Au jour le jour 396

Terminer sa carrière sur une promesse d'achat, une trésorerie d’étoiles, un Kleenex ouvragé, assurément la vie a du bon et des  fonds, si on y réfléchit sans inspirer ,sans aspérité, on perd  pied, on s’éparpille,on étouffe, on est lascif, médiocre, on boit des jus passés de mode, on s'imprime sur le corps son image de salaud qu'on regrettera, on va à des rendez-vous, aux lisières rencontrer des bêtes dans leurs saloperies de remugles, en robe de prêtre et qui prêchent avec une flûte en bouche, ça n'est pas vital mais ça évite le surmenage, alors on s’ introduit dans un petit écran  ou sur une toile d'un mètre carré, on y pose en  gentilhomme, ça fait un portrait charmant que regarderont ceux qui sont défraîchis à leur extrême limite, puis vient un bain d’huile et on y plonge.


Ennuyeuses et barbantes sont les négations répétées, un peu comme ces plantes médicinales qu’on se plaque sur la peau pour aller à la saint-glinglin, le centre névralgique des années sous bonne garde, ceux qui ont un statut et un bec pointu sont excitables, ils dorment sur des courts couverts à l’abri de la lèpre, et ne lâchent aucun morceau à l'homme essoufflé qui a la peau trouée, d'autres font des œuvres sur des planches étanches qui ont été griffées par des chats, d'autres encore sont des personnages de western dont le rôle est de punir  ceux qui ne sont pas bienveillants, quoique équivoque, tout ceci me revient à dire que nombreux sont dans la furie de vivre avec des appareils urinaires contrefaits dans des ateliers clandestins, quant à moi qui pisse-froid et  dru, je suis sur un fil tendu , mais encore tenace.


Certains se fondent dans le décor nourris d'admiration et d'affection pour des filles qui les regardent avec satisfaction, moi qui prie, qui ris pour pas grand-chose, je suis influencé par les expositions,les expéditions, la maladies des neurones, végétatif, en production d’infraîcheur, je cherche un retour enfantin, quelque façon de scintiller devant une image sainte, mais rien ne me vient, sinon par tranches fines d’avens et de gouffres, aussi j'attends dans les fixités de l’oraison d'avoir un de ces points communs avec l’homme, et comme il ne vient rien , je me donne un nouveau nom qu'on dénature sitôt qu'on le prononce, puis je joue au troubadour pour  une belle qui m'enseigna les ficelles d'un métier qu'elle fit autrefois, celui de laisser des plumes aux oiseleurs enchantés par leur esprit.

Dans l’attente, ce travail aux expressions d’un visage envahi de honte, je tiens dans le poids d’une vie passée à deux sans en avoir dévidé le sens ; cette attente d’une main maladroite et souffrée ,elle est encore là aujourd’hui, et nulle autre manière d’interroger l’absente ne me vient, que de tailler des phrases, leurs parts de brouilleuse transparence.

Ici, au bord de ces sorties de routes et de vie, celles que j’ai longées les soirs où l’alcool m’avait amoindri ,me viennent encore ses regards, ses prodiges ,ses continuelles justesses et justices.Je n’ai pas prétendu autrement, que ceci, je suis un homme en modification, en cours de rattrapage, modulaire ; mes contradictions de trop de nombres, de trop de mots ne lui ont rien appris, si ce n’est ma prétention à grandir, mais que celle-ci n’est plus dans son espèce, n’est plus dans ses espaces.

Quand on ne sait durer

Dans sa chambre défaite

Il nous faut regarder

Par la fenêtre ouverte

Voir les arbres couchés

Par un vent de passage

Et les larmes couler

Au plus haut des parages

Il nous faut des douleurs

Ecarter les colères

Poser son front ridé

Sur le carreau humide

Sur ce tableau tenace

Tous nos restes d’enfance

Du ciel échevelé

Nos belles arrogances

Puis revenir intact

Vers l’obscur salon

Prendre le livre clos

De toutes nos saisons

Comme un faiseur d’orages

Dans l’été qui se tend

Blondi par des foyers

De pelures et d’ornières.


Sur l'émoi, la force vive des saisons mortes , tes étoiles filantes de trop de fréquences ne sont plus des nocturnes routes décrites par d'improbables maîtresses de faits et d'écume, les centimètres sont pour toi une puissance glorieuse qui fonde sa loi privée sur tes ressemblances et stabilités, quel que soit ce que produit la distance et ton dessein qui passent par les lieux plus malsains, le soir m'est une étude vers l'assise avec ses lances avisées par l'esprit naturel qui prend la forme d'un fragment, le crédit de l'homme que je suis, de celui qui est dans mon complément, et je trouve dans chacun de tes témoignages une étrangère en trop de poids et de parfums trop âcres qui ne peuvent plus m'attendrir dans mes incorruptibles rapprochements avec les avis des mortes.

Au plus haut d'exister il n'y a plus d'enseignement, et l'ardente entrée dans les mots et le texte est un champ d'offense aux nouvelles d'un monde d'impertinence, moi qui suis dans les points suspension et dans les pattes d'une chienne aveugle , je n' avance plus que vers les adages du ciel nocturne et je dis qu'il faut de la mesure pour se mettre derrière un castelet pour y jouer un mafieux somnolant dans un millénaire passé à jouir de sa jeunesse et de ses jolietteries, et cette autre qui gravit dans un escalier qui mène à mon appartement est-elle une nouvelle fraude, une mal attentionnée, une prêtresse qui cherche un ancien contact à mon célibat, suis-je le détenteur de vieilles palabres qui se repose sur un canapé inconfortable, ma chère dominicaine ,ma monstrueuse si terrible qui ne m'entend pas, reste forte des nappes de tes nuits et de n'avoir pas voulu de mes frondaisons.

Et comme je parlais sous les soleil démis

tous mes enseignement été mal accueillis

le souffle de chiens assis était frais et commun

pour rompre ma misère aux naissances d'essaims

les gitans aux ouvrages d'orange et de rosaire

serraient à leur ceinture un oignon en maillard

et augmentaient le ciel à grands coups de guitares

s'agitant aux cités sous les ponts à revers

ils ajoutaient encore à leurs oboles sages

les feuilles incendiaires au petit démarrage

moi je te composai à mon crâne ballotté

comme un azur plaisant inerte inachevé

sauvegardé ainsi dans l'épaisseur qui tombe

comme un bruit d' homme clair en ses troubles sérieux

je pensais que le soir au beau milieu des tombes

que la vie vaut la vie au centre à mille lieues.

C'est à devenir fou que de représenter le rite d'un moi souverain dans l'attraction universelle qui se consulte sur les places consumées où l'acclamation des lampes aux narines ouvertes se fait dans le hourra des toitures qui s'écroulent sous les balles du soir, dans les belles réunions, moi, maître chanteur, debout devant ce qui n'est plus ,je reviens vers celle qui me désavoua avec un glaive à la main et le sein gauche radical à la démesure du contre-pied, je voyais à la hauteur d'une lampe éteinte son accord subalterne avili au palais qui porte son nom, et les statues en rondes bosses gardaient adroitement ma crainte et mon mal immense, cette essence contre l'impossible impassibilité et la patience du nom que je porte, celui de l'inquiétude

Et si le noir dessein d’exister davantage chacun cherche sa voie pour sortir d'un naufrage, les mots sont des bavoirs sur lesquels on dégueule nos faux arrangements, ignobles de notre race à nos rassemblements, je conchie l'amitié et l'amour faites de tant de blasphèmes, d'ambitions et de pats, saloperies extrêmes qui m 'ont tant engoncé dans l'abjecte droiture de croire que tout cela devait, maîtresses, amantes, mes pédérastes, je vous bannis de mon enfer, de tous mes inconforts, ceci est une requête, un présent réconfort, et celui, celle là qui m'embrassa au plus bas de mon ventre , je lui dis assassin tu es dans une vitrine.

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