Au jour le jour 296


J’aime le bas des faces de postulants à des emplois de rétiaire, elles sont carrées comme la cartomancie ou la divination, abruptes comme un bien social entre deux indécentes propositions, telles que celles que fit ce Judas blessé à la jambe, et qui voulut partir pour une course aux orages en jetant par-dessus son épaule tous les sales jouets du désespoir, que le hasard et le courroux avaient placé dans ses poches, et l’entrée dans son monde d’un nourrisson barbu de bonne heure lui fut une semonce de premier degré sur la règle argentée des mécaniques célestes aux brusques sentiments de rejet et de religiosité, quant à ce qui advint de l’épreuve qu’on lui imposa, j’ignore si elle est encore d’actualité aujourd’hui…

Ce snobinard qui courtise celle qui s’ombrage dans une palmeraie, rend l’air irrespirable, il complique la tache d’un coiffeur de fichiers qui n’y voit qu’un imposteur embourbé dans du vocabulaire, et c’est peu dire, que tout au bout de sa ligne de vie figure un point rouge qui nous renseigne sur ses origines, il se munit de poignées stratégiques pour aller au devant des craintifs de métier avec une syntaxe d’attaché de presse, et leur assène des balourdises avec sa langue bleue, tout cela en numérique dans un genre de versification qui vaut par ses campagnes de grêles et sa persistance au caractère intrusif, un peu comme à la manière de ces barbares qui occupèrent la plaine du Pô, et qui ne se veut pas tel, qu’il aille par les passages de la suspension, du gainage, qu’il s’arrange de ses ergots pour monter aux arbres, et s’y faire un théâtre d’ombres…


Ce qu’on choisit de mettre en couches est toujours dans l’axe des mots qu’on a mastiqués une journée durant et qu’on va cracher à la face des attaqueurs de neiges et de roches poreuses, ceux qui ont été recalés parce qu’ils n’ont jamais plongé dans la séduction du liquide, c’est pourquoi on les retrouve comme des animaux édentés dans les sanatoriums où le réconfort matinal est aux mains de demoiselles avec leurs piquouzes et blouses blanches de première communiante, elles conservent si bien leurs informations qu’elles nous glacent autant par leur âge que par ce qu’elles savent de nous de par les imbéciles prescriptions, elles nous jugent et jaugent jusqu’à nos plus pures des formes, et moi qui suis cahoté par les années, je secoue le filet de mes nuits, j’en extrais un manteau que je dépose à leurs pieds comme une froide paillasse, et qui leur servira de tunique de Nessus…


Cet arbre des tropiques avec ses narines de cétacé est apprécié par la dame de trèfle sur sa grosse bécane qu’elle fait reluire au bord de l’eau, qu’elle oint avec de l’alcool venu de la grande ville, et qui parfois est déposé sur des autels en début de messe d’où monteront des hymnes aux sons hallucinogènes, pelotonné dans un lieu mystérieux j’entends la voix de Marianne Faithfull dans sa raucité de pierraille, je la revois bouffie au temps de Sister Morphine et dans cette chambre capitonnée d’enveloppes sans destinataires, ses vocalises me nouent, tout comme le fit cette andalouse à la moutonnante toison et qui vivait du cosmétique et des plantes assujetties aux jeux parallèles des nains et des vilains, pourvoyeurs de nitrates, de potasses et de saletés hydrogénées, qui nous amenèrent des saloperies de prurit…

C’est sur une île polynésienne que nous causâmes le plus de dégâts aux saules avec leurs rameaux mouchetés, dont les tiges fournissaient les pharmacologues aux longues mains dont le débit oratoire était proche de la logorrhée, comme ils n’étaient pas apprêtés pour la course à la paille coupée, ils en vinrent à vouloir massacrer une population entière avec des bruits secs et soutenus comme des exultations, mais les mesures thermiques étant au plus bas, chacun dut poursuivre sa route sur un traineau rosebudé allégé de son siège, ce qui facilita le transport des transfuges vers un lieu sabbatique où l’on entendait les lamentations des grands cancrelats de l’histoire monter dans les sphères, et dont l’inertie équivaut toujours à l’hygiène qu’on a dans un trou d’air…

Les éleveurs de rats portuaires ont des démodulateurs à leurs chevilles et des plaquettes de cuir sous les aisselles qui les enraidissent au point qu’ils cherchent à renvoyer leur sainteté biblique vers d’autres liturgies, celle de la sève et du sang mal élevés dans des espaces rocailleux où ne vont que ceux qui sont perclus d’ans et de solitude, c’est là aussi que la vapeur des machines qui déambulent après de mauvais calculs de reins va dans l’éther sans être passée par les névés aux agréables traces et repos, et tous les poèmes qui sont de cette trempe ont pour objet de nous montrer que la vérification des œufs joliment colorés passe par une vision soutenue, de l’esperluette, de l’espagnolette et de l’escarpolette, ces tantes familières qui ont des boutons de nacre sur leurs chemisiers et des seins à hélices comme ces arbalétrières qui visent droit pour pouvoir être mise sur un testament…

L’exercice physique de cette jeune première moquée pour ses exaltations tient de l’ornementation des livres , à la dorure des abécéderches envoyés directement à des provinciaux mâtinés par l’ennui, et qui ont des gestes de querelleur, lorsque je tire les rideaux de ma chambre comme une grande voile adaptée au foc de la vie, je me clos sur un nouvel enferment à domicile, j’y vois l’ultime gestuelle d’un marin ivre, ou d’un druide sédentaire, ,les deux d’ailleurs sont à géométrie variable selon qu’ils jouent dans la cour des grands ou sur les tréteaux d’une estrade de sureau, ou passent de l’infini d’une ignoble candeur à une méchanceté de paon sans seigneurie, là où des bambins poilus dès leur naissance inondent un firmament peint à la main d’une urine de bromothymol parce qu’ils ont sucé de sales tétines, je ne tiens pas à garder cela secret, mais à le rendre moins dense et moins touffu que ces rats qui ratissent un tapis de feutre pour en extraire des substances propices à ressembler à l’homme…


_