Au jour le jour 234


Il fut un temps où je considérais que le naturel était aussi abrupt que les désirs bâtis au travers de nos vies pour nous enraidir ou nous empanacher, ce naturel a pourtant autant de suffisance qu’un sulfateur qui va aux gelées pour y jeter ses gloses insalubres, qu’un mécano au moment de l’alerte, diane rougeoyante de l’au revoir, j’ai beau eu croire à la merveille des aisances gauches, inventées pour nous découvrir à nos droitures, je fus dans l’erreur de la plaisance et de la plaisanterie, du ressentiment m’est venu, la nature éperdue de contresens est en marge multipliée, et ce naturel n’est plus fait que de sang et de larmes, de froides souverainetés, d’orgueils, d’apparats inapprochables, ma misère n’a fait que corître depuis, je suis lourd, pesant, je n’accomplirai aucun geste pour détrôner ce convoyeur qui voudrait me mettre dans la distance, afin que je me cache à ses bas profils.


Ma fatigue est ma déléguée intensive, mon élite extensive ,un appui de ma liberté, autre chose qu'un travail ,qu'une chique sur le nombril induite de faux semblants, sans sens, si je pratique le favoritisme au demeurant creux dans ces trous percés jusqu'aux oreilles, c’est pour des  caillots, comme ce  bipède instauré en un même écran d'arrêt, la  maladie est  mon effervescence ,cette pieuvre tranquille qui hésite à bien me connaître ,tant elle a  de sérénité à se loger  autant dans certains moi-mêmes, qu'au milieu de tant d'autres,et c'est ce pavé sans défaut de parole qui me suit comme un marinier fatigant tronçonne en rédigeant des révérences, c'est uniquement ça qui veut que je reste dans mon dérèglement.

La ville je ne la vois que  par ces altérations insurmontables en idées lourdes ,elle  nous explique sa passion, horreur végétale, fonction jonchée de nécessaires options, tels sont aussi les gendres mal acquis de masse imprenable, sans confiance surchargés,  désert de lettres, la ville reconnaît ses réflexes avant  moi ,les manies de vivre, carrière anoblie, je la dis trop longue, trop vaste ,puisque le pied s’en  échappe en grisaille de tourments ,et je m’y fige , c'est là que  je  réponds qu’espérer, jouer, est épouvantable aux derniers rapides de  la vie, c'est encore une formule rejetée en une seule journée, de secondes en tonnerres, aux naufrages, aux masochismes d'aveugles nés.

Ce sont les rapides de la chair qui m'ont fait  imbécile, disloqué ,malheureux, ainsi aux agences j’ai défilé hier pour un pays à la bouche sans décor et sans  fièvre ,libre de fanfarons qui portaient la lampe à l’ incertain vésiculaire, vernaculaire ,je vais cracher sur le trône  multiplié et sans emploi, c'est que ma place n'est plus dans la propagande organisée, très savoureuse au milieu des maisons d’où nul ne veut bouger,d’un départ en œuvre de commerce ,je veux  me varier du balancement, des abattements, de l’ostentation ,en  crachant leur mes synthèses, sur les rapides de leur chair qui montera se jouer de l’incorrigible légèreté de l’être.


Les hommes, tous les hommes sont des gêneurs, je dis à regret que ma course, mes spasmes  sont des réponses à leurs inquiétudes, à leurs possessions dans leur corps égrené de sueur ,c'est le drame de ma grève que j'ai voulu dissoudre en les recevant contre moi, je dépossède leurs incohérences ,les hommes sont des gêneurs, des intranquilles inutiles,  baissés sur les organiques parties en perdition, sur le malheur d'être debout, aussi quand je rentre dans cette vie ,je m'y agite à mes minarets où se porte contre moi le plus gros de la discorde de ces geignards sans amplitude, je me jette alors parmi les fâcheux que sont les humains, et je vomis.

Les hommes à eux seuls ont pour boulot de  quémander l'espoir, il s'agit que les octants ne leur soient pas comptés, je leur dis non, tant ils m'ont occupé par  leur fascination véritable pour le passage ardent dans les constructions sans échelle décaissés du spasme des marbriers, les hommes n'ont pas la bride des reproches  sur le cou, ils ont emprunté le creuset de leur ignorance dans le labeur de l'enfance  pour des vanités, cela tient leur corps dans  le commerce des rendez-vous, ce sont des sujets plantés doucement d'invertébrés plombages, pétris avec des antinomies, des objets  que je veux éloigner de moi, qu'ils restent ce qu’ils sont, qu'ils me laissent avec mon air de potache, et qu'il ne me soit jamais trop tard pour bien m'en extraire.

C’est en aveugle que je vais dans les paradigmes  qu’ont jeté des anges rongés de désespoir sur ma route inviolée, quand ils ont vu que leurs carcasses gelées étaient pendues à leur pauvre domaine comme des hommes sans toit, despotes à leurs heures, qui tiennent la mélancolie. pour un colt ou de la chevrotine ,je les ai donc guidé sur les parterres ,parmi les tables, là où je m'adressais aux femmes avec de la la frénésie sur le nombril, et qui riaient de leurs injonctions, dissentiments du  nord de la raison qui vont s'exposer sur les faîtes de leurs occupations, jusqu’au petit tenace ,au meilleur de mes appuis, ma potence, ma patience mal acquises furent autre chose que leurs aiguilles.


L'insinué, désert  des destinées du commandement a des mécaniques, des levures de connaissance à cent lieues de la farce idiote, entre la forme du mépris et de la méprise,  l'insinué pétri comme une femme convenable a du  mal à compromettre nos bassesses, il  est à la hauteur de mes nefs où la défroque est en gerbe au taux des communiantes, ici aussi  se glacent des hommes absorbés par les malheurs venus à leurs certitudes, certains étant mis à distance des mains sans précédent et ont eu une aubaine ,terreur ombrageuse ,sauterie sans gouvernante qui s'insinue  jusqu'aux lupanars gérés par des gueux, et par ceux qui se sont enfin ensevelis d'enfance et  ne parlent plus que d'une habitation emplie de démons.

Dans l’attente, ce travail aux expressions d’un visage plein de honte et d’effroi, je pèse une vie passée à deux, sans en avoir évidé le sens ; cette attente d’une main soufrée, elle est là aujourd’hui, et cette autre manière de l’interroger ne me vient plus dans l’idée de taillader des mots et mes veines pour de hautes transparences. Là ,au bord de ces sorties de route, celles que j’ai longées les soirs où je m’étais amoindri par des alcools, me viennent encore ses regards, ses prodiges, ses continuelles justices et justesses coutumières. Je n’ai pas prétendu autre chose que la difficulté d’être était saillante, sans cesse modifiée, modulaire, avec en nombre des blasphèmes et des contradictions, j’ai eu des mots qui lui furent malvenus, qui ne lui ont rien appris, voilà que ma prétention à la grandir se fait plus petite, je me veux toujours d’une autre espèce. 

Tant elle va par les croches se borner de cette sombre créature qui la traverse de part en part comme une hache destinée à de funestes cérémonies, tant elle a la couleur et l’odeur d’une gardienne de souvenirs, que sa mémoire fait mûrir en les tassant autrement que par sa malencontreuse geste, là, elle y a des pierres sur lesquelles elle va pieds nus, sans nulle autre douleur que l’effort d‘un ahan de bête calcinée. A la regarder tel un animal de bât, étincelante de sa propre chaleur et lumière, celles qui naissent de ses nerfs, de ses nœuds, de ses yeux d’anthracite, je la salue lorsqu’elle se rend jusqu’à cette chambre où nous avons bleui nos chairs de nos viles tendresses, de nos profondes brouilleries, ceci aussi vaut pour mon désarroi. 

Cette dernière qui est d’un autre ordre que le mien, vient péter mes membres et mes mâchoires à la manière d’un boxeur outragé, ou tel un officier qui injurie dans le matin calme où la diane va au réveil d’un combat qui n’aura pas lieu, et tant de la savoir éperonnée de toutes parts, dans son corset de solitude, me vaut moins d’égard qu’à un chien qui court en épingle se frotter contre son maître. Raidie aux roues d’un équipage qui défaille sur de larges routes lissées comme un torse de tortionnaire, elle est l’image même d’une qui se baignera dans le sang des fresques d’un quaternaire où se règlent des nuits sur des parois schisteuses, à l’abri des froides dépouilles, et voilà pour  moi le grand foutoir de son âme ulcérée, le grand boxon de ses hautaines maladies, les grandes petitesses de ses affectations subites, je vais m’apaiser d’elle en allant dormir dans un autre lit .
 
On s’attache à ses rebuts comme pour traîner ses obscurités, ses obscénités , ses stérilités loin des époque où l’on confondait mourir et mûrir, et notre sang s’est répandu dans les orties et l’or des épines aux jours crayeux de devenir, nous sommes venus à bout de nos fins poignets ,en y nouant des cordelettes et des lacets, que des mutilés de naissance se liaient aux genoux pour ne pas choir, et tels autres sont toujours dans le grondement d’un âge où la glaise et la boue ne referment pas les cicatrices, comme ces cataplasmes que nos aïeux s’appliquaient à leurs chairs meurtries, et dans nos visages, nous les hommes pillés d’une tendresse mal entretenue, vient le bourdonnement de la cendre des arbres contre lesquels nous avons gravé le nom de celles qui sont allées trop loin.

En murailles d’idées

L’univers se détache

Et la mémoire enclose

Aux nombres des durées

A de sombres revers

Comme des tours jumelles

Où les ombres les livres

Amassés dans les siècles

Brûlent en plaies infinies

Comme tonne le temps

Ce bout doré de nous

Qui aux larges poitrines

Déploie un monde faste

Large ouvert soutenu

D’indicibles ardeurs

Qui viennent d’honnêtes hommes

Jetés dans le noir souffle

Où les saisons se couchent

Pour y trouver la fin

D’une mesure seconde

Dont la cible est le poids

De nos morts annoncées… 

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Au chagrin où tu défailles

Se veut une autre ardeur

Que vivre humblement

Comme une bête laborieuse

Dans l’alpe aux mouvants âges

Là aussi le rappel

De nos humanités

Ondule de noirceur

De beautés douloureuses

Et chacun à sa vie

Porte la connaissance

Dans l’unique dessein

De ne pas s’obscurcir

D’un autre que lui-même

Qu’il n’aura pas surpris

Dans les remous où bougent

Les vides considérables

La lumière au front bleue

Des antiques merveilles

Qui tantôt chantent l’ordre

Tantôt le fond des lieux

Marins où se déversent

L’origine de vivre

Et celle de recouvrir

Son corps de souvenirs

Plus brûlants que des cierges.