Au jour le jour 134

Rien qui  ne vienne de loin

Sans l’ardente bonté

D’une aux cheveux offerts

A des mains orageuses

Car maintenu en vie

Dans la forme du vent

De l’orage du sable

De tous les ouragans

Il donne son visage

Pour des crachats de nuit

Dans le temps de prêcher

Contre le morne ennui

Tout s’assèche à ses yeux

La lampe mal informée

Les saisons dans la honte

L’écriture détournée

La femme aux linges humides

Aux lignes clairsemées

Sans écho et sans fard

Qui au miroir de l’âge

Regarde sa peau grise

Comme un dernier outrage

Comme une trahison

Qu’elle n’aura pas admise…

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Creux en folie des hommes

Je conduis mon pas lourd

Dans les traînées noircies

Des gangrènes de poudre

Et j’y vois l’incroyable

Grâce de tous les signes

Y venir s’y tremper

Comme en des interlignes

Comme couvert d’un honneur

Qui n’aurait pas de nom

Mais un esprit vivace

Pour d’autres déraisons

Et croire dans un amour

En devient insincère

Pour des ballets forcés

Aux obliques lumières

Qui monteraient d’un puits

Où des larmes ont coulé

C’est alors que d’une eau

En substrats colorés

J’abreuve un corps sali

Par mille déraisons

Loin des charges précises

Loin des mornes horizons

Pour qu’il avance encore

Etourdi de sentences

Se livrer à l’amante

En une nouvelle danse…

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A l’intouchable marbre

Où durent tant de palais

Va un peuple de bêtes

Figures accidentées

Il traîne dans son ombre

La vieillesse parcourue

Comme au dessus d’un sol

Où s’en vont dévêtus

Des chiens assis de paille

Aux rires de charognards

Qui se sont arrogés

Tant de nouveaux pouvoirs

Là où des âmes libres

Abritées du silence

Vont offrir le visage

D’une autre révérence

Quand retenus aux hanches

Par une lanière humide

Leur vinrent dedans la bouche

Une salive putride

Celle d’un incube noir

Battu de chair violente

De sang contaminé

En des saisons ardentes

Et qui dans l’éther froid

Sans l’or des lampes auburnes

Se dessine un destin

Sous les faisceaux de lune

Comme monté d’une étuve

A son flanc harnaché

Une déesse morte

A la bouche moisie

Qui n’aurait plus de dent

Tant elle n’avait pas ri…