Au jour le jour 117


Avec ma roture, mes grelots, mon unité surmontée d’une tonnelle, si le ciel était un sabre, il serait tombé sur moi, à l’argile, au sable, à la glaise qui donnent des fifrelins aux rats, tu te dérobes, un vieux dialecte entre les dents, à tant t’avoir voulue, je n’ai plus été que pauvre avec une bavette autour du cou, mon écriture mon babil, vous ne parierez pas longtemps sur eux, pour corriger ma cinquantaine, j’ai fait d’un immémorial triomphe un rythme que vous n’élargirez pas, hélas il vous faut des formules et des formulaires, ceux des hommes qui vous aspirerons, je ne suis pas de ceux là, aussi je reste plein d’écumes et de contrefaçons, je suis un accident de parcours avec des parités..

Je ne suis pas là pour moi, pas davantage pour les autres, ma démission n’est pas celle d’un vainqueur qui a pris le temps de gouverner, je suis d’un peuple qui s’est arraché la langue pour un travail de haute tessiture, une fatigue transversale, vainement j’ai distribué des mots et des bouquets d’ombre, ça m’a valu des railleries, je n’ai pas fait ni ne ferai tourner le monde, je mets toujours les couverts à leur juste place, les sonneries qui m’alertent sont des dianes aux sons furtifs et doux, dans mes bras puissants vous vous êtes serrée, tout l’art du monde était à cette mesure, je ne descends pas souffrir en altitude, j’ai fait œuvre de plaisir et de vie, mon panorama a le visage nonchalant d’une femme que le destin n’a pas trompé.

Par un jour bien plus haut que celui qui nous portej’ai construit un pays de figures et de facesqui regardent la mer ses embruns de cohortesde sel et de livrées comme en plante vivaceplus que vivant alors et non indifférentje m’arrange à la vie un peu chaque matinmes mots ne sont au fond que les adoucissants  où s’incarnent  une nuit et tout son lendemainles piètres plaisirs d’hier je les veux aujourd’huiune cache dans l’enfance et ses crachats de pluieet quitte à me noyer en escapades vainesje veux me rehausser afin que ne m’entraînentpas même la solitude pas même les regretsde n’avoir su vous dire en une semblable notecombien j’ai pu franchir toutes ces années mortes avec vous un seul soir sans honte et sans secret

Il ne me faut de vous non oublier l’infante qui marche sous la pluie appuyée à mon brasmais la femme conçue, exergue flamboyante aux décences de fête et qui ne trahit pas,quant aux douteuses courses que nous n’avons pas faites dans la plaine les déserts , embrasements d’humains,qu’elles restent en mon esprit réductions imparfaites,d’un rêve d’un idéal sans nul autre demain;durement c’est le temps qui fera son affaire un fusil dans ses mains un couteau à la taille ils finiront bien sur par nous laisser derrièrece qui comptait le plus en ordre de bataille,j’entends déjà le fleuve de vos renoncementsrevenir à sa source en printemps altéré,mon sort est une hanche de vieillard finissant,qui est tombé hier au devant d’un bûcher