Au jour le jour 369


Et l’homme en devenir
Devint ce qu’il advint
Dans le sombre avenir
D’un nouvel incertain
Un sédiment cruel
D’hypothétiques cases
Aux serments virtuels
Comme en une anabase
Et le premier baiser
D’un Judas de torpeur
Le fit s’empénétrer
Dans l’extrême lourdeur
De ceux qui sans essor
Dissimulent en aveugle
Leurs éblouissements
Et leurs flottilles d’astres
Moi qui d’heures en tubulures
Vais en biais au relief
Je sais cette tessiture
Comme du grésil en sève
Et ne demande rien
Aux funestes risées
Si ce n’est ce faux rire
De miracle assuré… 


Elle donnait de l’herbe à mâchouiller aux chevaux au point le plus bas du jour ,dans l’air approximatif d’un lent désir  noué au vertige que la vie prononce par ses présences microbiennes , moi je la regardais tel un enfant receleur qui a piaffé de son premier forfait,  misérablement séduit par son visage ,sa poitrine,  ses longues jambes aux échelons de soie,  comme l’automne était encore à son mitan,  il faisait   de la douceur , et toute douceur  était sienne, combien j’ai aimé être la soupape de sa volonté endormie , la conception même de ce de  quoi il faut de se méfier, et combien le monde avait de sommets arrondis  lorsque je m’ endormais serré contre elle et ses vastes hanches…

Les larmes sont les variations de ces vieilles cloches prisonnières où le vide fait l’aumône serré contre des rubans de rubis, l’eau va toujours à la boutonnière de nos saisons sévères, et les enfants que nous avons élevés iront dans l’esclavagisme indolore d’un maître  à la douce moustache, les pieds contre le mur nous cherchons à atteindre le sourire de celle qui se souciait de nos vêtements préparés à la raison, sa nourriture était spirituelle et nous l’aimions à ce vent léger, aux rides tels des rébus, nous nous souvenions alors des chansons suaves ,savoureuses , que chantaient nos mères et qui étaient comme  ces fruits délicieux que l’on retrouve sous le sapin et venus d’un lointain où le soleil est à son unique présence.

Quelque existence que nous ayons menée elle a été faite sur les détritus, les déchets,  la fiente et les débris,  nos  propres muscles  crachent d’aigres odeurs d’acide et d’humidité, moi qui ne supportais pas cette part d’imperceptibles cœurs,  j’ai de l’amertume, du ressentiment que vais  jeter contre le sens du temps pour essayer d’atermoyer  ceux qui dorment déjà sous le marbre. La science est devenue une mendiante, brise des têtes à la chaîne puis est ramenée vers des malades qui la nourriront, faisant corps et pour toujours dans la glaciation de ce bruit qui est celui de nos naissances primales, petits nous sommes dans ce monde, tous démentis aux premiers braillements auxquels nous ne couperons jamais plus, ni pour servir ni pour desservir avec des cristaux et des plateaux d’argent.

La patine des berges amaigries, enneigées , embourbe le chasseur avec son fier outil, et la rage du mort est fixée sur chaque voyageur vagissant dans la crypte immonde d’un lieu embryonnaire aux lèvres où le crépuscule se pelotonne  avec ses courbes premières, nous signons des faux témoignage et qui vont à  la rétive respiration de ceux qui ne se tuent pas pour une  prime, l’alliance avec le secours ne se fera dans le jour mais dans la lumière rugissante d’une terreur souterraine, celle de nos propres entrailles, nous entrerons dans l’enfer avec les pieds noués, recousus  en de maints endroits, et nos maudites chastetés, voici comment on ne commet plus que des  mugissements et des alliances ensanglantés, qui sont les adieux d’une bête exemplaire qui s’est enivrée avec le berger et ses insectes de la taille des ouailles idéologiques…


La vie a coupé l’histoire en deux, d’un côté la défaite, de l’autre le  triomphe, l’entre-deux n’est qu’une fraude de plus.


Je voudrais que n’ayant rien à vivre de ce que je vis , que mon corps tout entier soit dans le danger le mieux perçu, la mort.


Je me suis rangé de ce réel qui ne m’arrangeait pas,  quelle présomption que d’être en retrait, où en quarantaine, quand on aime le monde fut ce dans l’imitation ou  l’irritation.


Quel que soit le sujet que j’aborde, je l’aborde mal, mais le mal est fait, reste la respiration que je ne commets  que  dans du déraisonnable sans vouloir l’être.


Restez immobile, vous serez fécond.


Ramassons aux tentatives de vivre la colère  que le vent  rapporte jusqu’à nos  rages, ces  petites princesses communes aux  lunettes abruptes comme un  cœur lunaire, allons à la perte pour crever légers, consumons nous aux bras du silence  qui a publié ses bans, soyons  de toutes les sorties pour agir d’une  unique façon, avec un pinceau et le bon  placement des chaises pour ces salauds de convives pris dans la peine irritante, insultons l’amour  qui déroule du sentiment comme on se tape une fausse note, on  verra par la suite ce qu’il en est des joueurs  affectés,  par la fenêtre regardons celui qui se défenestrera , il a déjà tant poussé de poupées à tous les fruits et sucs du suicide, qu’il ne connaîtra pas la fin du style propre à la volonté de la comédie, et toi tu seras un enfant, tu serreras le tien   contre ta poitrine en lui disant « TU ».

Pour rendre le monde dans le somme  assermenté par les besognes du batteur,  vois si la mort existe à titre d’essai, puis puise dans la celle-ci la seule force qui te  porte à te frotter contre tous les vents, contre les missels , les dictionnaires  pour en extraire le suc de la connaissance due, celle qui nous met dans des céphalées et de  fragiles attention, méfiez-vous de celui qui parle bas, c’est un maître indigeste , sa clope c’est son salut, comme les aréoles de  ces jeunes filles nubiles qui  posent ,  qui entaillent des glaïeuls pour des compétitions allant du  caveau à la crypte, il n’est  pourtant bien ici que notre passé se  plaque contre le mur ou une vitre reproduits pour le crépuscule , c’est aussi de partir vers  la glaciale chevauchée que d’apprendre à trancher toute une vie .

Sur l’écriteau,  ton dernier saignement est arraisonné  dans les angles de la vie à la verticale,  aide la  pour t’accroître en effets contraires, localise le  figuier , le dattier, toutes les informations qui te rendent à la faculté de traverser le désert ,de ta bouche députe les mots en les lisant dans  le sens des voiles anciennes qui  ont été mises au propre, ici encore aies  des idées caps , de  corps de  dernier occupant jeté au passage de sur  démenti de ses  compagnes, de ses  envolées  pourtant sans  effet,  il y a dans l’air des bêtes sauvages, et l’on respire mal.