Au jour le jour 225

Dans cette même ressemblance

Que vivre mène au jeûne

A une adolescence

Profonde comme l’argile

Vois ce qui s’approche

Entre le feu la houle

L’embellie

L’évocation guerrière

Du très haut où tu maintiens

Ta main en oriflamme

Descend l’ange impudique

Souffleur d’été évanoui

Avec dans son dos

Les pointes pour un crime

Cet immense attelage

Et son calme infini

Deux ailes accoutumées

Aussi sombres

Que l’imminence.

Au gel déclinant

Que la lecture du secret

Rend aussi terrible

Que la même

Terreur de le garder

Nous voici

Soutenus par nos gestes

Nos détours

La hâte de nous livrer

Inclinés comme des bêtes

Qui s’ébrouent chancelantes

Striées sur des parois

Pauvres sans idées

Nos mains creusent l’espace

Pour y ajourer nos blessures

Nos crimes nos millésimes

Chaque pas

Scansion pour nous unir

Nous essouffle

Nous mène vers ce lieu

Que n’enchante aucune eau.

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Avec ma force

La dignité

L’amour comme il se boit

Nos monstres apocryphes

Levés pour l’écriture

La sainteté

L’embaumement

Je partirai

Point de retard

Point de salut

Tout m’ordonnant

De parcourir le monde

Les pistes cendrées

Entendre

Ce qui s’amplifie sous l’écorce

Le chant des vagues

Des nuées

Où l’ange travaille à des rédemptions

Voilà que j’entame

Que je creuse

Dans cet intervalle

Où défaille le langage

Un mot un seul

Plus rien

Ne devrait m’être étranger…

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Rien en dehors

De cette somnolence

Que le clocher rend vaine

Ne ressemble plus

A mon sommeil

Fleuve que je traverse

Pour me détourner des hommes

Que ce volcan

Qui brûle

Que l’on ensemence

Je retire des cailloux

Afin d’encore et encore

Les rouler sur la mer

Criblée de lumière

Aussi bleue

Que les incendies

Attisées par ma main

Si proche et si lointaine

Quand les rêves

Se dérobent à d’autres rêves.

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Plus bas plus bas

Où le sang afflue

Cette impatience bâillonnée

La porte des enfers

Et des enfermements

Gâchette et exorcisme

Quand la main s’engage

Convoite en intérieur

La morve des fontaines

Les foutoirs

Où gâcher fait du bien

Amour bidet bidon

Seuls les sons s’allongent

Cris râles et repentirs

Pour une indécence aveugle

Qui ne délie ni la langue

Ni les muscles

Quant aux lèvres

Closes caisse de dissonance

Elles restent aussi sévères

Qu’une cariatide arraisonnée.

Je ne peux plus rien dire

Sans désarroi sans fièvre

Sans immodestie aussi

Tant sont les hommes insanes

Harnachés pour des sentences

Avec leurs meurtrissures

Dérisoires comme le luxe

Dans lequel ils se vautrent

Cachet cachot sceaux bibelots

Ventre à terre

Tout ça pour se raccrocher

A leurs souvenirs

A tous les pièges

Qu’ils ont déjoués

Pour des équilibres

De primaires et de primitifs.

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Voici les chers objets

De nos corps triomphants

L’amour en vertical

D’un bien accoutumé

Et cet autre couché

Traversé à son flanc

Par une épée rigide

Et qui vient de l’avant

De ce ventre rouvert

A tant de certitudes

Comme un monstre impavide

Gonflé aux attitudes

Extrêmes de se croire

Sur un trône vacant

Déserté par un prince

Aux sandales de vent

Aux hauteurs de bras morts

C’est un monde qui crie

En secondes pitoyables

De nouveaux alibis

Comme aux enchères closes

L’objet tant convoité

Va aux mains d’un féal

Qui n’aura pas compté

Et de suie d’anthracite

Une statue se couvre

Qui à nos yeux n’est plus

Qu’une lumière absente

Posée sur les chevets

Comme une éclaboussure

De poudre de pâte molle

Signalée à son socle

Par un artiste mort

Tout près de son enfance

De tant croire que la vie

Est un art infini

Qu’il n’aura pas admis…

Le poison initie à l’amour si on ne le trouble pas avec du poison. Aussi afin que tout chemin mène à la droiture il ne faut pas en parler avec gaucherie, mais raisonnablement comme dans le sens de s’allonger pour de l’amour qui ne soit pas vain, avec des arguments qui rendent le contenu du chagrin assuré d’incohérence et de malignité, comme l’est parfois Pia Colombo lorsqu’elle chante en anglais et que nous ne comprenons rien.

J’ai toujours su que ma volonté était veule, et que trop ébloui par mon poids terrestre mes ombres ont altéré mes yeux et mon cœur, c’est pourquoi de cette race qui m’est nécessaire pour m’extirper de ma douleur , je tire des couleurs et des couleuvres pour en faire les tableaux manquants de mes désirs inférieurs.