Au jour le jour 217

Par les obscurs combats de nos naissances aux mains des prêtres fous, sans courage, nous sommes devenus des hommes occupés à traverser tous les fleuves empierrés. L'obligation nous est faite de trouver la bonne déferlante qui nous conduira aux appontements. La loi de ce monde n'est pas à nos coutures et coutumes, elle est de dire adieu sitôt le premier vagissement commis, je me suis donc exhorté à ne rien commencer qui ,ne se ferait dans la grâce, dans l'amitié, dans l'amour avec ses nobles obscénités ,encore faut-il trouver celle qui s'approchera de moi en primaires travaux de séduction et d'entrain, qui ne me repoussera pas aux marbres des pierres tombales de cette enfance où je fus obligé à des prières sans destinataire, qu'elle ajoute au point le plus délicat de mon corps ses coups de dents de louve et de lait. Je sais aussi que mes passions me rendent déraisonnable, que j'y ai des tours de garde où d'une seule ma main j'abats des guerriers dépositaires de faux testaments sur l'autel des prêtres bilieux, car ma noblesse est dans la juste mesure des choses menées à leur terme, puis je rentre en ordre serré de moi même dans les brigades des brigands qui vont au ciel pour demander au père éternel de mes deux, qui est aux commandes de la ville ,et qui en possède les clefs ?


En m'ouvrant en mon centre, j'y trouve un orvet, une capsule de bière belge, un briquet, une portion d'ailes d'uranie, un bout de coque de navire, des objets dont personne ne s'enquiert. Je les mets dans une boîte de  fer blanc ,ancienne ,d'âge crépusculaire, où nos grands mères avaient des gâteaux ou de la monnaie, puis la range dans mon armoire à linge. Dans les jours qui suivent, l'orvet a bouffé la capsule, le briquet s'est enflammé et a cramé les ailles du papillon, le bout de coque s'est consumé du même fait, ne restent que des cendres. Ma désolation est grande, j'assemble ce qu'il reste avec de la glu, je pose le tout devant l'âtre pour qu'il entre en relation avec les jeteurs de sorts des nuits toute en oblique, près du feu chaleureux, rien n'adviendra, je sais que des relations ne peuvent s'établir dans un cagibi, pas plus qu'en public, je ne serai pas dupe une autre fois. 

Dans la sévérité obscure des nuits où les béliers ont le visage des vierges folles, j'emploie des guêpes pour qu'elles les piquent, je suis d'une nature effrontée et violente, c'est un travail que je récompense avec du miel et des sardines dont sont friands ces coléoptères, les guêpes, ça aime sans fléchir se vautrer dans la moiteur des denrées douces ,ou se mettre dans la génuflexion et enfoncer leur dard là où l'on aura du mal à l'extraire. Après tout ceci, comme le jour ne point pas, je ficèle entre elles des poupées flasques que j'ai cramées avec un petit brûle gueule, je les peinturlure, les encage dans de vieilles caisses où le vin est devenu pourriture...Les poupées se défont de leurs liens, se crèvent les yeux et les tympans sans que je n'entende rien, perfection de la robustesse et de la justesse de la vie, il y a des choses qui ne nous concernent pas..Aux premières trouées de l'aurore, j'ai du violet sur les mains et à la bouche, ceci m'est intolérable, je n'ai pourtant pas pêché contre ma nature..


Plus longue
Que toutes les processions
Que la marche
Vers une tentation
Voilà notre nature
Et notre maladresse
Nos similitudes
Ailleurs assassins
Ici sanctifiés
Connais- tu ce pays
Avec ses pompes et ses brouillards
Où tout disparaît
Dès lors qu’on le voit
Celui où des hommes
T’ont mâtiné
Comme des chiens qui s’égouttent
Qui s’écoulent
Jusqu’aux oublis
Connais tu
Comment se mouvoir
Est devenu une errance
Et pourquoi les dépouille
Avec leurs os et leurs gravats
Nous éclaboussent encore
De la couleur de rester.


Je n’ai pas voulu
De toutes es rencontrées
Sans fond et de blasphème
sElles me donnaient à boire
Engrangeaient mes souvenirs
Ressuscitaient mes enchères
Mes emprises
Je n’ai tenu à elles
Qu’au terme du bonheur
Mufle assujett
Au microsillon
A la glose
Aux résidus
Elles ont meublé mes nuits
Avec la lenteur
De dire oui
A ma nonchalance
Mes excès et mes drames
Je me déroulais
Dans leurs artères
Avec ma langue et ma bouche
Pour défaire
Tous leurs panoramas
Mais voilà
Que mes vingt ans
Que ma paix
Finissent au bûcher.


Si dans ces chers travaux
Mouroirs de toute chose
Résineux obscurcis
Avec l’homme pour le passage
Si dans ces chers travaux
Nous retrouvions nos familles
Les latrines de l’être
Nos verres vides
Et l’existence à relier
Tout ce qui persiste
En nauséeuses inerties
Qui nous déroute aussi
La force des résolutions
Les saisons à traverser
Les orages avec leurs cotres
Alors confondus
Debout c’est clair debout
Mais patentés
Nous resterions intacts
D’avoirs été si clos.


J’irai
C’est bref mais j’irai
Je franchirai les ombres
Tous les degrés de l’air
Ces corps qui se révèlent
J’irai
Avec ma mémoire ténue
Avec mes soupirs et mes pauses
Avec la pâleur pour me sauver
J’irai
C’est bref mais j’irai
Avec mon ennui conjuré
Ma peur et mes lâchetés
Rougi d’anciennes prière
Par  ce qui me rompait aussi
Me corrompait
J’iraiJusqu’à éteindre
Mon visage et mon âme
Vers ce visible atteint
Pour des noces de pierres.

Aux souples acidités des jeunesses infécondes
Nous sommes la lumière contaminée
L’esprit sans besoin
La besogne rugueuse
Des fixes papautés
L’habitude
Notre nef sans présent
Navigue dans des éthers
Avec leurs chiens couchés
Aux contreforts des villes
Vois ce qui libère
La logique incessante
Le temps passé à se recoudre
Avec nos gueuses élémentaires
Quand à chaque saison
Un infirme
Pour se détourner de vivre
S’absout avec ses prières ignorées à nos hautes faiblesses.