Au jour le jour 79

La nocturne indolence avec son paletot noir s'efface à l'amoureuse qui ressuscite les mois ou chante la bouche à l'éventail orange des souvenirs délicats comme les clés des ouvreuses des portes passagères, la nuit venue tout concourt à l'abandon des couleurs et des ivresses, le cœur a des chaleurs vaporeuses comme des bêtes qui bruissent dans les terriers de feutre, et nulle voix autre que celle du passé n'est plus magnétique que ces corps qui s'égouttent d'un vertigineux veuvage, il y a tant à dire sur l'esprit et les nervures, les signaux cachés de la chair, que le silence en devient une classe plus obscure qui nécessite le silence et la mort.


Crachats de pierres sur les théories, nos couleurs et nos lampes, nous avançons dans la vie avec des opérations d'invertébrés qui s'essuient les pieds sur des paillassons putrides, chaque écho est véreux de nos vulnérabilités, demain est un éloignement, le monde entier une harangue entre une station portuaire et un calvaire, plus bleu le ciel n'en serait qu'un vieux modèle plane avec des repas de noces et des oiseaux rapaces, notre sang est celui d'un assassin splendide qui mourra anesthésié dans un toril, voilà une nouvelle fois que nous cherchons à atteindre une solitude houleuse d'incendies, de lourds sommeils.


Passage au large des sûretés extrêmes où chaque mourant est contenté par les chiffres de passage, le corps s'écrit en obscures initiales qui sont précédées d'un nom  imprononçable, devant lui s'étend encore un savoir burlesque comme un microbe dans une chair véreuse, rien ne nécessite plus d'attention, chacun regarde fixe vers les nuages les formes emphatiques des roulements et des rouages de ce ciel plein d'embarras mal abordés, on atteindrait à  à l'idée de mourir que ce serait une science incorrecte et impraticable, aussi nous restons dans la régularité d'un jour d'embauche pour des travaux de repentirs et de fausses approches.