Au jour le jour 143

Quand dans l’incendie, les filles gobeuses de réveils et ports élémentaires ont des cruautés d’épées nues, je me vois en chevalier que les plaies ont arrêté aux stations sans fleurs, j’épingle un paon sur ma poitrine, et ma secrète félicité devient un brûlot habituel. Dans ce silence où même la mort s’oublie, je vois mon frère sur une tour, c’est un temps de neige, et les scorpions bouffeurs de lune ont plus de plaisirs et d’artifices que toutes les putains penchées aux fenêtres des wagons. Ma mélancolie est une saison sans jugement, sans intention, rien ne vient à ma gloire, pas même cette grande armée que les antiques feux ont brûlé sur les places impériales. Je répète le théâtre de l’avenir et pleure sur le passage du nocher.

L’homme rompu

Mal chaussé

Clamant ses inquiétudes

Défaisant des orages

Le voici sombre encore

Alourdi par ses plaies

Il parle de voyage

Que ses membres retiennent

Des filles légères

Aux jambes gainées de poudre

De la marche du temps

Vers les horizons mornes

Il garde les yeux clos

Sur l’image finissante

D’une qui va

Qui met son pas

Dans le silence

Et sa voix tremble

IL va dormir

De tout son poids

Dans la nuit aigre de durées

Celui là qui poursuit

Avec ses mains de neige

Le bonheur dévalant

Les raides escaliers

Sait-il qu’il profère

A la femme tant aimée

La pire des outrances

Comme un enfant blessé

Sait-il que de vouloir

Chérir abondamment

La tendresse s’échappe

En des morcèlements

Que dans toute demeure

Quand la langue dévie

C’est un ange qui pleure

Le restant de nos vies

Sait-il que pour garder

Les yeux sur un naufrage

Il faut de la bonté

Et beaucoup moins de rage

Et sait-il qu’au-delà

Des mornes apparences

Quelque chose a bougé

Et qui n’a pas de sens.

Donnez moi en demeure une religion austère

Sans liqueur sans hostie et même sans ostensoir

Où je déroulerai toujours en nombre pair

Mes péchés ma noirceur aux premiers bruits du soir

Donnez moi au réveil une peine infinie

Un ciel plus étranger que mes étranges nuits

En massifs élargis de sable et de poussière

Où ne retentira aucune de mes matières

Donnez moi s’il en reste en venin infecté

Le plus lourd des silences où ira mon baiser

Paquet d’aurores jetées sans nul autre agrément

Que de savoir de moi tout ce que je démens.

Intouchable destin en tes carènes d’or

Le temps est cénotaphe le temps m’est un tombeau

Où se réjouiront toutes les morts idéales

Venues en raccourci par delà les dédales

A montrer ma fureur ma fièvre mes misères

J’ai défait de mes dextres jusqu’aux plus hautes sphères

Où la racaille prie au nom de tous les pères.

Assurée de sa subsistance, cette femme de peu de nourriture et de peu d'entretien s'assure de sa tranquillité après avoir abattu toutes les ombres grossières .Présente à une sans effet par mes yeux pers, je lui valus  des prières et des lendemains imprécis dans l'habileté d'une vie sans conséquence nocturne, dans l'assemblage des travaux, de la constance, de la mesure avec des membres destinés à l'industrie traînante elle a une voix domestique. Comme je suis de ceux qui la rendent gaie, elle se voudrait dans l'épaisseur des  hommes  qui la  distraient tant à lui envoyer le signal que notre indécence est en éveil. Je dis qu'à cette date  je suis né léger que je peux appartenir à une autre, ainsi vont les logarithmes.