Au jour le jour 329

Dis-moi la gueule de l’autre elle te revient,  oui en pleine tronche ,ma  tronche  à face de mouche ventrue comme  la breloque de crevard assoiffé, voilà pourquoi je leur en veux, j’aspire à être   vivant dans mon azur en moi, tu sais celui qui rogné d’amour installées et penaudes,au matin, moi  j’ai le trouillomètre à zéro, être soi-même c’est compliqué et dans les deux sens, de survivre et de vivre, parmi les plus galeuses des brebis, les rois  fainéants, le respect, l’humilité, l’imbécillité, l’intimité aussi, pas de torture pour un homme qui pleure, il reste un bel homme, ça ce n’est pas à blâmer, ça prend souvent  par le souci et l’ennui, de plus ça revient sans cesse  à toutes nos quintes, nos galeries d’aveugles, et voilà, nous sommes un con de plus…

Je ne  veux perturber mon âme et me souler à d’autres baisers  que les tiens, si c’était à recommencer, tu m’ attendrais en retrait  dans cette gare bondée, j’irais à ta rencontre dans  du serré, j’étais un homme du passé, cet homme n’est plus, il est moins sûr de lui, mais il n’a pas de rancune, il a encore des rides au front  comme des rayons de craie, il tremble de te savoir à des grammaires anciennes, des herbes compliquées, moi ma délicatesse est toujours lourde et   cruelle,  je suis pas de ta perdue ,j’ai le droit de me souvenir, et je ne veux  dormir qu’avec toi dans mon temps.


L’été est toujours plus profond
de ce côté-ci de la terre
où poussent des oignons
et qui nous font pleurer
le pleur est souriant
il va à la fontaine
il y jette son son mors
dans l’eau où refroidissent
les cernes bleues
de nos amours
assez dormi
à cette mort
assez fait le petit
dans  la maladie
l’équilibre aux faux rires qui vont
vers toi  guichetière adroite
à tes mains de relief
aux nerfs tremblants
comptent elles pour d’autres corps
avec leur peau de serpent
j’ai de l’encre dans les yeux
je suis d’un antique lieu
je vais dormir
donc mon entresol.


On peut d’une lésion cardiaque au bon endroit la considérer comme l’œil d’un cyclone fantasque qui s’appuie sur les actes notariaux afin d’aller dans le passé et de retordre l’avenir, moi qui fais les docteurs dérangeants, je conçois mes journées comme des échasses sur lesquelles il faut compter pour quitter la montée des eaux et les crétins aux yeux de veau, et qui sont des secrétaires de mairie ou des adjoints impétrants dans une  vie de virtualité de singe immodéré qui jamais ne travaillera parce qu’il parle avec ses extrêmes mains aux raideurs de victime, voilà que je cherche à donner des boissons sucrées à des enfants piquetés de douceur classique et qui sentent la réglisse.

Baudet  d’ivresse qui saute
la clôture électrique
aux heures d’ombre
avec tes automatismes
tu as perdu la vague
et ta pendule aveugle
tu te regardes simplement
sobrement
dans ta sobriété de chien
jeteur de sortilèges
quand tu fais dans tous les droits
du tagada boum boum
à l’assaut des incendies
le premier qui l’allume
a toujours raison
il part avec la fumée
a des souvenirs
des réponses désuètes
de crachin
je pleure les anciens jours
ou tu découpais les citrons
pour ton thé d’Indochine
j’ai gardé de toi
la douce musique
d’une versatile
fumeuse et ventriloque.

Et l’enfant averti
par son dernier voyage
ignore la place offerte
au nouveau paysage
les prisons sont scolaires
au stuc et au toucher
mais aux premiers impacts
ne sont que lourds buffets
telle cette mère anéantie
incendiée de naissances
qui fut belle de chanter
pour tant d’autres demains
tel ce soldat  à la guérite
avec ses bêtes fines
aux feintes anémiques
et chacun de vouloir
la photo du jour
qui n’a rien d’essentiel
que ce piètre flacon
qui fond au froid mariage
sur des chevaux d’hiver.


L’insecte du soupir
avec ses conquêtes
de penseur demeuré
auprès des jolies femmes
le voilà dans mes ombres
mes courses solitaires
j’agrémente les seringues
les amendes salées
les pirogues
sur les marchés locaux
toi tu fermes les yeux
quand tu bois ton café
ton souhait est un pic
un  liard qui dort
et pour produire des os
la belle se déjoue
de ses états caducs
avec ses propres mains
fait sécher son mouchoir
au balcon étendu
moi je veux dormir
dans la majorité silencieuse.

Danser sur la mort
le voyage essentiel
les opercules du cœur
acides comme une tombe
les fusils sont géométriques
accueillants comme on dit
tel des étouffements
sur d’autres  vies brisées
s’endorment les jours
aux températures du feu
fraîche comme une pompe
avec ses incendies bleus
son instabilité de graveur
toi tu es dans ma résonance
là où geignent les racines des grands vides
rien ne va plus à mon bonjour
tout me mène vers l’échafaud.

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