Au jour le jour 90


Au plus haut des estuaires quand le novateur établit son céleste camp dans la fange tressée de limaille et de drames arrachés au parquet d'ébène et de sureau il revient celui qui veut se perdre dans la corvée du légataire celui qui s'adresse à l'homme pour des passes des mâles rencontres des duels outrageants qu'il veuille fêter un âge ardent et c'est d'une force pleine qu’il se prévaut qu'il veuille l'impureté et c’est encore parmi nous qu’il trouve les horribles contrées d'opprobre et de sang qu'il veuille les saisons sèches c'est à nos yeux absents qu’il les rapporte mais dans le langage qui débouche sur le passage du fleuve sur celui des mascarets on entend tressaillir les coques chargées de nos sommeils et de nos sentences les plus lourdes...

Grande profonde est l'ombre qui a traversé nos murs et nous ne savons plus sur quel pays gagner en rêve la nuit est un lieu désordonné le jour un commentaire pour des distractions vaines notre vie même est gagnée par des inféodations des infections les verbes lucides ne nous endorment plus à nos impuretés telle est notre destinée de bête revêche et chagrine dormir ne nous est plus de mise nos masses sombres se rapportent à une terre plus noire que le deuil nos cothurnes sont de vent nous baissons nos arcs et nos flèches pour ne plus atteindre les pierres où se sont brisés nos pas à nos lèvres savantes et fastidieuses les belles histoires ne sont plus d'orage de moisson nos textes sont des rebuts inlivrables que nous dévoyons dans le putride lit des rencontres ramassées.

Chronique des années ardentes sur la route accoutumée de chênes déployés comme des abbés qui remuent les lèvres pour des tiédeurs des prières et des psaumes dans l'oratoire voici que les prédateurs extrêmes au rang d'hommes contaminés s'en prennent aux conques du ciel qui déverse ses mensonges sur les cours pavées la sévérité de nos pairs n'est plus qu'une charrette brisée et leur dévotion portée comme une gangrène va vers la sécheresse des dépouilles agraires avec leurs sentences et leurs brames voici l'usure les impolitesses les toilettes populaires où dansent les infidèles et  nos aimées avec leurs couleurs promptes enfin voici que le temps avec ses dernières ouvertures afflue dès le matin pour le charme du monde…

Hiver au goût de procédé et de procès vaste vaisseau qui tangue avec sa langue et ses piastres de bronze divers foisonnant de limon amer de plantes roquées graves aux fibules d’acanthe et d'acier hiver avec ses sept sifflements bas sur les peuples qui font front aux balances violettes  nos sudations  celles du temps sont graves à l’ hiver majoré de nos chansons vermoulues du  cuir battu à nos épaules de nos mesures malvenues hiver de bague et de dards hiver à reprendre ses montures par le col hiver annexé au parcours de l'homme avec sa face de monstre turbulent hiver avec ses pays neufs où s'agitent des capitales dans la violence des murailles givrées  hiver pour errer sur les rives où se révélera la promesse des répliques celles du sel et de la terre et du jugement...

Tel est l'homme quand il a donné contribution solennel hâtif dans les chambres et perceptions dans les salles aux travaux obscurs dans ceux de la procédure du renoncement tel est l'homme grave et redevable pur avec ses franchises et ses agitations ces hymnes massifs à la gloire des hommes cette civilisation de grandes figures qui portent la mésalliance aux royales destinées tel est l'homme des souvenirs du travail fastidieux de la puissance future comme ramenée vers les hautes rives du ciel tel est l'homme avec ses textes et ses maximes ses comptes ses glissements ses ruses faut-il qu'avant de naître tout accent toute débonde nous ramènent à nos mères qui voient en  nous cet homme qui va l'endormir à l'homme…

Et cette autre qui marche avec sa force contre le temps contre les heures contre l'attente avec la lente acrimonie des larmes des naissances les actes infâmes de ne lever que de la chaux et du sable et cette autre qui marche avec hâte contre la sagesse des hommes résignés comme après une sale affaire qu'on plie contre les pâtures du vent contre les offenses dévoreuses de  larmes d'exaltation qui est-elle elle avec sa parole de grèvement avec son nom dans la tessiture des grincements de nos alarmes pourquoi se borne t-elle à tous ces naufrages et cette autre qui marche sollicitée par les armes de la chair les couteaux les équivoques la main morte levée contre les outrages voilà qui s'avance la voilà comme le haut prodige de la diction de la connaissance des hommes avec ses solennités et ses partages.

C'est naissance au grand lit des empennages naissance de mousses de plumetis de gemmes de conques et de murènes là une flèche s’étend du ciel une autre s’allonge sur la chaîne des herbages du vent que c'en est un affluent de limailles dans le tard venu des coteaux que c'en est une poche qui se creuse aux artérioles extrêmes et c'est nouveau naissance à sel et à présage à source blanche dans le croisement des eaux des dagues des anneaux d’or et d'émeraude c'est naissance dans la lumière d frappée des sédiments de cet âge qui va en ruine au doublement de mises en ruineuse parodie où s'enchante la mort qui vient avec ses eaux bleues et profondes.

Lève les yeux lève la tête homme de peine d'écume et de passé ton nom et aux hautes faces ta peine n'est pas apprise et cette faveur que le ciel répand en toi est une volte vois quand descendant à l'heure où s'inclinent les bêtes les corps se tendre sans défaut et que l'apprentissage est au bout du premier jour entend la raison qui franchit ton seuil le témoignage de ce qui ne t’était plus étranger la promptitude de tous les aveux pour d'autres périls avance cet avis parmi les cartouches les écritures assiste encore aux attentes exténuantes où se dérobent les incendies lève les yeux lève la tête et qu'avec le temps qu’il te reste  tu tiennes la promesse d'un plus haut repos. 

Que dans ce siècle où la chair est un avis contre la flamme irritante je m'en aille afin d'élever dans le désordre un accord accompli de tristesse et de peine que les souvenirs pauvres courbés au bord des routes me reviennent qu'ils forcent et froncent ma solitude que sur la table après des courses lentes les humaines destinées soient dressées contre l'attente des choses nouvelles qu’en moi enfin rentré j'abonde contre le cours du temps dans des aubes sans fond et sans doctrine que ma vie s'inféode à cet exil vaste et lourd comme toutes les défensives et que je garde pour le tard cette soif immense de tout perdre de tout cacher pour demeurer plus libre que si je m'étais incliné aux pires des offenses.

Fils de la veuve tu vas dans cet âge où la pierre le blé sont pour la prudence des insectes des épargnes des alliances des pignons d'or qu'ils déplaceront dans leur grenier humide quoique ces  histoires restent publiques tu n'as pas d'échoppe pas de porteur pour te ramener ces reliques d'hier passé au tamis des rancunes pas de sainte famille qui marche vers toi avec dans les mains les cautions d'une visite d'une vie fixe d'une vie de fripes et de bourlingues aux midis apaisants quand les vignes s'érigent en système d'autel à fruits et à grains tu n'es pas plus marchand qu'autrefois la treille n'est pas dans tes figures apprises aussi comme les fils de la veuve tu veux partir pour t’enchanter ailleurs de la courbe du ciel des moulures des monstres de ces forêts qui te faisaient impasse.

J'ai souvenir qu’en toutes parts du ciel avec son nom de porphyre de laine et de stuc il se baissait pour la mèche  la langue du maïs la pierre d'angle de toutes les alliances du verre et du levain qu’ il était ce diagramme mutin violacé d'ennui et de désordre qui se déversait les soirs d'automne sur les palimpsestes et les lutrins qu’aux pierres tentaculaires il donnait des figures de proue et de déesse morte de n'avoir rien su devancer de ses souvenirs que blanches étaient toutes ses volées quand il renaissait de ses pâtures d'après la nuit et que jaillissaient par-dessus les ocres des toits ce qui ressemblait à des sources liquides voisins de tous les pleurs des bêtes qu'on égorge pour des initiations.

Tel est venu pour le grand âge pour des démangeaisons  des abîmes pour des pointes posées au sol tel autre de son avoir est égal à un homme et dit n'être pas de ce temps de cet espace mais d'une enfance vertigineuse où la chaux est un gré de naissance et l'albâtre une vergue sous la croupe des dieux qui se perdirent dans les profondeurs celui-là sait la hauteur de vivre sans bruit il sait la béance des équateurs celle du sang il  sait la nourriture ample pour les partages sans mesure il sait l'usage du cœur des hommes la douce immobilité des filles qui vont par deux dans le silence où danse la fleur coupée du poème et ce soleil enfoncé dans une plantation d'écorces ouverte contre le vent.