Au jour le jour 221

Tu te résorbes
Tu es la première
A fouiller dans mon ventre
Mes yeux et mes regrets
Ta gloire reste
Ce que tu consentis
A l’homme sauvé
Ce forçat d’innocence
Ebloui par une autre saison
Voilà que je t’offre
Mes défaites
Pour une nuit louée sainte
A force d’équivalences
Voilà aussi qu’ivre
Malgré ma chair indemne
Effervescente
J’épure
Tout ce qui nous liait
Je geins gémis
Mais j’ai quitté tes lieux.

Par mon âme bleuie dans les encombrements les feux  l'eau le vent les jours de fête et de sort sont des hauteurs que nul atteint et meurt des anciennes amours ici j'attends une affaire là je vais dans les nocturnes tes  confrérie des garçons où apprirent à vendre mes pays pour une menue monnaie d'autres fois encore lorsque je dépasse les réseaux dans la  soif et  la fureur du jour j’ai des alliances avec les hommes qui se mesurent  avec faim de  les perdre mon inflation est dans des regrets j’ai des armées effrayantes  pour seulement me jouer de  la terrienne qui nous enchante plus largement. Plus de meneuses et plus d’échardes  avec leurs deniers qui ont fait la joie des rondes stériles, géantes dans les cliquetis des civils ,mon âme est un paysage choisi…


À la gloire à l'exil à l'orgueil naissant
tu as donné tes veilles sur le palier des ans

la feuille s’est flétrie saluant l’âme vive

du verger établit sur de nouvelles rives

tu n'as plus devant toi tous ces astres précaires

où allait ton regard  dans la douce lumière

la sève s’est emmêlée aux plus sales souillures

et ton corps tout entier se couvre de blessures

élève qui n'a de jour qu’en maître  finissant

chacun apprend sa course contre le cours du temps

et chacun fauve d'or fourni  de médaillons

croit tenir en son sein une nichée de bourdons

mais le déplacement attendu par les hommes
reste sans ornement ils s'engagent  sans borne
là où au soir d’honneur personne n’a régenté

qu'il sera  un seigneur  ou bien un portefaix..

En pleine marge dans les carreaux aux lèvres de charbonneux, j’écris gravement la lente procession du temps pour des jeux équivoques. Mes mousses, mes déliquescences, boire jusqu’à santé des autres me ramènent aux inscriptions  grossières de mes trente  ans entretenus pour des filles gainées comme des ajoncs. Je ne garde aucune étreinte pour moi ,je les repousse vers les caisses de résonance de ce cœur qui rit de s’être tant indigné des duperies centenaires ,l’accablante lenteur de mon pouls me fait un bel avenir. Je vais gravir des montagnes ,, escalader des pics, m’envoyer en l’air pomper  certains et en faire ,mais j’ai si peu de provisions que pour élever de poules et des pierres, il me faudrait quatre mains, deux pour saisir les pierres, et les deux autres pour viser les poules , si je ne les atteint pas, ce sera une méprise, le dur labeur de s’entretenir ne va pas qu’aux conversations. Je vais franchir le torrent, et voir ce qui se passe sous la vapeur des coches.

La belle invention que le grisou, ça pète, ça étincèle comme une lettre portée à l’injure, ça implose au-dedans pour des combats de minette et d’anthracite , ça fait coucou ,ça tombe à pic, pile là où il faut ,et puis les morts, du jamais vu ,de beaux morts ,écrins de chair rutilante, ça en jette un froid ,on pourrait en devenir fou, on finira toujours par l’être, les occasions ne manquent pas ,mais le grisou avec son air entendu, ses longues jambes soufrées, ses poussières de diamant, il est là dans le feu l’enfer central de la terre ,et les hommes le savent, et les hommes l’attendent, ils l’attendent si bien et si fort, que même en surface, l’horloge avec ses lustres ,ses guets, leur rappelle les sentences chtoniennes, la belle invention que le grisou, j’eus aimé que dans tant de demeures là où la cheminée sèche le sale linge des familles, il se déploie avec ses vapeurs et ses transparences pour de la pétarade ..


A l’éternelle absente Ninive ensoleillée

Aux troubles de mes ans à peine administrés

J’ajoute que je buvais à sa bouche savante

Les notes et les mots comme en une eau dormante

Et s’il me fallait rire s’il me fallait pleurer

De la rade aux remparts où dans un bois secret

Je dirais aux lichens aux cèdres libertins

Laissez moi me manger me pourfendre les reins

Car mes calligraphies mes proses ma dictature

De ces chemins de fer jusqu’en littérature

Ne sont que des linceuls ne sont que pièges à bras

Toujours en même face toujours en au-delà

Je resterai sans colt fusil ou muselière

Je n’abats pas les chats même en un cimetière

Mais j’ai dix sous en poche pour quelques ablutions

Pour oublier de l’homme toutes les propositions…