Au jour le jour 362

Blondeur des tumescences
de l’ours en tablier
bouffeur de crocodiles
d’échelles inemployées
le coutelas est las
de mes aiguisements
j’exerce en cour d’assises
le métier de casseur
péteur de plomb
entre deux cheminées
l’une qui monte au ciel
l’autre à la destinée
les chiens percent le jour
de leurs sombres abois
les branches sont finales
par ces mortes saisons
l’automne est en prière
et moi dans le devoir
d’exister de paraître
en des légèretés
qui sont des phrases mortes
au soleil distillées…

Le poids du temps perdu
et le poids du passé
ne sont plus que paroles
en vous-même des tracés
j’ai perdu en violence
et gagné en vertu
dans l’attente d’une  autre
et qui n’est pas venue
j’ai remis mon costume
et ma chemise blanche
j’ai marché dans la rue
dans les plaisirs immenses
et votre rire certain
de ses nobles manières
nulle part n’est apparu
j’ai le mal amer
le mal des nuits
à la maladie d’homme
et  je ne pense à vous
qu’en une réelle absente
et qui n’est pas sortie
du moindre de mes doutes…


Lève les bras de la morte
au morne tablier
pose les sur le talus
aux arbres voyageurs
bois pour être honnête
et bois pour ne l’être plus
je viens vers toi
dupe comme un
chauffeur de salle vide
les barreaux de chaque case
ont un visage de marin
encostumé
avec des menottes aux poignets
je ne veux plus prendre la route
je suis maigre de mon extrême nudité
je vais à l’opéra
entendre la voix de cette vieille coquine
qui en veut à son père…

Sur les ruines d’un paysage choisi qui est le corps de l’ancienne aimée, j’ai pulvérisé de l’ocre et du carmin, l’ocre pour l’évocation de ce seul automne où elle se  fardait pour moi, le carmin pour me  rappeler que mon sang colporte l’invisible lumière qu’elle aurait pu voir si elle ne m'avait tant écorché, ma volonté va la somnolence, à l’idée d’un orphelinat, à l’âcreté d’un temps qui n’est qu’une raideur tenace grippant les os, et cela la science n’y peut  rien ,je n’ai eu qu’une lettre de cette femme  et que je n’ai pas gardée, j’ai lu que mes mouvements étaient trop neufs, trop brusques, en fait c’étaient les siens,  qu’il eut fallu procéder par couches et successivement, l’amour n’est jamais fluorescent lorsqu’il est enduit de règles du passé.

On s’endort toujours du côté de soi-même, on a tout d’abord soufflé la bougie ou éteint la lampe, on est le dernier à être resté debout, veilleur assermenté qui craint la mort avec sa merveilleux santé, celle que nous avons pour l’outrage, et  les propos que nous faisons pour aller dans l’élimination de l’âge et de la nuit sont laconiques,  ce sont des sentiments de petits moineaux qui se débinent au son de la première  carabine, et si nous étions dans une fête foraine, qu’y trouverions nous , des faces de rat dans une nudité de non-voyants, des lecteurs de faux évangiles, l’actif triste d’une existence qui ferme ses paupières sur le poids des éternités qu’il ne peut atteindre ou porter, je me mets à la fenêtre , le temps indéfini se replie sur mes mots, mes phrases, je ne prépare rien de bon, je me suis assis sur une chaise percée…

Cœur nu et pieds liés
cervelles de papier
chiffonné et râpeux
voici la poupée sainte
au petit cul serré
qui d’une nouvelle étreinte
s’est pourtant écartée
connaître s’est se laisser
au grand détonnement
et détourner les chiens
s’écrit petitement
survivre le colibri
dedans la sapinière
le nez pris dans le gaz
de tous les réverbères
c’est détordre les ailes
d’un cactus vomitif
et mordre la poussière
comme on va au mastic
et si le cheval brait
Il marche dans le vent
d’une noble manière
tout comme un courtisan…

La chaleur d’un rire froid
a une maîtresse avec des gants de soie
cette commune fontaine
où rougissent des asphodèles
le temps est minéral
comme la cour que l’on fait
avec son cœur de troubadour
les corneilles s’habillent
d’un manteau de sel
le sel attire les mouches
les mouches vont dans la farine
la cuisine du sentiment
n’est pas plus sérieuse
qu’un sergent d’infanterie
la préférée de ceux
qui vont dans les boucheries
avec leurs seins suaves
et moi je n’ai pas de galons.


Il est des mots
de la taille
des infractions
d’une pierre à fusil
le fusil a des lunettes
qui dérangent le tireur
borgne de l’œil droit
il danse un tango
avec une mulâtresse
sur la piste cendrée
elle a quinze ans
ne court plus contre le temps
pas plus que les nuages
elle s’est fendue de tant de rires
qu’elle n’en  a plus
elle est devenue neigeuse
qu’elle en est de nos jours
voilà que le piano casse
les chamboules cessent
parmi ceux qui brulent encore
et les numéro de cirque
sont composés
par de vieux magiciens…


La plupart du temps
mon temps est épais
il a tant d’âge
qu’il ne fait plus de progrès
qu’il glisse sur l’eau
avec ses armes minoritaires
moi j’ai en bouche
une plante désespérante
je vais boire aux fontaines
comme tentative de vivre
le prix de celle-ci
est de nature
à ne plus l’employer
j’habite une nécessité
par  nécessité
et la nécessité
ne se boit pas
j’ai un désir
d’éternelles désenvies
je finirais bien
par tuer quelqu’un
qui habite
pas très loin de chez moi…


Je suis dans cette attente
sous l’olivier et ses couleuvres
ses couleurs aussi
avec leur superbe surplus d’herbes
coupantes comme  des couperets
j’ai peur je ne tends plus la main
elle est décolorée
comme un vieux credo
ma méfiance est nette visible
les rivières sont insolentes
en plus de leurs dépôts
l’amour est un cratère
je crache sur les modèles
courte économie
de mon usuelle utilisation
de la grisaille et des chiotteries
je sais les bases
de mon inemploi
j’ai une opinion de bonne  mise
je ne veux plus
servir à personne.


Je refuse d’obtempérer
à la rallonge
de ce médecin imberbe
j’ai l’âme et les bras butineurs
cette courbe
après évaluation
est en zone aride
je dresse des animaux
pour la course aux orages
je fais le poirier
balance ma tête
contre les murs
je ne veux plus
procéder à aucun partage
j’ai une toison épineuse
ma trentaine est de fer
dans ma maison
les niches ne respirent
pas plus que moi
c’est une petite remarque
destinée à mon père
qui me met
dans un dispositif d’élections.


Pas indifférent aux règles
extraites des évangiles
j’étaye le résultat
de ma lecture d’un mieux
comme l’infecte fête
se pense et se joue
entre la Flandre et la Flandria
en signe de regret
j’ approche à la fois
à la panique de midi
et de minuit
ça fonctionne
dans les deux sens
de l’aller au retour
et du retors aux ressorts
je dors sur un parquet de feutre
j’ai mal aux reins
je pisse assis
j’ai la quarantaine
et n’est pas de prétexte
à des applications.


Lorsque je change de sujet
je vieillis le projet d’aligner
à mon sujet de fins d’études
des tonnes de références
téléphoniques entre autres
de celles qui apostrophent
pour un oui ou un non
chacun de mes sièges
est un express
porté par le grand art
d’un homme sans cervelle
le jour de la mèche
et je viens de l’apprendre
les hommes de timbale
viennent caresser des filles
comme pour les adapter
aux  modus vivendi
qui est un  produit anglais.


Lors lorsque je change de ce sujet
je choisis une suffragette
avec des seins défectueux
bretonne de préférence
que j’emmène à la foire
ce sont-elles
qui chaloupent le mieux
devant les types d’en face
avec leurs figures hautaines
leur pelouse pressée
qui boivent du thé anglais
et s’habillent de rouge
lorsqu’ils vont à la chasse
avec leurs cheveux blancs
avec leurs chevaux d’or
et lorsque leur nez  s’allonge
c’est leur pine qui rétrécit
et moi je ris sous cape…


La cochonaille des idées
est en hausse
et les reliefs
les rogatons
sont dans les mains
de peintres exposant
dans  les musées
des volubilibilités
absconses saloperies
avec le poil rude
que j’ai quand je vais
aux assemblées générales
moi je m’arrange
de mes plis épaissis
je fais confirmer que je suis
fait de glaise et de boue
ancien sacristain
qui fait des rajouts épistolaires
dans des missels
que tiendront
des demoiselles enceintes
et qui prieront
pour mettre en monde
des filles qui auront
tendance à se répéter.