Au jour le jour 410

Bien dans sa peau
la puce va à la bouteille
par les temps de labour
c’est une subtilité
c’est lexical
si elle se déshabille
c’est Adam qui rit
avec neuf ans de trop
à sa main fragile
il a un monocle
de la sciure
du déshonneur
qu’il soumettra
à des moujiks sédentaires
plus âgés que la dernière des mariés
celle de l’an mil
moi mes lèvres se sont closes
tard dans la soirée
et si je ne vous parle pas
de la beauté qui va à la beauté
c’est parce qu’elle est
une solde
pour des sicaires
aux cornettes blanches
et qui sont des baleiniers.

En l’an deux mille
j’aurai mille ans
je serai
dans un arrêt de jeu
mon entraîneur
avec son temps additionnel
entrera dans  mes talons
avec  sa douleur vieillissante
les docteurs seront à l’ouest
les autres mourront
de dermatose ou de tuberculose
les mineurs mettront des cagoules
des casquettes sur la tête
et les perles rockeuses
qui iront à la chorégraphie de la vie
feront rire Ali Baba
avec sa cagnotte
avec des sens et ses chansons
avec ses poupées ruineuses
moi je serai vieux
pour me balader
et aller vers
des saloperies d’approche.


Je n’ai pas de belle-mère
pas de famille
je fais des grimaces
outrancières
j’ai écouté les femmes savantes
parler de leur enfance
une que je goûtais
était pleine de friselis dans la bouche
j’ai cherché des tisons d’argent
dans les incendies
parmi les possibles gravats
ces choix de danseurs de claquettes
ces schpountz embarrassés
du jour pointu
et je fis comme un élève
mal élevé
une mauvaise réponse
et de ce repreneur qui se cachait
il se voulut dormeur
alors que je ne l’étais pas.

J’ai dix-neuf pointes en tête
et de ta gibelotte
ma Félicie est enceinte
nourricière répétitive
Ulysse monte à cheval
en monarque
il se cramponne
il salue Pie douze
il est vêtu comme Don Camillo
il danse le tango
conditionné comme des moutards
qui ne sont pas  des apatrides
et montent au  ciel comme du papier kraft
moi pour m’apaiser
j’écoute la meute
qui vit sous mes aisselles
elles ne sont  pas investies
de putridités
comme mes anciennes camarades
de besogne posturière
et ma décadence
ne m’est nullement étrangère
comme cette danseuse du ventre
qui n’ira pas en Bavière…

Celui qui relève le cocu
est en état de comprendre l’ ouvrage
comme un horizon
à la sortie mouvementée
il est prochain
dans un carré de verdure
c’est pourquoi ce tardif
crient toutes ces erreurs
écrit et offre à sa façon
des intoxications
qui viennent d’un pays  gastronomique
aussi rectangulaire
que   la Suisse
c’est là que s’accrochent
les sauterelles paresseuses
qui aiment l’ail et l’oignon
et qui sont aussi autoritaires
qu’une allemande frontalière
qui parle du houblon
comme d’un animal
rayonnant et redoutable.

Je m'entends calfeutrer dans mon livret sacrificiel  les sous-multiples et les passions sidérales, d’une région retenue pour ses exemples d'expiation et d'exaspération ,et je les contiens comme des caractères,  des appels, des échos, qui ne franchiront aucune montagne, par la terre je n'attends pas grand-chose ,ce grand chose aura besoin d'avoir la fierté, l’'allure folle d'une rédemption, c'est une aveugle qui  n'est toujours rien au soupçon secret, et éveillé par la connaissance ,je serai là sur le pas de toutes les décadences, ces vulgarités, ces propositions indécentes qui ne valaient pas la peine de vivre, cela ne peut servir qu'à moi-même de m’ enticher  de ce que je ne suis pas devenu.


 

Ma seule famille c'est moi,  moi avec mon stock d'illusions, des romances,de chansons, d’ indisciplines, lorsque je suis assuré d’assommer en premier lieu  ma lucidité,j'entrevois l'enfer qu'on appelle le savoir et je maudis son sujet, c'est-à-dire moi-même, je vais dans le repentir, je m'échoue, je me contrains au moindre soupçon, je deviens tempétueux, intempestif, limité, incertain, je dirige ma mémoire vers des yeux ,vers des lieux privilégiés ou seule mon immobilité ne fera fuir personne, c'est cela aussi ma nécessité.



Qu'ai je en moi défendu qui ne soit que veilleur, héraut assermenté aux plus hautes clameurs, que cet homme dans le bruit, la lutte et la fureur s'est en lui assombri de tous les tumultes amoureux et qui trompent les doubles décimètres annoncés à l'encontre d'un funeste destin, je sais de toi encore la chevaline adresse et tes longueurs de crawl aux ultimes détresses, tu m'as mis hors de course dans les chiens en arrêt devant les courses folles que tu as orchestrées, pour quelques centimètres qui manquaient à mon cou, tu as mis des distances et le pire des licous, la grandeur n'est pas dans ceux qui ont appui, sur la taille , les membres,le sexe mal appris,et si je devais à ce jour même crever d'autre que moi, je ferais de ma dague ce qui irait à toi, la certaine des distances, des gestes désunis qui n'a su prendre corps en mon esprit instruit à tous ces gestes tendres dont tu m'avais enduit.

Je connais quand on meurt, ce cher serpent jaune à s’arracher le visage, aux yeux de taupe et de chien rougissant, qui a dans le jour les élans d’un maître qui lui jette des pierres immenses qu’il n’ira pas prendre en gueule, mes proies, elles, vont de l’absence d’être à cette source obscure venue d’entre les mers aux chaudes gorges, je voudrais me sauver d’entre les eaux et les mots , lire sans en devenir aveugle, me terrer dans le repaire de tous ces ivrognes qui ont crié le nom d’une île, d’un archipel dans la détresse, et n’en sont pas revenus, tant leur face s’éclaboussaient des deniers quignons du soleil, je veux une paix transparente dans mon souffle, ma respiration, mon regard de faune élargi qui marche dans la boue et boite, et vous, devenue une chair éprouvante, j’aimerais que vous vous perdiez  dans mes sommeils, personne d’autre n’y viendra dormir pour des éternités qui seront sans fond et sans fin…


Telle est une couleuvre qui s’est coulée dans le bronze, lorsqu’une ordonnance fut posée sur l’autel avec ses ciboires pleins de venin, la voici  avec ses vestimenteries plus riches encore que ses fausses lettres de créances, ses ongles sont de porphyre et sa chevelure de soie agrémentée d’un roux épineux, de celui qu’ont les ronces dans des automnes où les fagots radotent et figurent des curés qui se défroquent et pissent contre les chênes. Mon bourdon est le produit de ses vœux, et de ses mots, ceux qui sortent de leurs nœuds orbitaux comme des pierres lancées contre d’infranchissables murailles, là où des vieillards finissants terminent des guerres de cent ans, j’y entends aussi le choc funèbre de sa nature, celle qui consiste à se promettre à d’autres comme on pousse un jeune chevreau au pré, sous la mère, celle qui a gardé l’angélique façon de n’être pas muselée et qui va au loup avec un jacquemart, puis tend à l’air frais son fuselage de bête qu’on écornera, c’est là que je reconnais les façons d’une ancienne aimée qui allait à la mort avec une toux d’étrange graine ramassée dans un puisard…


ils sont  tant amoureux
de leur femme  leur frère leur  sœur
ils font du judo
au tatami de leur enfance
pleins de confiance
dans l’entourage
le cercle
des circuits incertains
une fiche  là où  je pense
c’est vous qui me cherchez
pour mettre le couvert
je ne suis pas une tarte
je suis partout où je suis mal
je  voudrais n’avoir pas de sens
pour décevoir vos enfants
ce que vous faites
est illégitime
je ne pars en guerre
mais ma taille et ma bouche
sont violacées
tout autant que vos engagements
sont caducs
j’ investis un langage
il est vide
j’ai quatre temps et dents de trop.

J’emploierai chaque jour les lettres de ton nom, endormie à mes doigts, tendue en mâture, tu deviens aujourd’hui ma plus belle signature, ta nature m’est plus vive que le son de la diane, et dans la déférence d’un corps qui te retient, je t’écris comme un enfant a de ma cire aux doigts, tu restes intacte comme au premier toucher, et l’ombre mâle qui devenait mon poids diurne et nocturne m’est plus légère que tous ces beaux chagrins, quand les paupières closes me faisaient voir l’odeur plus délicate qu’une terre qui se brise ou qu’on broie…

Rien ne saurait mieux me convaincre de l’existence que le tintamarre que font les toubibs autour de moi, ceux que l’ivresse a placé, disposé en rang étroit, qui ont les yeux d’un public d’hémiones de canassons maigrelets et que la bêtise a rendu besogneux, borgnes, parfois ils gardent becs et ongles pour me fouiller dans la cervelle et en extraire des exhalaisons aux odeurs de bougies éteintes ,restent encore ça et là les aiguilleurs hagards, pernicieux qui veulent me refiler des potions ,des herbes qui schlinguent les foins après l’orage ,avec leurs aimables intentions, leurs commerces centripètes ,j’ai beau eu crier dans leur cabinet que le son du canon donne aux filles des airs de mariées suspendues à leurs scrupules, qu’elles boivent aux noces un vin mauvais qui va mieux aux souteneurs, rien n’y fait aucun ne tint compte de mes propos ,je marche sur le marbre des galeries dépeintes à la chaux vive pour aller voir la mer et ses rubans d’éternité…

Mon chien de malheur est propre, délicat, imputrescible, tout comme le sont mes manières d’apesanteur, cela ne suffit pourtant pas à ce que l’on me considère ou me stupéfie, en d’autres circonstances, celles où l’on me regardait tel un mauvais entendeur qui salue, sonne ,raisonne ,je n’ai cure de pas grand-chose et recherche dans la science l’après des origines, cette levure suspecte qui fait les dogmes et les sentences, mon malheur avec son pelage roux ,sa toux buissonneuse, clandestine ,avait bonne réputation ,aujourd’hui j’avise une saloperie de malheur, plus pesante, vieille d’au moins quarante piges ,méfiante tel un Empédocle sur le chemin du salut, de me porter à vue, de me voussoyer, de me tenir tête ,de me déséquilibrer ,de me tirer à elle avec une douceur mâle et infinie ,afin que je me soumette au sommeil et à toutes ses nervures…