Au jour le jour 403

Idoine est un poisson unique du genre verbacé, il privilégie les proies  descendantes, celles qui ont découvert la lune toute en dents de scie, et qui pour aller aux vergers tropicaux  se vêtent telles des infantes, comme le font les sirènes aveugles au ventre de poitrinaire, la vacance des rencontres molles ne sied pas aux filles qui vont danser au bal populaire, cette façon commode de simplifier leurs jours les ramène vers des conques  inoccupées, il arrive que dans le tragique d'un homme, ces mêmes se fendent d'un troisième grade sur l'échelle tendancieuse qui a les propriétés d’une  corde ; d'autres fois encore surmontées d'un éclair de feutre elles posent pour des peintres secondaires qui prennent en pleine tronche leur superbe nudité, pour en faire des coupons qui iront au secteur mobile, prévenus de l'incandescence de la nuit irrésistible qui s'est échappée d'une geôle pour laisser la place à une croix sur une tombe.


J’ai souvent écrit pour une femme qui jamais ne m’écrivit,elle était toujours au bord de l'étourdissement,se relevait souvent la nuit pour allumer une cigarette, j'entendais son pas qui  la menait de la cuisine au salon,du salon au couloir,  ça pouvait prendre cinq minutes comme une heure, le matin il y avait des cendres un peu  partout, cette femme que j'aimais intensément ,rarement ramenait son corps contre le mien, certes elle m’aimait, mais avait elle  gardé en elle  les souvenirs de nos premières  étreintes, de nos premiers baisers, de nos petites coucheries, peu à peu me vint de la douleur , je me tus, je ne voulais pas la désigner coupable de quoi que ce soit, puis il y eut davantage de distance et de silence, je pris au retour d'un petit séjour sur les bords de la Loire la décision de la quitter, c'est ce que je fis, elle est toujours présente comme une arme tranchante.

La pluie pose ses mains instinctives aux lèvres d'abandon, sur toutes les bienséances des bouches ignorée, absentes aux porches qui les vit paître, aux torches  qui sont les nôtres, et Magritte à son point  le plus haut porte une écharde au cou qui n'est pas pipé mais d'un blasphème mercantile, et la gente qui s’allège en  courbettes va aux canailles de la conspiration, celle d'après boire quand les mariés pour de fausses joies,d’étincelantes allégresses feintes saignent à la lumière d’une immense habitude,  dans leur extrême nudité faite de conciliabules, d'arc-en-ciel et de bilboquets, à ceci il faut ajouter un Christ qui pleure, pâle sur une croix défensive et qui ne part pas vers le très haut,un  mendiant quémandant une piécette, et du divin situé au plus lointain des lointains trois coups sont tirés, le premier pour avoir une cabine confortable,le deuxième pour voir baver les sentinelles, le troisième pour arracher les jambes d’un roi qui nous mentit.

Avec ma roture, mes grelots, mon unité surmontée d’une tonnelle, si le ciel était un sabre, il serait tombé sur moi, à l’argile, au sable, à la glaise qui donnent des fifrelins aux rats, tu te dérobes, un vieux dialecte entre les dents, à tant t’avoir voulue, je n’ai plus été que pauvre avec une bavette autour du cou, mon écriture mon babil, vous ne parierez pas longtemps sur eux, pour corriger ma cinquantaine, j’ai fait d’un immémorial triomphe un rythme que vous n’élargirez pas, hélas il vous faut des formules et des formulaires, ceux des hommes qui vous aspirerons, je ne suis pas de ceux là, aussi je reste plein d’écumes et de contrefaçons, je suis un accident de parcours avec des parités..

Je ne suis pas là pour moi, pas davantage pour les autres, ma démission n’est pas celle d’un vainqueur qui a pris le temps de gouverner, je suis d’un peuple qui s’est arraché la langue pour un travail de haute tessiture, une fatigue transversale, vainement j’ai distribué des mots et des bouquets d’ombre, ça m’a valu des railleries, je n’ai pas fait ni ne ferai tourner le monde, je mets toujours les couverts à leur juste place, les sonneries qui m’alertent sont des dianes aux sons furtifs et doux, dans mes bras puissants vous vous êtes serrée, tout l’art du monde était à cette mesure, je ne descends pas souffrir en altitude, j’ai fait œuvre de plaisir et de vie, mon panorama a le visage nonchalant d’une femme que le destin n’a pas trompé.

C'est ailleurs après les  cataclysmes de la chair qui ont été de vrais marasmes, qu'il faut se disposer à de moindres saloperies, fatalismes ,faux espoirs, honneurs déchus , déceptions ,captivités, là où quelqu'un nous chatouille un autre nous fait des bleus, alors, malaisés ou non, prenons à nos bras ce qui est le moins lourd, le moins encombrant ,je tiens cela d'un aïeul ,à base de vie et d'adresse qui disait que l'euphorie d'être peut venir d'une angine de poitrine, autant que d'une fille qui nous met dans ses fadaises .Où que je situe ma vie, viennent toujours à m'encombrer mes notes et mes mots, ceux que j'ai ramenés d'entre les jeûnets et les morts, je ne garde pas tout ceci pour désespérant, entre le faux rire d'un qui n'est victime de rien et celui qui l'est d'un peu plus, je dis simplement que je vais en petite chapelle prier insolemment.



J'ai déjà entendu qu'on pouvait fouiller dans une âme considérable qui ne fait pas sa chochotte, qui n'enlève pas son enfant malade à un lit d'hôpital, qui n'étouffe pas ses harmonieuses notes, pour cela ,il suffit de laisser sa nature apparaître avec ses entrelacs, ses marées, ses rivières, ses sorbets d'eau courante sur le feutre des prairies, mais je prends garde à tous ces pièges, à ceux de ces rats avec une queue de vilebrequin, ils en disent de ces calembredaines, ils sont d'une humanité basse et affligeante qui ne se rase qu'une fois par semaine et dort avec tout ce qu'elle a oppressé une journée entière quand elle est allée aux mœurs légères. Moi ,bien observé, je suis un semainier malingre, cinq tiroirs, deux manquent, un saurien sur l'arbre aux ronces dentelées comme des encoignures, je tiens aussi de la camisole et du maquisard, la première pour sa forme, le second pour ses hauts faits, j’ai tant de hasardeux ,de nécessité ,de bravache à revendre que je n'apprécie aucune question quant à ces sujets, je ne veux pas davantage qu'on s'enquiert de mes plantes carnivores, de mes pentes inclinées, suspendues au dessus du vide, je veux qu'il en soit ainsi...

Quand les serpents hasardeux s’amalgament aux miroirs, ils ne sont pas mis en vedette, mais chantent dans des cuisines aux bas plafonds des airs de camomille et de limonade dans un temps où il fait moins de zéro degré plantigrade, ils ont des têtes de froide céréale et leur vue vaut huit points sur le dé du hasard, cette mollesse qui est la leur quand ils veulent se détendre vaut par leur égale propension à vouloir disparaître sans imbroglio sous nos couvertures, aussi celui qui cherche à faire des rencontres d’âmes n’a pas un prénom qui porte bonheur et qui s’écrit sans qu’on l’orthographie proprement, ce dernier a également des graminées dans la bouche ce qui le fait passer pour un funambule épris d’une batracienne, à voir les façons approfondies qu’il a pour se rendre au bal des intérimaires on se demande si cette manœuvre n’est pas un retournement avec son coté sombre et impair, la suite est une implication de bêtes bavardes au milieu d’un cénacle employé à faire de alliances avec l’Histoire.

La joie remuante et saisissante ne nous vint plus, les heures semoncières et de remue tête semblèrent une éternité mélancolique et sans fortune. A poursuivre l’image qu’on a de soi, à sans cesse vouloir la prolonger, ma présence ne fut plus qu’une pensée indiscrète et vague, un peu comme une raison obligatoire qui a pour devoir de dévorer les faux ciels, entre autres celui de par dessus notre couche. L’amour est le bloc de deux chairs, de deux êtres qui procèdent d’un bleu roi, de l’étincelle, de la merveille du découvrir, ceci nous l’oubliâmes, nos chansons mêmes étaient d’un deuil apparent et pourtant sans fondement réel, j’ai laissé mon âme dans une demeure par top silencieuse, vous vouliez mon cerveau plus charpenté, plus ouvert, comme celui d’un vampire contemporain et qui parle, je n’en était pas là.

Les signes aigus de naissance nous les observons brûlés par les beuveries ,ici  se perçoivent toutes les limites de notre corps ,on n'a  grand-chose  pour les  leur balancer, pour  balayer la cervelle les paysages étouffants, les forêts où mangent des bêtes pourrissantes, les maisons où les hivers furent froids, les amis certifiant ces compagnies, on a beau croire que c'est un moment particulier ,il n'en est rien ,car même en dehors de nos soulographies,nous sommes sots. À proprement parler je suis gaucher, je parle mal de naissance ,la haute mer les hautes rives et les sourires c'est t pour les autres ,moi je rêve d'un pôle aux  effrois de fontaine gelées, où les grands vaisseaux  ne viennent qu' une fois l'an ,le monde a bien changé,  moi je me suis chargé de petites affaires jusqu'en enseignement pour n'avoir pas entré dans la vie, que ça m'est resté dans ma nature, dans celle de me taire, le long cours de l'existence je le loue à ceux qui s’essuient les mains en tablier ou sur le linge des églises, si j'ai laissé des trace, ce  ne sont que des traces de sang dans les laboratoires, je ne suis pas désespéré ,je crois pas au paradis, je ne crois pas en  l'enfer ,il est abrupt ,il est déjà ici ,puisque j'y vis ,j'y  vis comme vous qui fermez les yeux sur les êtres captifs et capturés par sales existences.

Nous visons d'obscurs défilés où nous portons des gants noirs, un costume étroit, des maladies, mais aucun secret n'est gardé utilisé pour nous  singulariser, il n'appartient ici de dire que je sais cela de mon grand-père qui me révélait que toutes les images, que tous les corps ont des concordances avec ce que nous taisons ou montrons selon qu'on soit dans la merveille dans le mensonge.Celui qui n'a jamais pleuré en lui-même ,je lui crache à la face, il peut partir, quitter sa femme et ses toiles ,jeter ses peluches au feu ,je m'en fous ,s'il respire j'aimerais qu'il  s’éteigne, il me ment, et son mensonge va du poignet au cœur, comme un couteau sur  d’anciennes blessures , je le sais, que ne s'est-il  jeté d’un pont ,mis la corde au cou que, n'a-t-il éteint la lampe ,uriné sur ses vieilles espérances, pourquoi est-il si léger à l'heure où il faudrait être grave ,celui-là n'est pas mon frère ,est un incurable avec des muscles de boxeur ,qui bien qu'il soit sonné dès le deuxième round se relève ,respire à pleins poumons et repart à la frappe, moi je serais resté couché sur le tapis ,jaune de mort le corset parfait  serré contre moi,  sitôt que  je me serais relevé, j’aurais pris  ma valise et je serais allé dans la montagne ,vers la mer ,là où on peut jeter ses meurtrissures dans la terre ou dans le vent.

Les chiens mettent leurs museaux contre les  éteignoirs ça brûle, ça crame, mais les chiens ça résiste, ça n'a pas d'angoisse, n'a pas de crainte ,ou alors  des craintes  sans cri, j'aimerais être un chien absent de moi ,mais sans collier ,sans maître, avec des culs  à renifler, c'est le bon côté des choses que le détachement ,les routes sont ouvertes, les places publiques, on y respire, on n'y va quand on veut sans  recommandation,   peu vous fout un coup de pied dans les reins, ça a du bon d'être chien, j’aurais pur lécher les babines ,traîner dans la rue mes maîtresses, dans les jardins ,j'aurais pu sentir l'air ,montrer mon ignoble sexe à tous les  passants, je n'en ai rien fait, je rue, je tonitrue, je reste dans ma peau d'homme ,dans ma chair contaminée,  je n'ai pas d'abri ,civil à côté de la plaque je ne suis là pour personne ,je suis absent, indécis ,les murs ,les portes les fenêtres me regardent, je vais faire du feu dans la cheminée et rêver de mâtins qui ne mordent pas…

Les rires ne sont agréables lorsqu’ils sont autorisés par de petites claques que l’on met en couche de façon groupée et qui apparaissent soudain comme des vagabonds  qui ont accueilli une bonne  nouvelle sur le sein d’une femme âgée qui vit dans un appartement luxueux où elle  peut  utiliser comme paillasson un quadragénaire activement nerveux, et oublier qu’il est un conservateur  musical qui veut faire figure de grand conseiller en maroquinerie et cibler ceux qui avaient la force d’une nature exempte de danger, c’est ainsi qu’elle a placé dans des marchés parallèles et en tous lieux où les vieux finissaient avec une couverture de survie sur les épaules des requins de villégiature en leur redimensionnant  ses couronnes allemandes, elle était pour l’embranchement des grands chênes qui s’accrochaient au zèle d’un ange que rien n’élevait vers le ciel, puis  dévalisait avec des démêlés  extrêmes  son père ou  ses amis à la taille normale.



En période de doute, d’autonomie, de gloutonnerie, de rien, les petits de l’histoire se régulent dans  le haut  vol des voies  et des grands axes ainsi qu’aux arcs  qu’il faut contourner en allant d’une pièce à d’autres, ou bien sous la table où l’on voit des belles ceintures qui seront des unités de temps. On avait décidé de distinguer les chanceux par les fines herbes qu’ils ont dans leurs poches et plutôt que de les  gêner l’après-midi, de leur donner une application de mesures et de les mettre  au barrage qu’ils fréquentent. Je m’en  veux de devenir moins espiègle, à  ces puissances, à ce tic suivi, ce cap, et qui seront aussi funèbres  que les multiples lanternes rouges qui m’éclairaient jusqu’au matin avec un képi et une double règle sur la tête, puis quittaient  la terrasse où je faisais figure d’éclair pour aller dans des géométries aux proportions d’un plus d’un mal accompagné qu’un moribond, le reste reste ce qu’il est, et tout se rend incompatible autour de moi.

Les grands serpents au hasard de leurs amalgames ne  conçoivent pas  la présence des vedettes au degré zéro de leur bilan et de leur virulence, on leur défend de goûter aux céréales, aux ultraviolets, à lame intacte des bêtes. De façon bien dite, les garanties des imbéciles ont un côté sombre, que de riches infirmières rendent   accessoires pour  d’alertes amours, ici à la manière d’un nageur de crawl et de  papillon sans pataugas, je peux dire que toutes les matières d’alliance sont d’inutiles agréments distendus par  des erreurs d’étranglement, je m’agite en manœuvre autour de cette idée que des personnes qui ne sont pas les plus démentielles ne sont pas une protection rapprochée et que ceci reste défendable.

Le fait d’entrer et de sortir des surprises d’une fille que l’on veut épouser est un ancien jeu pratiqué par ceux qui aspirent à des interjections bruyantes. En termes de comparaison, le bureau d’un notaire n’est pas plus désaccordé que le cabinet d’un médecin assermenté, qui le temps d’une révolution hausse le ton pour donner le change, voilà donc le désaccord, une indignation d’esprit d’antan, abattement de toujours, salle de jeux pour les produits de brasserie de ceux qui augmentent la libido et nos liens grammaticaux, comment résister à cet ensemble qui cherche son bout par là où il n’est  pas, par la danse, ce déterminisme inconcevable. Dans ces parages j’exerce mon métier de conducteur de troupeaux, de constructeur de clarinettes qui feront se noyer les rats et de ma cellule, j’observerai cette  autre option de  pianiste qui écoute les bêtes approfondies.

Les prises que l’on partage s’immobilise dans un isolement de poupée impersonnelle, cette expérience professionnelle répétée mille fois  fait d’ailleurs pousser des poils  un peu partout à des jeunes filles impubères sans leur porter préjudice ni au visage ni au torse. Par  petits groupes  ceux que l’on a mis au rebut tressent des cordages qu’il lance à des adipeux  riverains diplômés de sciences absconses pour qu’ils puissent plus aisément traverser les gués boueux, il y a là aussi ceux qui ont abrégé leur ascension, et des bateaux pour les personnes âgées qui vont aller se dégrader  collectivement dans les errances entre les doigts bibliques des saloperies d’anges voyageurs de leur état, et des avancées qu’aucun navigateur n’aurait commises sur des mers libres. La jeunesse se doit de garder ses armes pour d’artificiels  paradis, cette escale plus savante, puis par revenir  à ses mois de sonneries.