Au jour le jour 368


Restez toujours neutre, c’est ainsi qu’on peut le mieux haïr.


On se laisse aller à  l’oubli par le cerveau qui en  rappelle à tout faire disparaître, et s’il reste quelque chose, ce quelque chose est  spectral et schlingue…


On ne peut se déchoir  par l’écriture que si l’on cherche à s’en défaire, pour mieux  l’exaspérer en y pensant dans la tristesse.


Méfiez-vous de ceux qui n’ont pas été flattés, ils se vengeront en le faisant à votre encontre...


La vie défile, on l’amoindrit ou l’exagère, selon qu’on soit de face ou derrière elle.


L’homme est par excellence d’une réalité empruntée à la faune et à  la flore.


Dans la profusion des idées,  il y en  a toujours une   de trop, cela s’appelle un caprice.


J’aurais renoncé  à tout,  mais en balbutiant.


La santé lorsque j’y songe m’a désintégré le cerveau, mes nouveaux  triomphes sont  dans les herbes, les cachets et les potions.


Tous  mes jours sont des inaccomplissements.

Prendre une revanche sur la vie en  se détachant, certes, mais de qui, mais de quoi ?


Je commence mes journées avec du café et des cigarettes, je les termine avec un cigare et du whisky.


Advienne ce qui déjà pourrit en nous, et prend la forme de ce corps qui exhale  d’aberrantes pestilences.


La seule façon enviable de vivre et de rester couché sa vie durant dans un suaire et de s’y envelopper.


M’apparaît comme sérieux tout ce qui a une finalité dont je me repends  aussitôt.


La musique est une ostensible  pulsation  des canaux de notre  âme qui nous pénètre pour nous faire comprendre ce que nous devons  lire comme des  éclaircies.


J’écris à la manière d’un mitrailleur qui s’est saisi d’une kalachnikov,   et qui ne sait où partent les balles.


Cet n’est pas le dégout des  autres qui m’a conduit à d’insupportables défenses,  à toutes les dépressions, c’est de  passer à côté d’eux.


Toute idée qui arrive par surprise est une idée sur laquelle je médite, vient-elle de mon cerveau, de mon impossibilité à juger quoique ce soit, ou des deux, si tel est le cas, quelle présomption que celle de vouloir l’éclaircir.


Tant  m’a tendu la main pour la  retirer immédiatement, dois-je le  remercier, ou le calomnier, ou les deux, je l’ignore, et de cette ignorance viennent nombre de mes griefs et de mes refus.


Je ne crois au bonheur que s’il me saisit par là où ça fait le plus mal.


Ce qu’il faut d’impatience pour crever au plus tôt, ce qu’il faut de patience pour crever au plus loin.


Il m’est impossible de m’interroger sur l’homme plus de cinq minutes, après je pleure où je vomis.


Je suis inconsolable de toutes ces amours que j’ai ratées, et qui traduisent toutes que  je ne suis vivant que pour être tout seul et inopérant.


J’ai souvent écrit  des lettres que je n’ai pas signées, mon écriture est reconnaissable parmi des milliers, moi pas.
J’aimerais entrer de plain-pied dans un amour immérité et y voir où est ma place.

Nuit aux poumons de la terre
ma tête et contre ta poitrine
l’hiver porte tes yeux
la chambre est forestière
on  y entend le daim
la hase et  le renard
ton nom tant prononcé
au limonaire de notre vie
tu es toute en  longueur
comme un fil absolu
tenduE dans un labyrinthe
je te regarde
germer dans un demi-sommeil
et j’ai déjà peur
du lendemain
quand le silence
l’absence me gagneront
et quand tu partiras
après ne être pas
enroulée à mon cou.


On n’en finira jamais de crever salement.


Quand on passe à côté du sommeil des nuits durant, on se doit de consulter, oui, mais qui ?


La première des actions de l’homme  est de tuer, après, longtemps seulement après, ce salaud est appelé à disparaître.


La vacuité de l’existence, il pour la ranger au nombre de ces années-là ont où on a cru vivre quelque chose  de beau et qui n’était qu’une illusion de plus.


J’entre dans le sommeil pour disparaître, j’e, ressors pour disparaître tout autant.

Sur les vastes  saisons de la soif et de la faim d’être dans votre amour, j’établis un raisonnable domaine où je suis un roi, un franc-tireur, et l’heure qui a d’autres puissances garde son droit d’aînesse, comme je hèlerai cet homme qui se noie, et à qui je ne porterai pas secours, je deviendrai taiseux, terreux et pauvre, mais personne ne me demandera de quitter la ville, mon âme ne sera plus qu’un hostile territoire, harassé de pics exsangues où pendouille la tête des vaincus, je ferai fi de tous les hommes avec leurs augures et leurs présages, je serai  à la sécheresse surprenante dans le but de me supprimer, la corde qui m’attend est faite dans le tissu de la robe de  cette femme blonde avec ses bandes d’ocres couleurs, je vais dormir dans ma langue natale.

Dans le capharnaüm  des idées, il y a toujours un cancrelat boulimique et qu’on ne peut tuer.


Je voudrais que faisant le moins de mouvements possible mon corps tout entier se fige dans la rigueur de l’impassibilité.


Être est utile dès lors qu’on commence à y renoncer.


J’appartiens à un peuple de fraudeurs et de menteurS qui pourrait vous  croire que la science et Dieu sont en bisbille.

Plus on veut vivre loin des hommes, plus on s’aperçoit d’entrée qu’on a fixé son choix sur le suicide.


Être né dans un pulvérisateur.

Les épreuves granitiques se font  dans les roulis d’ombres ,ce qui poudroie au désir est à  la place qui nous crispe jusqu’à la grogne qui va à la lente gorgone avec ses formes lentes, et dans sa traîne s’allongent les pas de ses filles qui prirent par la main des enfants redoutables, les épaves des années de dépendance sont dans de sinistres eaux, et le grand amour des feux et des dieux nous pourrissent d’adultères, plus personne ne participe à la  crainte de l’homme saint avec ses incertaines mesures,  comme je  passe à côté de moi et sans vouloir comploter, voilà que des prières me mettent en manière de rejoindre le ciel borgne et d’appuyer sur les étoiles, qui décroissent comme autant de flammes qui ont été arrachées aux yeux de la terre.


Et dans l’approximation des preuves intentionnelles, il  le phénomène infâme qui  va à la connaissance de toutes les libertés qui  ont brevetéEs de la droite sur le corps capitulant du monde, il est des parties de la vie qui disparaissent par la main de celui qui  nous la montre, arrachés à la sourdine des lumières muettes nous marchons sur  une scène froide et austère,  la mort est toute-puissante, mais ça ,  c’est du côté des ensablements,  c’est pourquoi nous n’allons plus à la grève, nous allons vers  celles qui sont dans la fragilité de vivre sans en avoir préparé le secret, dans le datage  d’une parenté perdue dès nos naissances,  voilà que nous refusons de  prendre le progrès là où il se trouve, là où tout est refusé.