Au jour le jour 364

Ici les machines de bureau
ont des  moumoutes légères
moussues  comme
au  jardin des délices
les tâcherons
sont sans sono 
c’est cette forme psychique
qui va au ciel délavé
et les accords
interdits à  toutes les femmes
qui vont au service hospitalier
qui est à centre  mètres à peine
est une folie rédemptrice
celui qui y entre
est blessé à l’ arrière
il obtient d’une divinité
une pension alimentaire
jusqu’à la fin de ses  jours
comme il reste à l’ombre
rien ne vient lui vient
alors il attend
et l’attente est troublante
puis l’attente le tue.


Peu d’œuvres de théâtre
Ont de mots de rejet
Et on y voit des filles
Longues comme
Des instruments à cordes
Pleines de ces renfoncements
Où va le son des vierges
D’autres suspects sont consignés
Ils sont épuisés
Tels ces ladres dans les citernes
Aux coqueluches d’hiver
Mais qui ne pratique plus la lieue
Par gêne par manque de tout
Je suis en absence totale
De mon cervelet droit
Je sais qu’on va dans la ville
Habillé comme un prêtre
Sans grâce et sans goût
Je ne peux davantage
Développer cette idée
Sinon sur une partition
Que personne ne lira
Aussi tout est dit
Aussi tout est fait…


Par-dessus l’horizon
On jette les saisons sans fruit
Et le bruit des vesces et des vaccins
Ressemble à celui
D’un corps élevé sous cloche
L’alcool n’est pas égalitaire
Et le premier qui joue du bandonéon
Il monte au ciel
Avec une plume
De par-là de par ci
Où je panse le mieux
Comme nombre habite
De grandes villes
Plus rien n’est visible
De ce qui s’enflamme gaiement
Et à l’âme qui en fait autant
Vient un mal
De chien crasseux
L’erreur est de ne plus avoir
Les cheveux noués à  l’arrière
Gominés comme ceux de nos pères
Et qui allaient au bistro de l’église
En habit du dimanche…

Vous n’êtes pas pressée
vous n’êtes en retard
la porte vous appelle
dans ce  soir d’été
vous montez l’escalier
où se sont dispersées
vos craintes et la poussière
au nombre des journées
vous oubliez  la fin
et  le début de tout
allez à la rencontre
d’un homme encore debout
votre main bat le bois
vous n’êtes pas méfiante
et d’une mine souriante
il a dressé la table
mis les plus beaux des verres
la nuit dans sa tiédeur
vous requiert un  repos
une tranquillité
et ça vous le saviez.


Le gangster sicilien
a la mémoire sélective
il est là sûr et grave
au front de la mer
il a fait des graffitis en tôle
entre les  lignes bleues des murs
 en est sorti
par la porte de La Villette
là où des filles
ont des colliers
autour du cou
et si nous les embrassons
nous devenons
le seigneur des anneaux
puis nous allons vivre
parmi les feuilles persistantes
avec notre art opaque
des haricots blancs
notre havresac
notre tabatière
dans une grande chambre sanguine
et quand votre tour viendra
nous casserons notre pipe
faite d’écume écumante
puis on oubliera tout.

Fredonne la dernière prose
comme autant d’incendies
dans les herbes
au discrédit
de paille humide
ou peintes hormis du temps
et recommence encore
avec ta main droite
écoute
ton cœur ignorant
saisir l’archipel
un poignet
pour y mettre un garrot
serre étrangle ta vie
et crève sans voir
les veuves  du noir plexus
des tropiques ou d’ailleurs
ne donne rien à quiconque
quiconque ne rendra rien
ouvre la main des mortes
pose y un diamant
va à la foi mauvaise
par trois fois renoncée
et y renonce encore…

Les mêmes gelés
de la distance
aux haleines des singes
sont des recherches empiriques
dans les borgnes hôtels
qui se doivent de connaître
l’étiquette
sous mes paupières
je rappelle les procès
de la grande porte
le visage joliet d’une amicale
participation aux jours
et sous  les arcs
qui décroissent
prient des curés debout
je n’ai plus matière
à être sentimental
j’ai des oreilles
en forme d’albatros
l’un vous entend
et l’autre pas
allez voir ailleurs
s’ils y sont aussi.