Au jour le jour - 192


Dans ces vieilles histoires de nourrissons marins au nombre de dix mille on parle aussi de ligaments de nerfs de tessitures pesantes comme d’une façon directe de décrire une plainte contre un monde qui marche sur la purée la boue de ses vestiges une commission de vieux indiens a mis sur la touche un enfant né dans un après midi d’août mois funeste selon certains après ces faits tous se tinrent à l’écart de leur épouse une année entière comme beaucoup étaient carrossiers ils s’aigrirent au commerce des toiles des poupons des effigies grotesques sachant qu’ils y mettaient l’énergie la lumière la colère qui auraient dues être dirigées vers des dauphines maintenant qu’ils n’ont plus comme arme que des remords ils admettent que les dorsales les lombaires leur sont douloureuses et s’ils restent présents dans leur panoplie du montrer ce n’est que pour assister de jeunes gens qui poursuivent leur métier dans la dignité dont l’usage va à un petit nombre d’hommes qui a de petites mains mais de larges paumes .



Veule lourd gras baignant dans des aurores des crépuscules sans matité que résonne t -il encore en moi si ce n’est l’accent élevé d’une femme vénéneuse enfant jouant de mes enseignements de mes saignements en paquets d’ombre infecte injure de son premier désespoir me voilà chien couché abattu d’un rifle à courte distance humilié dans l’épidémie des sens qu’elle proclamait désuets sans saveur c’est de là que me venaient mes rages d’expression mes indécences me porter dans les bras d’une autre me vaudra t-il un adoucissement de mon veuvage bruyant passage d’un livre à un journal de bord me fera t-il plus enclin à aimer ces froides beautés aux maximes marquées je veux dormir nimbé du plus sale des souvenirs du plus vulgaire des devenirs et que jusqu’à mon désir d’elle meure dans la plus extravagante des idées de meurtre ou de suicide…

Je vous souhaite de vous retourner dans votre corps dans votre peau sur la plus extrême des solitudes de vendre votre âme inavouable pour de viles de basses caresses de vous perpétuer jusqu’à la pourriture d’un âge infesté d’un temps de cris de labeurs de peines et qu’aucune main ne sache vous tenir ou vous oindre que dans vos nuits les chiens gargouilleux de désespoir viennent laper vos songes qu’ils y déversent leurs cosmiques sanies leurs inepties biaisées en fleurs de rhétorique toutes les ignominies verbales de ces maîtres pleins d’une vacuité sans nom que dans vos jours s’altère l’idée d’un homme bon que désœuvrée vous alliez sous les cintres les voûtes prier un dieu retors inattentif qu’il vous foudroie de ses lacets d’argents de ses thyrses d’anthracite qu’aucune de vos idées n’atteigne plus au ciel que tombée au plus bas de vous-même vous vous écoutiez geindre jusqu’à en vomir ayant su que vous n’étiez que dans cette oisiveté d émotions de couleurs de farces célestes une paresseuse spectatrice de ce qu’elle pense je me mets au plan de celui qui n’a pas à rougir de lui je veux en rester là…

Après cette conversation mal orientée il convint qu’on repassât sur les revenus que s’attribua la commission qui tint sommet à Dobrinja ville où l’on teint des caniches des siamois pour les mettre dans le bon ton du temps au sein de cette maison où les mesures sont inscrites au nombre des années folles et mortes sous les coupons couperets des mauvaises manières il reste des corps champêtres qu’on assiste avec la fidélité des chiens qui souffrent en amont d’un monde de sanies de sortilèges de fièvres d’armes de mines gélatineuses dans les mois bien avancés des saisons mornes laborieuses il est d’unanimité de lancer des missels des missiles contre la vie contre un dieu impassible de sale autorité l’avancement qui est alors d’usage n’est plus que le compte rendu de la nudité de ces femmes qui ont des monceaux de maternité à nous foutre à la figure leurs tristesses sont des semonces rien ne compte plus désormais que ces contes cruels qui nous endorment de nous mêmes un acide dans la bouche une biroute entre les mains une batterie entre les cuisses une diatribe dans la bouche pour perdre amèrement le sujet et son complément…

Maintenant que vous m’êtes contraire que dans votre adversité vous vous manifestez dans d’odieuses disgrâces vous vous pressez de vous instruire de ce que je fus c’est là une de vos contusions une de vos confusions petite débauchée écervelée ramassée imprécise dépendante d’un sexe opposé qui croyiez vous mettre contre votre sein sinon un homme sans contentieux un homme qui vous tenait la portière et s’inquiétait de vos traversées diurnes sous l’autorité des complimenteurs réfractaires à vos internes déchetteries foin de vos définitions de vos belles occasions de tous vos vieux soupçons rapiécés comme des serpillières que dans votre légitimité vous pleuriez à présent d’une jeunesse qui passe ne me chaut pas vos mensonges étaient bien dits charmants tenaces stries gratuites en plein d’un cœur qui s’aorta tant de fois vous ne me jugiez pas digne d’être dans votre vie à votre vue que dans vos jours plus un seul service ne vous vienne quand vous serez dans la demande d’une aide ou d’un mouchoir celui avec lequel vous me bâillonniez pour m’exclure de mes mots que tout vous porte atteinte que vous vous démeniez dans le corps d’une que la solitude dévore voilà mon souhait et que vous ne trouviez quiconque qui vous prenne la main pour l’enserrer dans la sienne…