Au jour le jour 135

Voici dans son élan

Juillet avec ses pôles

Ses filles imbibées

Les traverses brûlantes

A qui ne peut durer

Voici d’honnêtes femmes

Symptômes d’ébriété

Revenues des voyages

Où l’on s’est absenté

Des foudres des veuvages

Des chambres arrangées

Voici les chers moments

Dans la blanche lumière

Qui vont du souvenir

Jusqu’à l’ardent mensonge

D’une vie non établie.

D’obscure nécessité

La beauté qu’on abreuve

Aux sources du juron

Du mot plaie éternelle

Tu es mon mouvement

Mon cortège la foule

Des morts mis à ton compte

Chère victime singulière

Terre de ravage et d’eau

Encombrée d’absences

Mais tant tu mets ton large

Tant tu reviens défaite

A mes condamnations

Et je ne sais si rire

Et pleurer à la fois

Me mettra au ban du monde

Appelé à la sueur et au sang

Comme un homme humilié

Par le trop peu de foi

Déposé à ta porte

Comme un nouveau courroux.

Est-il esprit qui chante

Au ciel impur

Sans béante clarté

Qui n’ait levé des branches

Encombré du cri du sang

Un seul oiseau surpris

Dans l’étreinte de sa propre chair

Aux paumes où tu pris le monde

Tel un essaim sans ses prismes

Tu mets à ce jour

Le sel de tous les visages

La gravité

L’éternelle cécité

Des hommes incomblés

Qui vont à leur perte

Qui croupissent

Dans le double mensonge

D’avoir saisi

Et l’oiseau et la fleur.

Moi qui ne sais quitter

Ceux qui disent ton nom

Etonné de nuances

Brouillons à mon oreille

J’entends le pas lointain

Des amis disparus

Cette froide clameur

Ou vont mes attentions

Tous ces tièdes parages

Ces murs cette demeure

Où vous vous souvenez

De moi incomplaisant

Plus proche de moi-même

Dur des obscurs desseins

Pierreux parmi les morts

J’attends bien moins secret

Qu’un renard en orée

Que me retiennent encore

Que me reviennent

Ces instants domestiques

Si semblables à nos vieilles somnolences.

Au faîte de mes insomnies,la portion congrue d'une femme,que j'aurais du défourrer de tous mes foutoirs..

J'ai pris goût à te prononcer,à toutes tes étroitesses d'idées, de soubresauts,à tes attermoiements,tes extrêmes vanités,vérités de verrière,de poseuse éclairée,pris goût à ton minuscule atelier où tu ne t'es jamais attelée à rien,pas même à tes outillages d'orpailleuse de papeteries,à nos jours sans géniture,à mon silence de ne pas te répondre dans ta science et d'essences enrobée,à tes sommets,sonnets intacts,j'ai pris goût à ne pas te retrouver dans tes jours de sentence,à m'éparpiller dans tes transparences de sang remâché dans les égouttoirs de nos souvenirs,pris goût à avoir l'air,l'air cadastré par tes airs,j'ai pris goùt à me préparer pour toi;à me déparer,toi qui ne repérais rien,pas même mes passages à tabac,mes contreforts,mes manèges de déménageur ossifié jusqu'à ses viscères,par trop d'herbes dans leurs étuis d'or,trop de fronderies,de déraisons arraisonnées en des résignations,pris goût à la chimère,mère de mes rabachements,chimère d'être un être,un autre avec toi,pris goût à cesser toutes mes anciennes cessions,de mabsoudre du tout et du rien,dioscures dans leur état d'incivilité,pris goût à ces vendredis gras de jeûne,de mômeries, de gommages à ton domicile quand tu t'effaçais pour d'obscurs travaux de nuit à la barbe des anges,toi la débardeuse d'astres qui ont pactisé pour de la rognure et du rognement.

Je suis de plain pieds dans une cinquantaine d'un petit quaternaire bleui à la cendre d'une Cendrillon qui vide les cendriers à peine en ai je allumé une,de ces cibiches que des écervelés embrouillent avec d'autres noirceurs et rousseurs,comme j'ai pris goût à être dans tes reins,ton monogramme,celui de la moyenne,je prends goût à la distance de ne pas y entrer,cette moyenne d'être,je te la laisse,je m'en lasserai,ou elle me lacera et la cordelette trop bien comprise de tes noeuds,je ne pourrai m'en défaire,toi avec tes façons de houblon et de blé sous d'ogivales rencontres,tu vas;moi j'en vois d'autres qui s'avancent,avec leurs regrets,leurs degrés de larmes et d'incertitudes,et je les regarde comme cette distance de ton monde au mien,et bien que mon espèce et mon espace soient entachés de toi,que mes quartiers lunaires soient incendiés par tes mains,je ne dois n'y te renommer ni te piquer d'étoiles,de psaumes ou d'évangiles,tant cet ailleurs reconnaissable à toutes tes latitudes, une devra m'accueillir que si de toi tout me délasse et me délaisse de nos tavelures les plus obscures ...

Elles ont fait semblant, se sont foutues de nous, se sont allongées dans les vergers, dans les champs, dans les chœurs, dans les austères sacristies, les soupentes, les lieux d’aise, avec aisance, la citation toujours criarde, le verbe émancipé...Rien ne signifiait rien, nous avions des rivaux, leurs mots, leurs mots comme des contrats, des constats détournés, l’éclairage de leur vie intérieure, extérieure, extérieure jusqu’au bout de nos nuits sans sommeil, à les attendre, à se tendre en tendresse ;elles, dans ces labyrinthes, où quelque musicien égaré les tirait à lui avec ses flutaisons, elles se sont données à voir nues, avec leurs parts d’histoire et de désespoir, ;l’autre en cothurnes, de quelques centimètres plus haut, drapé comme un boxeur, il les a mises dans ses chienlits, dans ses remises, dans ses lieux communs. Nous, nous étions le portefaix de leurs peurs, de leurs rancunes des hommes, de leurs raccourcis d’enfance, de leurs défonces indéfendables ; il ne nous reste plus qu’à nous foutre de leurs fouineries libertines, et cela, nous ne le pouvons pas, elles, elles le savent..

Lorsqu’un miracle vient

De la lampe évidée

Mon âge est un confort

Mon veuvage une patrie

Le bleu des fruits

L’image d’une fille morte

Sans avoir ravi mon chagrin

Les paumes bien moins percées

A travailler en creux

Les voilà initiales

Blessées pourtant

Par l’immense folie

De toutes les souillures

Des hommes et de leur foi

Lorsqu’un miracle vient

Vos épaules sont hautes

Votre sexe un autel

Le grand livre des images

Qu’on emporte

Dans ces hôtels sans nuitée

Dans la panoplie d’un

Qui ne dormira pas

Tant il aura de vous

Votre visage

Plusieurs fois le même

Avec ses saisons et son pays.

Dans cette aube desservie

D’un vaste reposoir

Vos pleurs

Sont des méprises

Et les petites choses

Autant de nuits éteintes

Rognures d’un long sommeil

Aux preuves viennent la pauvreté

L’abstinence votre absence

Où se délibèrent

Toutes mes dissolutions

Je ne m’endors pas dans la colère

Vous restez cette ombre

Jetée sur des pas lointains

Sur votre parcours j’éveille

Le vieil enfant qui dort

Point d’or de vous ne l’a quitté

Cette terre cette femme

Que la peur a mené aux déchirures

C’est vous dans ce paysage

Que rejoint la mer

Là où je vais déposer

Mon âme de vous présente

Et toutes mes dispersions