Au jour le jour 298

Il n'y a pas d'issue à la nuit menteuse assermentée avec des doigts de fée, il n'y a pas d'issue aux sombres inerties, aux cercles de l'attente, aux indécences vertigineuses, il n'y a pas d'issue à nos obscénités, et nos familles qui versent dans l'alarme le savent, elle qui me va comme une qui s'est avancée vers la mort sans attendre que des voix s'élèvent pour m'y conduire, je la perds à nouveau,il n'y a pas d'issue à l'impropre grâce où je me vautre comme une bête revenue de la pâture ,le ventre gonflé la gueule béante d'airain, lourd animal givré de peurs et qui s'endort sur son flanc gauche à la manière de celui qui va se refermer sur soi pour ne plus ressortir qu'en adulte gâté.


O harpes, jardins du temps et des heures lointaines,  je vous entends blêmir à l'approche du jour ,quand les joncs les osiers plient sous le vent, qu'il lève leurs tiges comme un orgueil,  comme une vanité, et ces filles dévêtues qui s'en vont dans la  plaine ,plébéiennes d'azur sous le ciel convoité, sont-elles comme le disent les hommes, bien trop lourdes à porter, avec leurs destinées ,leurs immenses ténèbres, leurs nuits, sont elles en devenir d'être mère qui vont porter des enfants inconsentis, ou sont elles notre demeure comme la moitié de nos corps que nous ne savons plus que mal entretenir.


Ce n'est pas suffisant que de devoir désespérément croire que le sommeil m'est devenu une brutalité, il faut aussi considérer que dans ce glissement de paupières quand je suis sur le point de sombrer, il y a auprès de moi une femme avec ses ressacs, ses étranglements, fière syllabique, géante, parce qu'elle ne tombe pas dans mon silence, et qui quoique je fasse me couvre de sa tunique blanche, de sorte que je sois le mort qu'elle attend, qu'elle entend éloigner de ses significations, procédés tous ces actes qu'elle ne m'a pas autorisés, c'est assez que de la voir s'allonger aux pieds de mon linceul, et de la regarder sourire comme si elle venait de veiller un soldat abattu.

Ceux qu’on dupe, on les adule jusqu’au comble de leurs artères même après leurs commérages sur les cruchons, leurs écarts de conduite, on y consent d’autant plus que nous sommes altérés à la hausse, amoureux des glissades qui nous donnent le caractère parfait de ceux qui ne craignent pas la rouille du sentiment, ni la sensibilité aux allures de vis qui n’ont pas de prise, le travail de vivoter nous donne un statut patronal, et nos choix deviennent des sanctions de l’ordre d’un vêtement sans manche qu’on ne peut plus enfiler, quant à nos cavités naturelles, elles deviennent des indigences, des lieux irréfléchis où ne peut s’effectuer aucune protection, c’est pourquoi nous ne retenons de notre communauté que les toutes petites mesures qui vont de la mauvaise foi à la mauvaise fréquentation…

Nous avons tous d’invisibles et régulières charges en tête , et nous courons en bande nous planquer dans les soupentes où des bagages repliés comme des insectes sans élytres baillent des voyages que nous ne ferons plus, on y voit aussi des facteurs qui vont valser l’étiquette parce qu’elle n’est pas de notre lot, sottise, imbécillité, soit, c’est une façon d’attirer l’attention sur notre petite taille , et ceux qui vivent en duo ne sont plus intimidés par les grands singes de l’humaine comédie, celui qui a un cerveau d’hexaèdre reste plein d’une fraicheur bovine, et cet autre qui dort, a des souvenirs remplis d’un liquide qui nous mouille au plus profond de nos pores, si nous décortiquons l’idée que dernière nos fronts toutes les fausses valeurs ont un lit douillet, nous pouvons prendre la forme d’un oreiller définitif, d’un scolopendre, d’une calebasse, où se décompose une boisson destinée aux lépreux…