Au jour le jour 306

Aimer, c’est donner une temporalité à l’existence.


Ma tristesse est parfois si constante et si angulaire qu’elle m’en donnerait des calculs.


J’ai fait un pas vers Dieu, un faux pas, je trébuche et je tombe, puis l’abjecte horizontalité des gisants.


Vouloir atteindre à toute forme de conscience, voilà une belle prescription.


Il y a mille façons de mourir, la seule qui vaille c’est de crever définitivement.

Mon imagination tourne autour d’un pesant silence où je doute de tout, autant de la pulsation de parler que celle d’écrire, autant des lois naturelles que celles imposées par l’homme.


Déjà ça va, que ça va plus.


Plus vide que toutes les réductions que je me suis imposées, me voilà dans un poids terrestre et sans réelle conscience de ce poids.


Quoi d’autre que la douleur ne se démarque en nous, et qui ne s’y dilue pas, si ce n’est cette terreur de vivre en le sachant?


La trajectoire de mon sang est parfois dans une oblique, et je comprends alors combien la chair qui n’est pas inondée d’amour, de fraternité s’opacifie jusqu’aux déjections.


Le cancer de la parole est de l’alimenter pour échapper à cet acte là qui nous mènerait à l’irréparable.


La vie qui me raffermit tant, combien elle a la forme de tout ce que je redoute. Le temps m’est venu de parvenir, oui mais à quoi ?


J’ai eu des idées confortables, qui m’ont rendu nonchant de ces mêmes idées.


Dans l’immense foutoir que constituent nos vies, seules les littératures qui rappellent nos escroqueries les plus subtiles nous enrichiront aux dépens de douleurs moins salutaires.


C’est couchés que le monde nous paraît enviable, debout tout s’évanouit en sentiments.


J’ai essayé le bonheur et ses variétés, je préfère me saborder dès aujourd’hui plutôt que d’y bouger dans le souci de n’indigner personne.


L’intelligence passe par les glandes, je me borne dans cette suprématie, mais ne me satisfait pas dans la dynamique de toutes les exigences qu’imposent le sang et la sanie.


C’est par étapes que j’ai entrepris de ne plus rien entreprendre, ma gloire réside dans cette initiative qui me donne à penser que le dilettantisme reste un fanatisme à rebours.


Tout date dès lors que le gigantisme exténue jusqu’à la plus petite parcelle de conscience que l’objet nous impose.


J’en veux à chacun de me précipiter dans la parole, j’entreprends de vivre comme frappé par l’insupportable erreur de me souvenir du plus petit juron, ne fut-il pas exaltant.


La vie reste une option de la matière qui s’est préparée pour de plus grands projets.


Nul doute que toute objectivité passe par l’inavouable saloperie de l’image et des actes que l’on a traités comme tels.


Quelle déception que l’humilité, j’aurais du vociférer, tout dégrader jusqu’aux veuleries ; je n’ai rien gagné à rester en dehors, à l’écart de tout, je veille sur toutes les maladies de l’existence en ne générant que des apparences .


Enfant je protestais, maugréais ,adulte , j’use de la litote et de l’euphémisme comme d’une forme de courage qui témoigne de ma volonté à ne pas vouloir haïr juste.


L’Action rend l’existence souveraine, une action qui s’est effacée ,nous rend misérable de cette inertie particulière qu’ont les virus quand ils ont tout salopé.


Peut-on fuir impunément cette pauvreté qui nous aurait épargner la satiété de la vie ?


Plus la musique dépérit et meurt, plus nous nous tournons vers les psaumes et les prières.


Cette douleur si tranquille et qui dort sous le nom d’identité.


Entre rêve et chimère, un avenir obligé où pue la désertion.


Tous les évènements sont coupables de nous signaler le temps.


La musique plus je m’en approche, plus elle me semble être une forme viciée de Dieu.


Dans ces nuits où je réfléchis à ce qui me paraît être des convictions, je sais qu’elles m’ont mené jusqu’à la déception, sans qu’elles me protègent de mes partialités et de mes désertions.


Mes préférences vont à la clandestinité et aux pèlerins, c'est-à-dire à ceux qui se cachent ou avancent, mais qui se cachent de quoi, et qui avancent vers où ?


Tout ce que j’ai justifié et qui vient de ma mémoire, est une histoire d’évidences, de médiocres souvenirs qui ne se prêtent pas à l’erreur, et dont je ne frémis plus.


Une fois que la douleur a été réprouvée, que reste t-il de nous, si ce n’est un corps qui cherche une nouvelle condition pour souffrir?


Personne n’est prédestiné à l’amour, l’amour est un leurre délicat que la vie place sur notre chemin pour nous donner à croire que les profondeurs, que les gouffres ont des suavités.


La matière même du bonheur réside en ce qu’elle n’a aucune profondeur.


Tout ce que j’ai justifié et qui vient de ma mémoire, est une histoire d’évidences, de médiocres souvenirs qui ne se prêtent pas à l’erreur, et dont je ne frémis plus.


Une fois que la douleur a été réprouvée, que reste t-il de nous, si ce n’est un corps qui cherche une nouvelle condition pour souffrir?


Personne n’est prédestiné à l’amour, l’amour est un leurre délicat que la vie place sur notre chemin pour nous donner à croire que les profondeurs, que les gouffres ont des suavités.


La matière même du bonheur réside en ce qu’elle n’a aucune profondeur.


Tout ce que j’ai justifié et qui vient de ma mémoire, est une histoire d’évidences, de médiocres souvenirs qui ne se prêtent pas à l’erreur, et dont je ne frémis plus.


Une fois que la douleur a été réprouvée, que reste y-il de nous, si ce n’est un corps qui cherche une nouvelle condition pour souffrir.


Personne n’est prédestiné à l’amour, l’amour est un leurre délicat que la vie place sur notre chemin pour nous donner à croire que les profondeurs, que les gouffres ont des suavités.


La matière même du bonheur réside en ce qu’elle n’a aucune profondeur.


Nous avons tous rêvé d’une autre vie, mais la vie a t-elle rêvé d’un autre que nous ?


Dans l’intimité de mes intérieurs où je dévoile mes vacances, mes fadeurs et mes crimes, je m’entretiens parfois avec ce qu’il y a de remarquable en moi, un vide considérable, un néant sans nom.


Depuis que j’ai le goût de penser, je pense mal, c’est autant pour me convaincre que je ne veux plus avancer, ni même reculer sans y avoir réfléchi, dans cette pauvreté que je donne aux sens, à tous les sens.


Ce que je considère, je le considère toujours comme un mal acquis, après cette considération j’ai honte et deviens impudique.


Je ne peux dissocier mon corps de ce sérieux qu’il met à être, mais ce sérieux pointe sa médiocrité là où il ne faudrait que des faux semblants.


J’ai tout perdu en devenant, et si je m’écartais davantage des hommes je serais imperceptible, cela aussi m’emmerde.


Il est des jours où l’univers entier m’apparaît comme un immense crâne hermétique, c’est alors que je m’agite.


Cet autre qui est moi, s’il savait combien je lui suis contraire !


Je vis toujours sans l’idée du lendemain, d’où mon sens du jeu.


Quoi que je fasse, je l’inapprécie, ainsi ce que sur quoi j’ai délibéré m’apparaît come la carence d’un ego disproportionné.


J’ai tant gerbé sur les mots, qu’ils ont pris racine dans cette fiente verbale, qui ne tient ni du terreux ni du terreau.


Nous ne dérangeons plus Dieu de peur qu’il nous individualise.


Tant d’années à me former et déformer, qu’il ne reste plus rien de ces mutations.


L’avenir est à la migraine.


L’ennui est infection, infection de la pensée et du corps de cette pensée, c’est ainsi que naît l’insupportable.


Peindre tient de l’intrigue qui précède toute création, au-delà de la toile et de la matière c’est une terrible réalité qui cherche à évoluer.


Ma misère réside parfois dans l’économie des mots, parler me ferait-il y renoncer sans ce discrédit qui affecte les glossateurs et les psittacistes, je l’ignore, je ne veux pas en savoir davantage.


L’espoir est un industrieux besoin de rêver.


Pour d’admirables déséquilibres !


J’ai aimé les livres, ils m’ont ouvert sur le monde et détourné de l’homme, autant dire qu’ils m’ont exaspéré de moi.


Je ne peux rien entrevoir qui ne me fasse divaguer immédiatement.


La sainteté s’habille et se rajuste par des renoncements.


A quel âge peut on ou doit on douter pour du mieux que ce doute même ?


Chaque fois que je salue de l’humain j’ai le sentiment de prendre rendez vous pour un crime à perpétrer.


Vivre nous laisse suffisamment de tant pour des infirmités.


J’ai embrassé la foi, il aurait mieux fallu que ce baiser aille à un lépreux.


Seul promoteur de mes idées, qu’on me laisse au moins promulguer quelques faits qui se rapprocheront de mes puérilesprolixités.


Toute musique inconvenante tient d’un hymne.


Plus je vieillis, plus je profère d’inepties sur la jeunesse, sur l’entrain qui les conduit à être, à ne rien tempérer, ma morve à son égard témoigne d’un rebours désastreux.


La légitimité de l’être est elle la légitimité de Dieu?


Parfois au summum de mon ennui, je m’attache à trouver un sens à la vie, c’est alors que je m’essouffle.


Ma prodigalité me sera apparue comme nombre de mes belles implosions, mais implosions dont j’aurais aimé me passer pour connaître ce qu’est un bénéficiaire.


M’étant appliqué à me défaire aux yeux de tous, pourquoi m’étonner aujourd’hui de n’être pas gratifié pas plus que considéré?


La philosophie a son objet dans quelque loi lumineuse, que des propriétés à la rendre tangible dévient de la faute.


Le merveilleux à de qui tenir, spiritualité et sainteté, toute sa pertinence ne saurait être enseignée dans les manuels, je m’étonne encore de ne pas être plus ahuri par ses mirages, images et vacuités.


Le souvenir nous réduit à ne plus être qu’un cas sur fond de catastrophe.


Etonné d’être dans la vie, de quel prodige s’est dotée la matière pour me faire y résister ?


Nuançons nos errements, nos vagabondages avant de sombrer en eux.


Le silence participe de la dislocation et du sédatif. Rien n’est plus aisé que de venir après.


Attentif mais dans le détournement, pourquoi alors tant de discernement si ce n’est que pour rester indemne ?


Un seul écart nous aura suffi pour n’être plus dans la trace.


Où que j’aille mes pas dirigent mon esprit et me font entrevoir ce qui est lumineux, une descente aux enfers ou le chemin de Golgotha.


En fait mes ennemis m’humanisent.


Je respecte la réalité des troubles qui nous mènent vers Dieu, en fait un rachat, un achèvement, le reste, qu'il reste ce qu'il est, un mode de déplacement cardinal qui me conduit dans l'alcool ou la neurasthénie.


J’écris pour m’adresser.

Comme je n’ai aucun but, exister m’apparaît comme une révélation.

Je me consolide à mes périphéries.

J’écris par dégoût d’un dégoût plus grand encore, j’ai le sentiment d’être habité par une incompréhensible lassitude qui me représente comme un désabusé, un pleutre, qu’un Dieu sans expérience a lâché pour lui tourner aussitôt le dos.

Qui êtes-vous, je suis un incurieux qui rend curieux les autres?

Tout ce que j'ai considéré comme m'étant étranger, m'a un jour atteint par là où il y a suffisamment de place pour l'entendement.


Toute connaissance est illusoire dès lors que nous nous y adonnons pour d'infructueuses vertus publiques.

J'ai longtemps cru que l'univers tout entier, n'était que la réduction d'un Dieu qui cherche à évoluer, plein de rage et d'expansion.

S'il faut sans cesse se dépasser,je préfère rester en marge, et ma vie durant m'enfoncer dans la confusion de la réalité et du mensonge.

Utopiste confondu dans le contenu de vivre,voici l'homme ,avec ses regrets,ses remords ,ses sanies et ses insanités,et combien il fait dans le pathétisme,pour se donner le visage d'un saint anéanti par ses certitudes infestées de féodalités..

L'amour a trop à faire avec les organes,c'est en cela que je préfère le sentiment de l'amour qui préfigure de l'amour..

Mon mépris de ce que l'homme a falsifié,se fortifie dans ce cinquantenaire que je voudrais fêter comme un jamborée.

Rien en dehors de l’idée de la mort et du suicide,ne m’aura tant préoccupé,et je ne m’y suis épuisé que pour davantage en sortir en adulte gâté,à qui sont venus des stigmates ,de la rétention,comme s’il avait vieilli de dix ans en une seule journée...

Perception,tortionnaire dégoûtée et dégoûtante que la vie projette dans l'homme pour lui donner à croire que tout ce que nous voyons est en guenilles de réalité

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Les modernes de quelque utilité qu'ils soient nous enseignent comme d'antiques maîtres montés sur des estrades qui ressemblent à des échafauds.

Cette sensation presque humaine qui nous mène,nous dirige,que nous appelons le sentiment,le voici qui d'actes en acceptation de ceux ci,se substitue à l'idée d'un bien être qui ne passerait que par dessous nos ceintures.

L'art,une empathie instantanée,pour de la transfiguration.

Entretenez moi de choses dont vous vous entretenez lorsque je suis absent,me suis absenté,c'est à dire hors de moi.

L'enfer,une façon de voir de l'excès,de l'excessif,en tout point et toute chose.