Au jour le jour 251

Ma lourde misère aux aisselles comme urine, je te dis ma peur de me savoir joué, rompu, aigre sur ordonnance, titubant au pont-levis de tes bras…je te dis le mensonge de mes pauvres amours, serrés en des corsets de départ volontaire, vautrés en de fins draps où nos doigts accrochaient nos portrais ennemis…vois, boxeur pété, sonné, averti des semonces, des coups de pieds, de poings, des cordes et des enclaves ;je choisis d’être éponge pour toujours être saoul du désespoir des autres…

Matin étoilé…je reviens d’un pèlerinage.. sous ses mains d’eau courante mon cœur déballe sa porcelaine…je lui demande de réchauffer ma vie, mes flancs de fauve lassé des escapades diurnes, de pousser le verrou et de faire tout comme si…l’appartement au mois de mai sentait le thé, lilas et rose, café tiédi.. elle, elle me délie de leur prénom, salope leurs réconforts, vante un nouvel espace…qu’à cela ne tienne, j’ai la passion à la dérive comme une péniche sur un canal, et la peur provisoire dune autre liberté

On voit les vieux sur le trottoir secs comme des herbes sans royaume, à remballer les cris d’un âge éclaboussé, pour du chiendent sans chien.. on voit les vieilles, étoiles au front, frontalières avec leur sourire bleu, pleurer parfois aussi comme des enfants un jour de confession.. on voit la ville basse, avec ses couteaux, ses poignards et le balancement des arbres centenaires.. on voit…

Crevais la dalle, narcotiqué à fond dans les aigres bistrots du soir…l’orage des plats t’ouvrait aux horizons de peurs…nous parlions de Monique, de ses seins de savon bleu comme galets sous nos langues, de ses mains d’eau courante aux éviers du partir…n’existais que par elle, vierge de tous ses faux départs pour des îles trafiquées sur des cartes gluantes comme nos géographies….aux néons intérieurs, tu préférais une autre vie, papier sale, imagé sur tous les carreaux gras…un jour quittais l’enfance verrouillée dans ma tête d’oiseau moucheur de certitudes, plombé des joies à venir…plus tard je dessinais des corps, droits, serrés comme les pages d’un dictionnaire, sur les trottoirs de chaux et d’urine…

Les petites branleuses sur courtes pattes, cher ami, il faut les aiguiller vers la patience de ceux qui en ont pris plein la tronche et qui ont un cul de pucelle en exercice sans ses napperons et ses tétons dardés, à cela il faut rajouter la difficulté des régimes d’insuffisance, quand les prix montent, que les champs sont inondés, que les copains ne sont plus des marchands porteurs de pintes, peut on dire ouf, avec toutes ces absences d’agitation, non, laissons midi et minuit là où ils se trouvent, dans leur période d’apaisement, le ponant aux nourritures terrestres, dans le grand théâtre des narcisses et des jocrisses, et puis regardons là, en direct, cet ogre qui  bouffe tous les objets de culte avec ses fesses sur la paillasse.