Au jour le jour 108

Aux extrêmes flétris que le vent du nord ordonne pour des fantaisies d’œil des bêtes sans orbite s’irisent d’une infecte dignité là aussi sont les anciens maîtres    avec leurs habits vermeils ils sont à l’heure de la mort et de l’apparat vieux déjà avec dévotion les ramène sur des sites anciens leur chair est une vrille d’air un harpon qui gèle et se fend nul témoin autre que moi ne rêve d’un nouveau travail avec ses tiroirs à clefs et ses consentements sous l’herbe des chambres aux voix pierreuses se referment sur des insectes aux faces de concierge et si je dispute au jour son faste ses fracas ses mappemondes dégoulinantes ce n’est que pour les flétrir au dessus des ravines où marchent des gueux...

Comme je n’ai tué personne ma chambre est en excès d’antiennes et de livres mes chansons enlèvent au jour ses parts d’ombre j’écrase en toute chose la première syllabe qui porte ta fatigue et ta salissante hauteur rien n’a jamais été plus digne que de crever petitement sans monter sur l’irrésistible nuque de tes trente ans de tes anciennes tuileries ma fatigue est une rampe de bois vert qui cède et avec un coutelas je me rase le crâne pour des nudités aux grands sourires de singe à mes pieds les trouées du plancher rendent leur vertu cardinale à des orvets successivement jaune et vert qui se pressent vers l’âtre là où le feu voudrait bondir hors de la pierre pour rendre la mort étincelante…

Les filles nubiles avec leur intact sang songent à ces voyageurs aux petites lèvres qui vont dans des pays de boue elles ont des grenats dans la bouche leurs seins sont roux et du café froid leur fait un sourire de bougie les locataires de leur maison sont des êtres silencieux qui fouissent dans les légendes pour en extraire des mots qu’ils lèveront la nuit dans la lumière basse qui va de leur jeunesse à leur comble c’est pour cela que les filles nubiles se mettent au lit de bonne heure et veulent rêver d’une révérence qui se plaquera contre les dais pour leur mettre dans la bouche le goût du souvenir …

D 'abord ce furent les jours premiers avec du sentiment plein la bouche celle qui va de l’omoplate aux lèvres savantes dans les proportions d’un tableau conçu par un aveugle aux évidences de gradé sans statut et sans armée puis il y eut ces terres plus basses sexes tremblants rires cocasses nerveux les affleurements les jappements queue basse tête haute comme celles d’un chien braillard avec ses dégoulinantes fantaisies  ses délectations moignoneuses alors nous farouches égaux nous pensions que tout aurait pu s’arrêter là s’il n’y avait eu sur le palier la véritable nature d’une femme que rien ni personne ne retroussera et qui avec entrain déroute le voyageur…

Et de nos savantes exagérations sont venus des formes et des corps destinés à la grogne  au mensonge à l’épaisse inégalité du sentiment des commandements les nouveaux occupants allaient à la glande avec les yeux clos et toutes les séances sans drame finissaient dans les orties ou la chair contenue pourquoi toujours tendus pour toucher tous les fonds les hommes que n’atteint pas le fard ni la forme nous humilient avec leurs hures leurs manques et masques de hyène quand roulent en nous les souffles du saisissement nous faut-il avoir des codes des édits pour ne plus montrer les dents ni notre colère ou faut-il que nous nous raidissions dans un silence qui gagne sur notre paix et sur nos pactes...