir de vouloir être visible.

.Se peut-il que nos excuses fussent un pourcentage de notre pitié, de celle qui prend les multiples formes de la grâce ?

La monotonie peut me rappeler à elle à tout moment et dans ce moment précis je sais si peu de choses de moi que je vais bien.

Miracle de la fantaisie d’exister on finit toujours par atteindre l’objectif idiot de  faire,cela suffit à m’anéantir.

L’inquiétude dérive toujours de mon éternel sentiment de désœuvré qui cherche une tragédie qui collera à sa souffrance autant qu’à celle des autres.

L’illusion a des degrés qui fabriquent des paysages de cendres dans un désert qui a pressenti la fin et le commencement du monde.

Au comble  de la pagaille des sens, dans cette occasion où  le plaisir altère la performance et le jugement, ma douleur  prend  la tournure d’un bousillage définitif.

J'ai cru bon me taire pour parvenir à ces émerveillements qui sont dans l'enfer des pauses et de soupirs.

Mon dilettantisme et ma nonchalance participent de l'amour obséquieux tant qu'il se dérobe aux flashes.

La musique, forme de la suprême délectation, procède toute entière d’une déformation deu mot « Dieu ».

Toute forme de suicide est une réaction organique de la vie qui cherche à se dérober du sens, quand le sens est devenu une tâche.

Je suis un préposé au fanatisme du pire ,je compte en rester là.

La vie est un accident la matière, je tire de là  toutes mes déceptions.

Chacun est sombre de lui-même, qui s’aiguise entre la crainte et l’apaisement, mais trouve toujours le moyen de céder aux passions qui l’abiment sous le ciel.

Aux borgnes saisons où j’ai criblé mon âme, l’inquiétude m’est venue comme une étrangère après un attentat.

J’arrondis les faux angles droits et m’y bombe.

En quoi me fondre qui garde de la divinité le goût de la disparition, du leurre, ou de l’érotique bonheur de me montrer vaguement, si vaguement que ma nature même vacillerait sous le poids des formes utilisées ?

J’ai porté tant de soupçons sur le monde ,que bercé par cette auscultation dérisoire ,m’est venue l’envie d’être sourd ,pour ne plus exister que dans le désastre de ne rien entendre, de ne rien savoir.

La musique agrémente nos sentiments et les exagère, et jusqu’au cœur propose des solutions que l’amour n’aurait même pas soutenu dans la surdité.


Mes circonstances auront été que dans tous mes désastres, je n’ai jamais voulu avoir accès à des crimes orchestrés comme des soupirs longs et violents.

Seule la souffrance peut nous faire comprendre qu’en toute chose, une ineffable pureté cherche à concilier notre être avec ses dénégations.

J’ai souvenir que dans mes confusions sentimentales, le corps d’une femme me rendait incurable de mes appréhensions.

Je ne cesse d’avoir peur de ne pouvoir recouvrer tous mes esprits que dans un cimetière.

Aux accents violents d’une gorge qui se noue, j’ai préféré le silence avec ses frémissements, ses tremblements, pour m’absorber de mes profondeurs.

Je me dois de rester dans cette grâce hygiénique commandée par le diktat de l’amour, pour qu’aucun dégoût ne me donne l’avantage d’un individu qui laisse des traces.

Toute lucidité est déterminée par la logique du vu et du su, chacun correspondant à la fièvre introduite dans la séduction.

Le temps me semble parfois être une palpitation de sens filtrés par la fadaise du sentiment.

Quand le corps est conscient qu’il procède tout entier d’une insuffisance temporelle, il ne nous reste plus que nous appliquer à mourir.

Je m’agite, et l’expression est regrettable, je m’agite sans motif, et ça l’est davantage.


Quels que soient mes accès à la mélancolie, ils gardent de leur vulgarité l’attendrissant cliché d’une pente avec un calvaire.


A chaque fois que je me suis lassé de la vie, j’ai appliqué à mes propos l’imbécillité du dormeur, l’idiotie du moribond.


Que je me sois tant trompé sur l’existence n’explique que mes antiques impressions tiennent autant de l’amertume que de la concession.


Vivre en paresseux, mourir en exalté.


De l’aube au crépuscule, dans ce brouillard qui révèle les avantages de la parole, est il un instant où j’ai été profond, et où j’ai obéi à l’étrange cruauté de débattre sur l’infini du n’importe quoi ?


Rien ne saurait davantage me pousser au crime que cette vie que je ne comprends pas, et qui est légitimée par tous les signes qui créent des espaces où je dois contrer ou me taire.


Il y a dans  toutes les oppressions qui m’ont accablé comme un besoin de prière, de remords ou de mélancolie contre lesquels mes potentialités de sicaire ne peuvent rien…


De tous les mondes colorés que je conçois dans mes rêveries, je retiens le nôtre pour la somme des pleurs qu’il m’oblige à verser dans la poussière des routes qui m’y mènent sans qu’elle se déverse dans mon sang.

Mes mouvements sont des ostentations de désespéré, qu’une douleur sans fond pousse vers les remparts et les rambardes.

Tout ce qui est, s’abîme dans la méconnaissance de nos dilutions.

Au large de toutes mes nostalgies, j’erre en désolé, comme si je n’avais aucun indice pour me mettre sur la piste des veilles où je défeuilllais mes paniques.

Invasion d’un temps qui pèse dans mon corps, j’ai le sentiment qu’une substance abjecte me détourne de la bienveillance, et que ma sécurité cache une omniprésence de l’ennui.

Quand le ciel s’épaissit, et qu’à la lecture des nuages je devine les invasions de la pluie, je pose mon front contre la vitre, et tel un gisant, je ne pense à rien qui ne soit à égale distance de Dieu et de la mort.

Parfois des heures durant, je contrains ma conscience à s’établir dans un passé immédiat, où toute altérité traduisait l’incessant questionnement sur l’être et sur l’oubli.

Dans la fatigue je suis saisi d’une vigueur abstraite, soustraite au corps et qui multiplie mes soustractions d’âme.

J’ai souvenir que dans mes confusions sentimentales, le corps d’une femme me rendait incurable de mes appréhensions.

Je ne cesse d’avoir peur de ne pouvoir recouvrer tous mes esprits que dans un cimetière.

Aux accents violents d’une gorge qui se noue, j’ai préféré le silence avec ses frémissements, ses tremblements, pour m’absorber de mes profondeurs.

Je me dois de rester dans cette grâce hygiénique commandée par le diktat de l’amour, pour qu’aucun dégoût ne me donne l’avantage d’un individu qui laisse des traces.

Toute lucidité est déterminée par la logique du vu et du su, chacun correspondant à la fièvre introduite dans la séduction.

Le temps me semble parfois être une palpitation de sens filtrés par la fadaise du sentiment.

Quand le corps est conscient qu’il procède tout entier d’une insuffisance temporelle, il ne nous reste plus que nous appliquer à mourir.