Au jour le jour 83

Voilà que se présente
Dans mes agitations
L’excellence minérale
D’un regard intérieur
Qui dit la profondeur
Des mots desagrégés
Toutes les photographies
Passagère de nos vies
Sont les exploitations
De musiques croisées
Aux pigeonniers d'agate
Bouillants comme les crimes
Avoués invariables
Commis dans les émois
Spectacle surprenant
Des mornes existences
Frappées en pleine tête
Par ce marteau sans maître
Immense et qui se tait
Étouffant dans l'oubli
Que nous avons soumis
Aux rupestres mémoires.

A un ailleurs rêvé en dehors de soi même va le nocturne automne rétracté par le vent. Les cornes au front des bêtes sont de mémorables fourches inclinées vers l’heure à la face prophétique, le sujet central d’une double lecture, c’est le liseur qui la veut, alors laissez aux domestiques le soin de vouloir se résigner, moi ceci n’est pas dans mon lot, il est dans l’éclairage d’une femme fixe ,de la dernière des versions lunaires, pas objective, mais prenable si on l’écrit proprement, et j’y abonde comme l’eau au seau du puisatier, l’eau d’une  alvéole civilisée, à tous ses lieux saisis par les prunelles. Avec la réserve qui est naturellement placée dans un faux décor, je loue mon temps à des copies, des notes où son dogme est statique de tous mes procès verbaux. Pour m’accomplir à sa mémoire, sans la frénésie conjointe de mes anguilles qui logent dans le prurit de ma tristesse, je mets en scène des regards portés vers le souvenir, la droiture des clichés, des buts identitaires, l’intelligence entêtée qui s’irrite de n’être pas grandie au soir des épousailles. Aussi toutes les aubes, en fausses notes de lustre, sont les recherches de cette même qui toujours en plan fixe me mettra un baiser au front dans le subterfuge baroque d’une nouvelle naissance…

De sens insinuée jusqu’aux boucles de verre, par la grâce instinctive des orientales qui se sont mutinées, la voilà avec sa grande armée publique, double insurrection de la mémoire et de la chair. L’impatience qui est la vertueuse fille d’un orage futur ne mesure pas ses espaces, là où se posent l’allongement, l’étirement du monde avec ses membres surprenants, et ce qui vient de haut, c’est un engagement fort pour aller contre les sources antérieures de la nuit et de la mort. Quand dans le fil de ses crues, elle fait de beaux textes de tout son corps tendu, je la regarde comme cette fulgurance que je n’atteindrai pas, trop, pas assez arrêtée dans le temps, aucune autre charge que la houle de mes ans ne va contre sa pugnacité, mais son entêtement est au-delà d’un passage avec des cavités et des porosités, c’est un renfort pour la rendre davantage mémorable, voilà ce que je sais…

J'ai peur de m’ennuyer, j’essuie mes yeux dans les mouchoirs qui ont caché le sein des filles, je crée les signes, les mouvements de créatures malveillantes appareillées comme un vaisseau sans voile, d'endroits  tentés par d'autres et ne traversant aucune mer, mouillant les cols tièdes où la chaleur du soleil rend  grâce au sable. J’ai  des prétextes à des inepties, à celles des apprentis de métier, à ceux là, je dis que je suis dans la crainte, mais j'ai un bateau si admirable ,en remous, en creux, qu'il en est recherché pour ses fioritures presque humaines, je suis  aussi  à la hauteur d'une hune d’ où j’ai vu une  vierge couler en février ,dans son ampleur de coquecigrue encore tremblante de vivre et de s'ennuyer.

Enraidi par toutes mes toniques versions, je ne peux plus rester tranquille et pas grand-chose dans l'ordre de la vie m'amène à répéter des propos à une telle ,sans but local ,moi en intérieur, mais aussi avec de la tolérance ,précipitée d'un conseil de famille, je fais encore le poids, j'ai beau me tenir droit, le projet  que j’ai de croire qu'ailleurs, là où les retards font accéder à la reconnaissance  m’est cher, rien ne se produit qui n’ait commencé et fini avec moi ,philosophe de mes couilles, je cherche partout à  étrangler  ce restant  des rencontres qui ne vont pas à ma compréhension , cet objet familier en chemise courte, respectant du coup que des animismes me  naissent ,et  que ma mauvaise réputation s'achève en des pressions basses.

Au premières batteries du jour, chiotteries aussi ,au soleil gras de décembre je vous assure que je suis incapable de vous parler ,c'est un sens qui ne va pas à mon affaire, je préfère me contenter de mon monde qui va vers l'entente de tout ce que j'ai vu ,pour vous j’aurais eu de la force, des filtres, du pouvoir, des précédents, je ne veux pas cracher sur nos derniers jours pour des questions de défiance et de compréhension ,dans  la cellule des appelés en prestation s'est interrompue mon attente de vous, j'apprécie l'ennui et la colère, le déferlement des catégories du réel que mon impudeur tranche comme une javelle, j’avoue 'avoir honte de  cette référence là.

Tout ces instants en couches, il a fallu que je les bouge, que je les nettoie, me voilà dans des langueurs insurmontables ,m'agitant dans mon tablier comme un matamore dans l'épaisseur de sa nature, autant que si je me  trémoussais dans le salon sans pénétrer dans l'effet décidé, dans la chose, dans les injonctions étroitement liés. Ma poitrine se soulève, on n'y accosterait  bien des choses distinctives si  je ne les considérais  pas comme des présents déroutées,j'ai peur de régner  en maître sur mon corps, événement que j'exagère parce qu'il est le seul  langage que je puisse emporter  dans les relations ,mon corps sent le  picotin, au-delà du  blanc de veiller et de rester dans la naphtaline du sentiment..