Au jour le jour 222

 

Elle est la hache levée contre le bois vagissant où s’ouvrent les léproseries des mousses affectées d’un grain moins mur que nos sauvageries. Sur les années torpides, la tueuse aux baisers d’araignée maligne se borne pour la course aux outrages, cette bénéficiaire de faux azurs s’assermente en odeurs d’objets défectueux, et ses plaisirs vont de la bénédiction à l’informe masse des cierges qui ont salivé sur des plateaux de nacre, cette mieux sainte qui n’en finit pas de s’exténuer à des rédemptions spleenétiques, a des désarrois où rouillent la singularité de ses conventions, de ses convictions et de ses prières, de celles aussi qui vont aux bouches cramoisies de reîtres employés à trop mal la défendre ; elle est, et cela je le sais parce qu’elle fourre sa langue dans ma bouche pour des apprentissages de derrière les fagots, mon véritable effroi, ma passion blafarde en blancheur sale et étale, mais qu’y puis je, moi qui ne sais me servir que d’un rossignol et d’une clef à mollettes, tout cela sur des lignes droites, réellement droites…

Aérienne, nonchalante, avec l’effroi contraire, et tous les symptômes des formes édifiantes de la morosité, la voilà dans le désir qui va de la comédie aux arrières salles où les soulards bavardent sur des empires aux mains de rustres, qui ont des obsidiennes dans les yeux et des opales à chaque doigt. Là aussi, il faudrait corrompre tout un monde, dans l’ordre rare de le prolonger dans des ménages à trois, des péchés par gourmandise, ceux de la culbute aussi , pour en faire le témoignage de ceux dont les enjeux épisodiques sont des avatars performants, qui se résignent à regagner des chambres noires, dans le brouhaha des rouages crénelés comme des encoignures, là, on les abattra pour de supérieures normalités ;voilà qu’il faut à nouveau tout ramener vers l’homme tourbé, fourbu de n’être qu’une sidérante balourdise, si sidérante que de le regarder en face nous viendrait un mépris pour des prologues qui n’en finiraient pas de le poser dans une glose sans destinataire…

J’aime qu’un arbre naisse

Auprès de ma maison

Que mes pensées sans ordre

Soient dignes imperfectibles

Que du bonheur simple

Soutienne les éléments

Que quelque éclat cendré

Figure nos morales

Que les fenêtres donnent

Sur autant de passion

Que sur tous les visages

L’amitié s’indolore

Que ce qui paraît bon

Ne soit pas une énigme

Qu’une fille originelle

Moins légère qu’un péché

Ouvre ma porte se cogne

A mes témérités

Et que tous deux disions

J’aime qu’un arbre naisse.

Afin qu’en tout tu sois

Ce qui bouge et grésille

Les objets les plus beaux

Inutiles éphémères

Les lettres les chansons

Comme autant d’adultères

Je mets ton nom subtil

Et c’est lui qui m’aiguille

Afin qu’en tout tu sois

Les landes les forêts

Les eaux troubles oubliées

Au milieu des jachères

Les douleurs importantes

Etalées souterraines

Je mets ton nom sérieux

Comme les anathèmes

Afin qu’en tout tu sois

Le réveil l’habitude

Mon gîte universel

Sous un ciel délivré

Je mets ton nom en diane

Et c’est lui qui m’élève.