Au jour le jour 223

A dire ce qui picote

Tremble sous nos paupières

Nos mots se sont éteints

Comme en un cimetière

Et de morts habités

Dès nos effacements

La vie entière se fait

Tout en retardement

A dire ce qui nous comble

Longs doigts sur les coutures

Souvenirs des repas

Pris dans la démesure

Nos mots se sont chargés

Comme en sombres desseins

A peine envisagés

Pour être lendemains

A dire nos maladies

Attaches intermittentes

Nos mots se sont voués

A ces vastes attentes

Ou chacun s’alanguit

Ou chacun se démène

Tout de nuit étourdi

Jusque dans le phonème.

Sur les écrans souillés

Par des crimes sans signataire

Les lames et le ressac

Altèrent nos profondeurs

Ce qui roule et se rengorge

Puis se dissipe encore

Ce n'est pas le bourreau

L'assassin le sicaire

Mais celui qui regarde

Averti du poignard

Du geste du signe obscur

D'une ancienne mémoire

Dans l'image désolée

Que le hasard produit

L'ombre est à retardement

La lueur une commande

Et toutes les lingeries

Les rotondes les chiffres

L'équilibre algèbre des sens

Irise jusqu'aux rétines

Un acteur au profil

D'aveugle et de mendiant.

Quand un oiseau s'envole

C'est qu'un enfant roué

S'est levé de son lit

Les yeux tout embués

C'est qu'il a de sa nuit

Oublié les ornières

Et sur la terre enfin

Déversé ses prières

C'est que sur ses passages

D'une main salutaire

Il a forcé les feuilles

A fouiller sa misère

Que dans les plaines humides

Où les étoilent dorment

Il a su disperser

Et le vent et sa forme

Que pour le remercier

L'herbe aux parures d'or

S'est enfin soulevée

Pour s'infiltrer d'aurore

Et n'en rien altérer.

Il est un exercice

Il est une expérience

Sous des formes voisines

Que je ne sais plus faire

Tous ces curieux objets

Aux sombres transparences

Recèlent moins de passions

Et bien plus de silence

Le ciel buvard qui bave

La plaine et sa mollesse

Sont des tombes annoncées

En des signes que bercent

Les vents multipliés

Toutes les saisons tragiques

Où se versent les eaux

Sont plaies et rétentions

Et dans cet exercice

De vivre de te montrer

Je réalise enfin

Que je ne sais sembler.

Elles nous ont sali, sali en profondeur, laissé des traces sur les sofas, les canapés, les tentures ;concepts imprimés, comprimés en nous, elles  enfumèrent nos théologies, nos théogonies, toute la chaste ribambelle des déesses que nous aimions ;alanguies, pleureuses parfois, dans les golfes du sang et du songe, elles nous ont rogné, bouffé jusqu’aux simiesques désinvoltures ;elles ont mouillé ailleurs, c’est cela notre désarroi, notre épidémie de ce jour ;mais nous les détenons encore dans nos souvenirs, pour cette extase imbécile d’écrire, qui nous embarrasse plus qu’elle ne nous élève, avec des mots qu’on voudrait imprenables.

Et tel autre penché

Sur ses premiers émois

Qui sait nous faire aimer

La conscience et la fleur

Le voilà monstrueux

Avec ses mains si froides

Qu’elles consentent au miroir

De nouvelles figurations

Celui là perçoit

Tous les travaux

Toutes les lourdeurs

De nos enchantements

Les moindres transparences

Considérées en rêve

Comme des altitudes

Des incertains combats

Et cet autre penché

Sans même avoir bougé

Est-il à mon regard

Plus élémentaire que moi.

Aux poussières prises aux saisons

Je préfère

Les déserts où se transportent

Des insectes doués de sang

Agitateurs ajouteurs de temps

Qui vont par étapes

Dans les sources

Transformées de soleil

Par les neiges parfumés

Ecrans saupoudrés de chaux

Je préfère au vaste ennui des plaines

Retournées par des mains laborieuses

L’eau des fondrières

La chevelure épaisse

D’un ciel sans distraction

A l’idée d’être ensemble

Je préfère

Celle de cette solitude

Où toute ombre est un renégat

Qui serre contre son cœur

Une mère morte

De ses étranglements.

Ce sont mes frères insaisissables qui me pardonnent encore, mes frères qui m'entendent en lointain et qui me congratulent ,mes frères de clarté dans des romans attentifs à mon histoire, n’aurais je pas rajouté la conjugaison qui me rassure, mes frères forestiers dans la pagaille sentiment  l’aurait fait, qui portent la misère parmi le droit lieu où la vie vient sans que les organes ne soient  interrompus,  mes frères qui me limitèrent à l’ obscur qui s'abat à ma tâche, sans que  j’aille jusqu'aux enseignements affectés,  mes frères qui me cherchent , amusent  mon corps à remonter dans les pénitences, mal  d'être pareil aux mêmes qu’eux, sans que je les brutalise.

La nuit dans une officine solide de son mode de vie vont mes travaux purs ,souterrains, à le répéter  me console de  tout ce que les humains ont comme  visage ,et leurs poisons n'ont que la grandeur fade  pour pénétrer dans mes  impatiences, que des héros décidés à la merveille, éditent  le matin  par de la mélancolie, et le geste coïncide avec le souffle parce que ce sont des aveugles qui  les perdent en cris  ,la nuit  est une athée  interdite au  sable ,et le désert désiré est un embarras, espace venu parmi les automnes pour se mettre pourtant parmi nous, écoliers qui voulions  tout avoir dans la ténèbre, l'an  est d'une distraction pour nous perdre entre les jambes des femmes.