Au jour le jour 267 (1977)

Un seul signe autrefois
Le son venait de lui
Mot lucide de qui
L’espoir venait à vivre
Pour avoir tant sauté
Sur religion à suivre
Quand du stère il lit vert
Et reste planté d’envie
Le vit Serge le veut
Un label d’aujourd’hui
Va-t-il nous faire biner
Avec un bout de cuivre
Ce cal dur bien dressé
Qui monte comme un chibre
Vers le ciel verglacé
Du vol qu’il établit.
Tout alcool le secoue
D’une blanche allergie
Par la place infligée
De l’oiseau qui du nid
A son honneur en vol
Et son ramage au lit
Fantôme qui à cent lieues
Du pur état le signe
Il s’enroule et se glisse
Par sang froid et mépris
Puis meurt parmi les signes
Inutile comme impie.

Sexe étroit, fourreau qui porte nom de drame, avec le lent mercure des flèches superposées, sexe commun comme une rouge pivoine, à faire éternuer, poison silencieux, ouvert tel une bogue aux doigts gourds du pirate, quand les langues se dénouent et parlent impunément avec l’accent des filles légères qui s’affirment et le crient.


Souvent nous passons de frontières, nous humilions des femmes déjà meurtries par nos accents et nos désaccords, nous accrochons nos âmes aux fables qu’elles dépecèrent de leur identité, nous avalons l’ombre où nos béances cachaient nos pauvres saintetés, nos misères orphelines, nous fêtons nos anciens crimes, nos enfants qui vont dans le monde pour y broyer les fausses couleurs du jour et du temps, puis nous nous faisons immondes dans un nouveau pays que la mort n’a pas rendu à ses sauvetages.

Ecrire, crier, cirer des pompes, être pompette, faire dans le funèbre, brunir et racornir de pages, ouater des fronts, foncer les sourcils ,sur ce écrire à nouveau, gerber du jonc, jouer au parjure, récrier, dire des mensonges, y rêver, palindromes et calembredaines, se reprendre, pardonner ,se prendre au fausses notes se méprendre à nouveau, écrire pour crier, sans tous ,sans eux, dans sa solitude extrême ,écrire, saper du mot, peser le sens, passer par lui, puis couler une bielle, se faire de la bile ,se lire et se relire, changer de rôle, risquer de la grammaire, des notes et des pièges, recourir à ce vocabulaire comme à un animal adressé ne pas toucher aux tomes, vouloir atteindre des sommets, se mettre en boule, traîner, traînailler, mériter un autre idiome, s’oindre les mains pour écrire et réécrire, puis sortir de soi pour connaître le monde et l’ignorer davantage.

A « Quelquefois » ajouter « Rarement » et tous les dons que l’on veut faire sans tenir de compte avec la promesse d’y mettre un peu de veine. A vingt ans je tiens déjà à ne pas faire affaire avec l’homme, c’est ainsi que je réponds au nom de lâche pour certains, et au nom de congédié pour d’autres.

Avec tous ses calculs, la vie nous étreint et nous entraîne dans une sale grogne du côté de la misanthropie. Il faut à mon avis refuser de se baguer, de voir l’honneur comme une médaille plaquée sur sa poitrine, et des milliers de morts dans le grand dortoir et foutoir du monde pour s’endormir de tout et de tous du sommeil de ceux qui ne sont pas embarrassées quand ils vont aux offices.

Ce qui est immédiat n’a pas la part de mystère de Marguerite Duras quand elle ne parle pas. J’avoue donc ne me soucier du rapport « Feuille glossaire » qu’en de très grandes occasions, comme lorsqu’on mélange couleur et odeur sur une toile et qu’il en ressort une figure de Bellmer, c'est-à-dire une femme nue toute entortillée et qui aux enchères peut atteindre la somme de cent mille francs sans la commission.

Je demandai à l’arbre :que me donnerais tu pour une de mes saisons, l’arbre répondit :je te donnerai mes feuilles ,des branches et l’ombre qui t’échoit ? Je demandai à l’animal :que me donnerais tu pour une de mes idées, et l’animal répondit :je te donnerai une posture d’homme avec les mots de la bête.

M’organisant sans cesse des suicides que je déplace aussitôt, j’ai par la suite la sensation qu’ils me fanatisent dans mes retraits.