Au jour le jour 197


Pleurer
Sur la lettre bienvenue
La traîtrise décente
Claire comme un regard
Où sont les premières
Dalles de vivre
Pour sortir de soi
Un cadavre borné
A la littérature
Cette vieille dame
Qui sent la naphtaline
Et les essences
Des cailloux
Pris aux parois des à-pics
Fredonnant une prise
Un prisme
Avec des mouvements arithmétiques
Telles des marées montantes.


Donne moi de penser
Le ciel inaltérable
Les reliefs désolés
Où s’étreignent les bêtes
Charbonneuses cendrées
Dans la neige que soulève
L’amer vent établi
Au ponant obligé
De tenir dans mes mains
Les religions décentes
Où des hommes de cœur
N’ont pas de lourds désirs
Et dont l’intimité
Requiert une douce base
Comme on s’assied à table
Au milieu des amis
Sans jeunesses contraires
Eclatantes et vermeilles
Comme l’est ton visage
Au sortir du sommeil. 

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Je ferai soumission
Dans le jeûne et la paix
J’irai muet taiseux
Au milieu des futaies
Etablirai ton nom
Sur les chênes triomphants
Au ramage de pourpre
A  l’automne languissant
Dans les fougères bleues
Je poserai mon pas
Ces traces inaltérables
Comme en double compas
Tracerai dans les sentes
Des regains de piété
Quand le masque qui manque 
A d’autres impunités
N’est qu’un glaive sévère
Qu’il faut déprécier
Et dans la nuit aux yeux
De louve de dioscures
Je redirai ton sexe
En nouvelles coutures. 
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Au nu rebours dormeur
Où tu es glorifiée
Un ange au baiser ivre
T’inonde de rumeurs
En présence d’un ciel
Plus profond que la mer
Il couple à l’endormie
Une part de soleil
La fin claire d’une croche
A l’âme violacée
Où s’est en nombre pair
Déplacée la présence
D’un confident obscur
Au regard tendre et doux
Dans le jour adjacent
Sans tain sans vaine place
Il regarde ta vieS
ans nulle piètre menace
Et veille à cette femme
Dont il connaît la trace
De la sphynge prolongée
Par delà les ornières
Et qui va s’établir
Aux dormantes marnières…