Au jour le jour 177

Les moissons propices à nos clartés rêches vont aux mains des femmes qui n'ont commis aucun crime, l'homme qu'on ne peut retenir construit pour elles des arceaux de chaleur, qui tournent aux collines abandonnées comme des girouettes qui donnent au vent la forme des grands rires rauqués et calmes, les routes secondaires renaissent de nos langues douloureuses, et nous les empruntons telles des mollusques caillouteux assoupis dans les siècles de poussière, au soleil qui cloue de l’or aux portes se heurtent nos corps refermés sur d’improbables voyages, reste pour les jours à venir  la couleur d’un temps sans villégiature.


J’attends le bel oubli

La chaîne cillée

Des fins de soirée

L’ordre avec ses gonds bleus

Le salutUne maîtresse de maison

Qui a perdu ses clés

J’attendsUne charmante introduction

Dans l’émeute de la vie

Quand la lumière pleut

Dans les officines ouvertes

La largesse des jours joués

Contre la vie

J’attends

Un héritage une invitation

Le retour de mes frères

Qui ont perdu la tête

À trop déserter le monde

J’attends l'animal aveugle

Dans un labyrinthe

Pour un présent expéditif.

L'effrayante chaleur

De ce gisant brumeux

Contre ma poitrine

Indolore poussiéreuse

La voilà parfumée

Comme les hautes cimes

Avec l’attrait

Des bêtes majestueuses

J’attends que s'écoulent

Les vagissements de l'oubli

Lorsque je dormais sans inquiétude

Avec des narcotiques

Écrasés entre mes doigts

Dans un sommeil arrêté

Avec la prudence et la fièvre

Dans l'idée d’une nouvelle comparution

Puis effrayé

Je me dis

Que je ne veillerai plus.




Tapis d'acétylène

Pour les nouveaux crimes

Où le sang se dilue

Au cuir mauve des bêtes

Abattues en crapaudines

Voici des vérités

Semences dans les distances

Et nul ne sait

Quelles sont des lanières sous la peau

On s'abaisse au nouveau jour

On se relève au suivant

Dans la carrière d'un veilleur de nuit

Les heures d’hiver

Ont la charge

D’une langue ancienne

Violente comme la paix

Rien ne nous émeut plus

Nous dormons avec la laine bleue 

De ces malfaiteurs

Qui ont la tête d'un agent immobilier.